Aller au contenu

Pernette du Guillet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Pernette du Guillet
Page de titre de l'édition originale des Rymes de Pernette Du Guillet (1545).
Biographie
Naissance
1518-1520
Lyon
Décès
Activité
poétesse
Autres informations
Mouvement
École de Lyon
Genre artistique
épigramme, chanson, élégie
Œuvres principales
Chansons, Rymes

Pernette du Guillet (Lyon, vers 152017 juillet 1545) est une poétesse française de la Renaissance. Elle est l'autrice des Rymes (1545), essentiellement constituées de courts poèmes, épigrammes, chansons et quelques élégies, qui expriment une grande musicalité. Ce recueil posthume, établi par Antoine Du Moulin et publié par Jean de Tournes, témoigne d'une culture humaniste raffinée et a longtemps été perçu comme un dialogue poétique avec Maurice Scève.

Musicienne accomplie, Pernette du Guillet a marqué la production lyrique de son temps par la « musicalité exceptionnelle » de ses vers, dont la structure rythmique a favorisé de nombreuses mises en musique par des compositeurs contemporains. Son œuvre, qui réinterprète les codes du pétrarquisme vers une forme de sublimation spirituelle, s'affirme comme l'une des premières et des plus singulières voix féminines de la littérature française du XVIe siècle.

Origines et éducation

[modifier | modifier le code]

On dispose de très peu d'informations biographiques sur Pernette du Guillet[1]. Sa date de naissance oscille entre 1518 – pour justifier un succès éditorial déjà affirmé en 1540 avec la publication à Paris de deux chansons mises en musique[2] – et 1520, la date traditionnelle[3]. On ne sait rien de son nom de jeune fille ni de sa famille d'origine.

Cependant, le portrait brossé par Antoine du Moulin dans la préface des Rymes, qui dessine une dame polyglotte et musicienne (qui jouait très vraisemblablement du luth), laisse supposer une éducation d'élite au sein de la noblesse[4].

Son mariage avec Du Guillet est daté aux alentours de 1537-1538[3], mais nous ne disposons pas plus d’informations sur le sieur Du Guillet[5].

Rencontre avec Maurice Scève

[modifier | modifier le code]

L'essentiel de la biographie « littéraire » de Pernette du Guillet est lié à sa relation avec Maurice Scève. La tradition situe leur rencontre au printemps 1536[6], bien que cet épisode ne repose sur aucune preuve tangible en dehors de la production poétique, où l'imagerie printanière est un topos conventionnel de la poésie amoureuse.

Néanmoins, l'étroite parenté textuelle entre leurs œuvres respectives, parues à seulement un an d'intervalle (Délie en 1544 et Rymes en 1545), suggère une collaboration intellectuelle intense[7]. Cette relation est souvent interprétée comme un rapport de « maître à élève », où Pernette du Guillet s'approprie le langage pétrarquiste de Scève pour le transformer[8]. Pourtant, là où la Délie laisse poindre des références au corps, les Rymes épurent le discours de toute allusion charnelle, privilégiant une forme de sublimation spirituelle.

Cette proximité thématique et stylistique a longtemps conduit à inclure la poétesse au sein d'une école lyonnaise dont Scève serait le chef de file. Cette appellation est largement considérée par les chercheurs modernes comme une construction de l'histoire littéraire du XIXe siècle[9]. Ce concept aurait été forgé a posteriori pour regrouper des auteurs partageant un même cadre géographique et une réflexion commune sur l'amour, sans qu'ils aient nécessairement constitué un mouvement structuré de leur vivant.

Mort et réception immédiate

[modifier | modifier le code]

Pernette du Guillet meurt le 17 juillet 1545 d'une maladie non précisée, bien que plusieurs chercheurs privilégient l'hypothèse d'un décès dû à la peste[10]. Ses œuvres sont publiées pour la première fois à titre posthume, la même année, chez l'imprimeur lyonnais Jean de Tournes.

Au-delà de sa réalité biographique, c'est une image très spécifique de la poétesse qui a survécu, tendant à valoriser sa vertu exceptionnelle. Outre l'épître d'Antoine Du Moulin, l'ouvrage Le Fort inexpugnable de l'honneur du sexe féminin paru en 1555 (dix ans après sa mort) célèbre son « honnêteté » et son talent littéraire. Cette idéalisation semble définitivement acquise dans l'Histoire de Lyon de Guillaume Paradin (1573)[11].

Toutefois, Claude de Rubys propose dans son Histoire véritable de la ville de Lyon (1604) une image scandaleuse, dépeignant Pernette comme une courtisane[11]. Cette affirmation ne repose sur aucune preuve en dehors des écrits de Rubys. Elle est probablement liée à la virulente critique de l'auteur contre Louise Labé, la véritable cible de ses attaques, qu'il cherche à discréditer en dénonçant les mœurs des femmes de lettres lyonnaises de l'époque.

Essentiellement constituée de courts poèmes, soixante épigrammes, dix chansons et quelques élégies, les Rymes de Pernette du Guillet s'adressent affectueusement, dans le cadre d'une histoire d'amour chaste, à l'être aimé qu'elle nomme « mon Jour ». Ce dernier vient illuminer peu à peu les ténèbres dans lesquelles la poétesse se trouve. L'ouvrage se conclut par cinq épitaphes écrites en son honneur par Maurice Scève et Jean de Vauzelles[12].

Les Rymes sont rééditées trois fois au XVIe siècle : en 1545, 1546 et 1552. Mais l’œuvre de Pernette du Guillet sera ensuite oubliée jusqu'au XIXe siècle et rééditée à nouveau au XXe siècle où des études lui sont consacrées, qualifiant sa production comme « singulièrement décantée » ou bien encore « l'une des réussites les plus rares "de nos lettres féminines" ». Néanmoins, elle reste dans l'ombre d'autres productions de la même période, celles de Louise Labé et de Maurice Scève en particulier[13].

Quatre mises en musique des poèmes de Pernette Du Guillet eurent lieu de son vivant. Elles ont été composées par des musiciens étroitement liés au milieu lyonnais et ont été publiées par Jacques Moderne (principal imprimeur-libraire de musique à Lyon) et par Pierre Attaingnant (premier et principal imprimeur-libraire de musique à la cour)[14].

Une page du Xe livre du Parangon des chansons, Lyon, Jacques Moderne, 1543. (Bayerische Staatsbibliothek, Munich)

En 1540, deux pièces de Pernette du Guillet mises en musiques par des compositeurs lyonnais paraissent à Lyon et à Paris, dans Le Parangon des chansons, sixiesme livre chez Jacques Moderne (RISM B/I 1540/16[15]) et dans le Second livre contenant XXVII chansons nouvelles à quatre parties en ung volume chez Pierre Attaingnant et Hubert Jullet (RISM B/I 1540/9[16]). On peut penser que l’édition lyonnaise précède l’édition parisienne qui est en fait la réédition d’un recueil de 1538 où deux pièces ont été remplacées par deux chansons adaptées de Pernette Du Guillet :  « En lieu du bien, que deux souloient pretendre » et « Je n’oserois le penser veritable ».

  1. « Je n’oserois le penser veritable » (pièce LII) : pour écrire cette pièce, Pernette du Guillet s’est inspirée d’une chanson de Pierre Sandrin qui figure dans les éditions parisienne et lyonnaise de 1538[17]. Le premier et le dernier vers de la chanson de Pernette correspondent respectivement au dernier et au premier vers de la chanson de Sandrin. La mise en musique par Pierre de Villiers cite également la mélodie de la chanson de Sandrin, en se différenciant cependant par la technique du contrepoint, ce qui rapproche Villiers de l’École franco-flamande. Dans l’édition de Jacques Moderne, la pièce de Villiers suit celle de Sandrin sur la même page[18].
  2. « En lieu du bien, que deux souloient pretendre » (pièce LIII) : mis en musique par Quentin selon l’édition de Pierre Attaingnant et Hubert Jullet ou par François de Lys selon l’édition de Jacques Moderne. L’attribution à François de Lys est jugée comme la plus probable, notamment parce qu’il a mis en musique « Le grand desir du plaisir admirable » de Pernette du Guillet, chanson publiée chez le même éditeur en 1541. Pour autant « l’identité de ce compositeur reste mystérieuse. Son nom vient de la fleur de lys qui constitue la marque d'imprimeur de Jacques Moderne et d’autres imprimeurs lyonnais. Huit chansons à quatre voix, publiées à Lyon de 1539 à 1543, lui sont attribuées, dont deux pièces de Pernette Du Guillet »[19]. Le texte de « En lieu du bien » a sans doute été composé en réponse à « Ce qui souloit en deux se despartir », un huitain attribué à François Ier dans au moins deux manuscrits contemporains. La musique de « En lieu du bien » s’ouvre sur le thème de la dernière ligne de la mise en musique par Sandrin du poème du roi et se termine par une variante de sa mélodie d’ouverture[20].

Ces deux chansons ont notamment été interprétées par l'ensemble Doulce Mémoire, dirigé par Denis Raisin Dadre, dans Jacques Moderne : Fricassées lyonnaises, enregistré en 1995 dans l'église paroissiale Saint-Rémi à Sérigny (Orne)[21].

En 1541, deux nouvelles pièces de Pernette du Guillet mises en musique paraissent dans Le Parangon des chansons, neufvieme livre, publié à Lyon chez Jacques Moderne (RISM 1541/8[22]) :

  1. « Le Corps ravy, l’ame s’en esmerveille » (pièce XII) : mis en musique par Gabriel Coste, compositeur lyonnais qui a également mis en musique une pièce de Bonaventure des Périers et un extrait de La Parfaicte amye d'Antoine Héroët.
  2. « Le grand desir du plaisir admirable » (pièce XIV), mis en musique par François de Lys.

Toutes les éditions du XVIe siècle de l’œuvre de Pernette du Guillet sont publiées à titre posthume : les éditions de 1545 et 1552 sont réalisées par le même imprimeur lyonnais, Jean de Tournes. L’édition de 1546 est parisienne, publiée par l’imprimeuse Jeanne de Marnef. La publication posthume implique que Pernette du Guillet ne peut pas donner son avis sur l’organisation de son recueil, ce qui laisse une grande liberté aux imprimeurs.

Page de titre de l'édition originale des Rymes de gentile, et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet, lyonnoise, Lyon, Jean de Tournes, 1545 (gallica).

L’édition de 1545 se compose de 70 pièces : 54 épigrammes, 10 chansons, 1 épître et 5 élégies[23]. Le projet éditorial mis en œuvre par Jean de Tournes est particulièrement raffiné : il s’inscrit dans une stratégie globale de promotion de la production poétique lyonnaise, anoblie par une comparaison constante avec la tradition italienne[24].

Cela apparaît dès le titre : Rymes de Gentile, et Vertueuse Dame D. Pernette du Guillet Lyonnoise. L’imprimeur veut souligner, à travers ce choix, trois éléments fondamentaux :

  • les caractéristiques de la dame, qui doit être, pour pouvoir être publiée, un exemple de vertu et de mérite ; le mot Gentile renvoie à la noblesse de Pernette Du Guillet[25] ;
  • son origine lyonnaise, pour rattacher l’œuvre au contexte culturel de la ville ;
  • le lien entre sa production et la poésie italienne à travers le mot Rymes (dans sa première attestation en français[26]). Ce choix crée une référence directe aux Rime Sparse de Pétrarque, et plus généralement aux canzonieri d’autres autrices italiennes (par exemple Vittoria Colonna).

La stratégie éditoriale repose sur les éléments paratextuels créés pour l’édition : l’introduction, le huitain à l’imprimeur et les épitaphes. La préface d’Antoine Du Moulin, plutôt que de nous donner des informations sur la vie de l’autrice, tente de justifier sa publication dans un cadre moral (la requête du mari de publier le recueil) et intellectuel (la maîtrise de la dame du latin, du grec et de l’italien, ainsi que sa compétence au luth). On en retire une image idéalisée et non réaliste[27].

Les épitaphes qui clôturent l’édition (5 au total, dont 2 écrites par Maurice Scève) permettent de lier la jeune femme à Scève et de façonner l’image d’une production lyrique amoureuse lyonnaise, s'inspirant du Canzoniere de Pétrarque et gravitant autour du maître.

Le but de Jean de Tournes est de promouvoir Délie comme le fer de lance d’une réforme du goût, tout en mesurant la production vernaculaire à celle en latin, encore prédominante chez sa rivale, Paris[24]. Lyon assoit ainsi sa légitimité sur son lien privilégié avec l'Italie, incarné par le magistère de Maurice Scève et le talent de ses disciples, Pernette du Guillet, Louise Labé, Antoine Héroët, Guillaume Des Autels et Pontus de Tyard.

La publication du Petrarca de 1545 participe pleinement à cette dynamique. La préface, au-delà du récit de la découverte du tombeau de Laure par le poète lyonnais, évoque une épitaphe inédite de sa plume. Or, la réédition de 1550 laisse cette lacune inchangée, invitant tacitement le lecteur à identifier cette pièce manquante à un autre hommage funèbre publié par Jean de Tournes : celui dédié à Pernette.

Par ce procédé, la poétesse est assimilée tant à la nymphe de la Délie qu'à une « nouvelle Laure ». Elle surpasse toutefois son modèle avignonnais, car loin de rester une muse silencieuse, elle prend la parole pour répondre à l’amour du poète[28].

Page de titre des Rithmes et poesies de Pernette Du Guillet, Paris, Jeanne de Marnef, 1546

L’édition de 1546, réalisée à Paris par Jeanne de Marnef, s’inspire largement de celle de De Tournes, profitant de l’absence, dans l’œuvre de ce dernier, d’un privilège royal.  Cependant, la version parisienne présente des divergences formelles et structurelles qui réinterprètent la fonction et la signification du recueil de Pernette Du Guillet.

On remarque tout d’abord une modification substantielle du titre : Rithmes et Poesies de Gentile et Vertueuse Dame D. Pernette du Guillet Lyonnoise. Avecq’ le Triomphe des Muses sur Amour : Et Autres Nouvelles Composicions. Le choix de remplacer les « Rymes » du titre précédent n’est pas un hasard : avec le mot « rithmes », l’imprimeuse semble opposer une culture typiquement française, et plus spécifiquement marotique, à l'influence italienne mise en avant par l’édition lyonnaise. De plus, le redoublement de l’objet (« rithmes et poesies ») semble renvoyer à deux types de compositions distinctes : l’une musicale, représentée par les rythmes, et l’autre destinée à la lecture, incarnée par les poésies[29].

La reprise de De Tournes investit aussi les éléments paratextuels, empruntés à l’édition précédente et réintroduits dans le nouvel ouvrage ; toutefois, la manière dont ces textes sont utilisés apparaît ici différente. De Marnef décide de placer le huitain à l’imprimeur avant l’introduction biographique. Cette stratégie a pour effet de présenter le livre non plus comme l’œuvre d’une seule femme, mais comme une opération visant à valoriser la production féminine en général. Même la vie de Pernette du Guillet, déjà construite par Du Moulin comme un modèle exemplaire, est ici reléguée au second plan par sa nouvelle disposition, se présentant ainsi comme une parabole de la vertu des femmes[30].

Le choix de la disposition des poésies est tout aussi intéressant : comme l'indique Antoine du Moulin, l'absence de consignes de l'autrice a laissé à l'éditeur une grande liberté quant à la progression textuelle. Jeanne de Marnef, tout en conservant l'ordre établi à Lyon, ajoute néanmoins des intitulés à vingt-cinq pièces à partir de la pièce XXVI[31]. Ces titres font pour la plupart référence à la forme plutôt qu'au thème. Outre l'usage de « chanson » ou « chant », des genres qui renvoient par leur dénomination même au domaine mélodique, la présence de structures métriques identiques suggère que les musiciens pouvaient adapter une même partition à deux compositions différentes. Cet aspect semble être mis en évidence par le regroupement successif de pièces de même forme, signalés par l’expression « Un autre »[29].

Cependant, la nouveauté majeure, qui justifie cette nouvelle publication, réside dans l’ajout du Triomphe des Muses sur Amour : Et Autres Nouvelles Composicions. Ces nouveaux textes ne sont pas présentés comme des créations de Pernette Du Guillet : placés après les épitaphes, ils ouvrent une section distincte, marquant ainsi le passage d'un recueil d'auteur à une forme anthologique.

4 des 10 compositions sélectionnées proviennent d'un autre ouvrage réalisé par Jean de Tournes et Antoine du Moulin, le Panegyric des Damoyselles de Paris. Sur les neuf Muses. Ce recueil original constituait une critique virulente contre les dames parisiennes, accusées d’immoralité ; la recontextualisation opérée par Jeanne de Marnef est donc un moyen de se réapproprier ce matériel polémique en lui offrant une nouvelle interprétation. Quant à la signification de cette sélection, le débat critique reste ouvert : si L. Chang souligne l’émergence d’une voix féminine[30], J. Labadie rétorque que les textes insérés ont tous pour point commun la dimension performative de l'instrument poétique[29].

L’édition de 1552 est une réimpression de Jean de Tournes qui reprend la structure de 1545 tout en y apportant un ajout significatif : la « Mommerie des cinq postes d’amour »[32]. La présentation de ce nouveau matériel apparaît comme une réaction défensive face à l'édition parisienne de Jeanne de Marnef, illustrant la volonté de l'imprimeur lyonnais de se réapproprier son propre travail éditorial.

Toutefois, en intégrant cette pièce liée à la dimension performative et à la tradition marotique, l’idéal initial d'un Canzoniere à la manière de Scève s’efface. L'insertion de la mommerie (texte de circonstance destiné aux divertissements de cour) déplace l'œuvre de Pernette Du Guillet d'un lyrisme pétrarquiste abstrait vers une poésie plus mondaine et ludique, rompant ainsi la cohérence du projet éditorial de 1545.

Postérité

[modifier | modifier le code]
Lavis de Pernette du Guillet par Pierre Révoil, 1830.

Près de trois siècles passent avant la première réédition des Rymes de Pernette Du Guillet au XIXe siècle qui connaît trois éditions :

  1. Poésies de Pernette Du Guillet, Lyonnaise, Lyon, Louis Perrin, 1830. Contient un avertissement de l’éditeur, une notice de Guillaume Colletet et un glossaire. Exemplaire orné d'un lavis de Pierre Revoil, représentant Pernette du Guillet écrivant. Exemplaire numérisé
  2. Rymes de gentile et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet lyonnoise, Lyon, Louis Perrin, 1856. Contient une notice bibliographique de Jean-Baptiste Monfalcon ainsi que les pièces ajoutées par l’édition Marnef. Exemplaire numérisé
  3. Rymes de gentile et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet Lyonnoise, Lyon, Nicolas Scheuring (imprimerie de Louis Perrin), 1864. Exemplaire numérisé
Portrait de Pernette du Guillet par Gustave Girrane (1895)
Portrait de Pernette du Guillet par Gustave Girrane, 1895.

En 1895, Gustave Girrane réalise un portrait de Pernette du Guillet pour un article dans Le Progrès Illustré intitulé « Les Lyonnaises »[33].

Buste en marbre de Pernette du Guillet par Jean-Louis Pivot (1898)
Buste de Pernette du Guillet par Jean-Louis Pivot, 1898.

En 1898, Jean-Louis Pivot réalise un buste en marbre de Pernette du Guillet, « commandé à l'artiste par la Ville de Lyon sur les arrérages du legs Grognard pour la galerie des Lyonnais dignes de mémoire »[34].

La seconde moitié du XXe siècle, quant à elle, offre trois éditions, plus ou moins complètes, du recueil :

  1. « Rymes de gentile et vertueuse Dame D. Pernette du Guillet Lyonnoise » dans Poètes du XVIe siècle, texte établi et présenté par Albert-Marie Schmidt, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1953, p. 227-268.
  2. Rymes, édition critique avec une introduction et des notes par Victor E. Graham, Genève, Droz ; Paris, Minard, 1968, 182 p. (contient les pièces ajoutées de l’édition Marnef).
  3. Louise Labé, Œuvres poétiques, précédées des « Rymes » de Pernette du Guillet, éd. Françoise Charpentier, Paris, Poésie / Gallimard, 1983, 192 pages (ne présente pas l’épître d’Antoine Du Moulin ni les épitaphes, en revanche, les pièces ajoutées de 1552 apparaissent).
    Allée Pernette-du-Guillet

Elle figure en 2022 dans une exposition intitulée Renaissance des femmes, organisée par le château de Blois, et consacrée aux « femmes puissantes de la Renaissance, effacées de l’histoire »[35].

L’Allée Pernette-du-Guillet dans le 19e arrondissement de Paris a été nommée en son honneur, non loin d’une autre allée privée nommée Louise Labé[36].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Le manque de sources d'archives concernant le nom de Pernette du Guillet conduit Élise Rajchenbach à supposer que « Du Guillet » n’est qu'un toponyme (un lieu-dit) attribué à la poétesse par son éditeur ou son imprimeur. Voir Élise Rajchenbach, « Introduction », dans P. du Guillet, Rymes, éd. E. Rajchenbach, Genève, Droz, 2006 (ISBN 978-2600010634), p. 22.
  2. Victor E. Graham, « Introduction », dans P. du Guillet, Rymes, éd. V. E. Graham, Genève, Droz, 1968 (ISBN 978-2600324311), p. XV
  3. 1 2 Verdun L. Saulnier, « Étude sur Pernette du Guillet et ses Rymes : Avec des documents inédits », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, vol. 4, , p. 8. (lire en ligne)
  4. Alphonse Séché, Les Muses françaises. Anthologie des femmes-poètes (1200-1891), Paris, Louis-Michaud, (lire en ligne), p. 52
  5. « Michel Simonin, in Dictionnaire des lettres françaises, Paris, Fayard, 2001, article « Du Guillet », p. 423, fait de cet époux le fils de Humbert, gentilhomme du duc de Savoie, sans avancer le moindre élément susceptible de justifier cette parenté. » – Élise Rajchenbach, « Introduction », dans P. du Guillet, Rymes, éd. É. Rajchenbach, Genève, Droz, 2006 (ISBN 978-2600010634), p. 22.
  6. Verdun L. Saulnier, « Étude sur Pernette du Guillet et ses Rymes : Avec des documents inédits », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, vol. 4, , p. 11-12. (lire en ligne)
  7. Pour des références plus explicites, voir le commentaire dans l'édition de Pernette Du Guillet, Rymes, éd. É. Rajchenbach, Genève, Droz, 2006 (ISBN 978-2600010634).
  8. Élise Rajchenbach, « Introduction », dans P. du Guillet, Rymes, éd. Rajchenbach, Genève, Droz, 2006 (ISBN 978-2600010634), p. 30-38.
  9. Élise Rajchenbach, « En sortant de l'« École lyonnaise ». Enquête sur la création et les implications intellectuelles et idéologiques d'une catégorie littéraire », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, no 46, , p. 391-412 (lire en ligne)
  10. Verdun L. Saulnier, « Étude sur Pernette du Guillet et ses Rymes : Avec des documents inédits », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, vol. 4, , p. 9 (lire en ligne)
  11. 1 2 Stéphan Hellin, « Louise Labé, une courtisane ? La controverse entre Paradin et Rubys », Early Modern French Studies, vol. 47, , p. 1-17 (DOI https://doi.org/10.1080/20563035.2024.2350525)
  12. V. L. Saulnier (« Les épitaphes de Scève (qu'on a eu tort de diviser parfois en trois) constituent deux douzains signés "M. SC. ". Celles de Vauzelles sont un douzain signé "D. V. Z." (initiales de sa devise d'un vray zele) et un quatorzain signé de ses initiales "I. D. V." »), « Étude sur Pernette du Guillet et ses Rymes : avec des documents inédits », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, no 4, , p. 13. (lire en ligne)
  13. A.-M. Schmidt, Poètes du XVIe, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1953, p. 228. Cité par G. Mathieu-Castellani, « La parole chétive : les Rymes de Pernette du Guillet », Littérature, vol. 73, no 1, 1989, p. 47.
  14. Sur la similitude des répertoires de chansons de Moderne et Attaingnant, voir Daniel Heartz, Pierre Attaingnant, royal printer of music: a historical study and bibliography catalogue, Berkeley, University of California Press, 1969, p. 146-152.
  15. LE PARANGON DES CHANSONS. Sixiesme livre contenant XXV Chansons nouvelles, Lyon, Jacques Moderne, (lire en ligne)
  16. Second livre contenant XXVII Chansons NOUVELLES A QUATRE PARTIES, EN UNG VOLUME, Paris, Pierre Attaingnant & Hubert Jullet, (lire en ligne)
  17. P. du Guillet, Rymes, éd. E. Rajchenbach, Droz, Genève, 2006, p.160-161 et 246.
  18. P. du Guillet, Rymes, éd. E. Rajchenbach, Droz, Genève, 2006, p. 257.
  19. P. du Guillet, Rymes, éd. E. Rajchenbach, Droz, Genève, 2006, p. 256-257. Pour Daniel Heartz, l'« énigmatique “F[leur?] de Lys” » serait « peut-être une fantaisie de l'éditeur », voir Daniel Heartz, op. cit., p. 147-150.
  20. P. du Guillet, Rymes, éd. E. Rajchenbach, Droz, Genève, 2006, p.250.
  21. Ensemble Doulce Mémoire, Denis Raisin Dadre (dir.), Jacques Moderne : Fricassées lyonnaises, Paris, Auvidis‑Astrée, (EAN 3298490085677)
  22. LE PARANGON DES CHANSONS. Neufviesme livre contenant XXXI Chansons nouvelles, Lyon, Jacques Moderne, (lire en ligne)
  23. Verdun L. Saulnier, « Table méthodique des Rymes » dans V. L. Saulnier, Étude sur Pernette du Guillet et ses Rymes : Avec des documents inédits, Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, vol. 4, 1944, p. 112-115 (lire en ligne).
  24. 1 2 Élise Rajchenbach, «Mais devant tous est le Lyon marchant ». Construction littéraire d'un milieu éditorial et livres de poésie française à Lyon (1536-1551), Genève, Droz, (ISBN 978-2-600-01882-1), p. 117-154.
  25. « Cf. Liliane Izzy, « Lecture d’un dizain de Pernette Du Guillet », in Le Courrier du Centre International d’études poétiques, no 200 (octobre-décembre 1993), p. 36, n. 4 : « […] le mot “gentile” est alors d’un usage courant, comme en témoignent de nombreux composés : on avait par exemple, à côté de gentilhomme, le terme gentilfemme. Il dénote la noblesse, de naissance et de mœurs. » - Élise Rajchenbach, « Introduction », dans P. du Guillet, Rymes, éd. É. Rajchenbach, Genève, Droz, 2006 ( (ISBN 978-2600010634)), p. 22.
  26. Élise Rajchenbach, « "Tu le pourras clerement icy veoir." Les Rymes de Pernette Du Guillet, publication vertueuse ou stratégie éditoriale ? », L’émergence littéraire des femmes à Lyon à la Renaissance 1520-1560, , p. 124 (lire en ligne)
  27. « De fait, la publication des Rymes s’effectue à travers une multiplication des cautions masculines à l’origine de la découverte et de la publication des poèmes, qui constituent une figure spécifique de Pernette Du Guillet [...] » - Élise Rajchenbach, « Introduction », dans P. du Guillet, Rymes, éd. É. Rajchenbach, Genève, Droz, 2006 (ISBN 978-2600010634), p. 21.
  28. Élise Rajchenbach, « " Tu le pourras clerement icy veoir. " Les Rymes de Pernette Du Guillet, publication vertueuse ou stratégie éditoriale ? », L’émergence littéraire des femmes à Lyon à la Renaissance 1520-1560, nos 132-135., (lire en ligne)
  29. 1 2 3 Jessie Labadie, « 'Ce petit amas de rymes': Musicality in Jeanne de Marnef's Edition of Pernette du Guillet's Poetry », The Journal of the Early Book Society for the Study of Manuscripts and Printing History, vol. 20, (lire en ligne)
  30. 1 2 Leah Chang, « The Gender of the Book: Jeanne de Marnef Edits Pernette du Guillet », dans Julie D. Campbell, Anne R. Larsen, Early Modern Women and Transnational Communities of Letters, London, Routledge, (ISBN 9781315257211)
  31. Élise Rajchenbach, « Mais devant tous est le Lyon marchant ». Construction littéraire d'un milieu éditorial et livres de poésie française à Lyon (1536-1551), Genève, Droz, (ISBN 978-2-600-01882-1), p. 338
  32. « Ainsi, rien n'infirme l'attribution de ces trois pièces à l'auteur des Rymes, et, tout en remarquant que Jean de Tournes n'hésitera pas à intervenir directement dans l'élaboration des Euvres de Louise Labé, nous suivrions l'argument de Victor E. Graham dans son édition des Rymes : "leur nombre restreint" et le fait que ce soit Jean de Tournes, lui-même à l'origine de l'édition princeps, qui propose ces pièces ajoutées tendent à confirmer l'attribution de ces pièces, d'autant que la première publication des Rymes s'est faite dans le mois qui a suivi le décès de Pernette du Guillet, rendant possible la découverte ultérieure de quelques nouveaux "brouillars". » - Élise Rajchenbach, « Introduction » dans P. du Guillet, Rymes, éd. É. Rajchenbach, Genève, Droz, 2006 (ISBN 978-2600010634), p. 95.
  33. Gustave Girrane, « Les Lyonnaises », Le Progrès Illustré, supplément littéraire du Progrès de Lyon, no 244, , p. 5 (lire en ligne)
  34. « Pivot Jean Louis – Pernette du Guillet – Buste », sur Musée des Beaux-Arts de Lyon
  35. Sylvie Kerviel, « Exposition : les femmes puissantes de la Renaissance, effacées de l’histoire, retrouvent la lumière à Blois », Le Monde, (lire en ligne)
  36. Jacques Hillairet, Pascal Payen-Appenzeller, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1997 (1re éd. 1960), 1 476 (ISBN 2-7073-1054-9)

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Éditions historiques

[modifier | modifier le code]
  • Pernette du Guillet, Rymes de gentile, et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet Lyonnoise, Lyon, Jean de Tournes, 1545, in 8, BnF, Rés. Ye1341 (lire en ligne) .
  • Pernette du Guillet, Les Rithmes et poésies de gentile, et vertueuse dame D. Pernette du Guillet Lyonnoise,  Paris, Jeanne de Marnef, 1546, in-12, BnF, Arsenal, Rés. 8° BL 8767 (lire en ligne).
  • Pernette du Guillet, Pernette, Rymes de gentile, et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet Lyonnoise. De nouveau  augmentees, Lyon, Jean de Tournes, 1552, in-8, BnF, Arsenal, G. D. 24 486.

Éditions récentes

[modifier | modifier le code]
  • Pernette du Guillet, Rymes, éd V. E. Graham, Genève, Droz, coll. « Textes littéraires  français », 1968 (ISBN 978-2600324311).
  • Pernette du Guillet, Rymes (1545), éd. É. Rajchenbach, Genève, Droz, coll. « Textes littéraires  français », 2006 (ISBN 978-2600010634).
  • Pernette du Guillet, Rymes, éd. Christian Barataud et Danielle Trudeau, Paris, Classiques Garnier, coll. « Textes de la Renaissance », [1re éd. 2006] 2024 (ISBN 978-2-406-16999-4).
  • Françoise Charpentier, « Projet poétique, travail poétique dans les Rymes de Pernette du Guillet.  Autour de trois quatrains », dans F. Marotin et J.-P. Saint-Gérand (dir.), Poétique et narration.  Mélanges offerts à Guy Demerson, Paris, Champion, 1993, p. 143-155 (ISBN 978-2852032453) .
  • Leah Chang, « The Gender Of The Book : Jeanne de Marnef Edits Pernette du Guillet », dans J.  D. Campbell et A. R. Larsen, Early Modern Women and transnational communities of letters, New  York, Routledge, 2016 (ISBN 9781315257211).
  • Frank Dobbins, Music in Renaissance Lyons, Oxford, Clarendon Press, 1992 (ISBN 978-0198161370).
  • Lance K. Donaldson-Evans, « The Taming of the muse. The female poetic voice in Pernette du  Guillet’s Rymes », dans J. C. Nash (dir.), Pre-Pléiade poetry, Lexington, French Forum Publ., 1985, p. 84-96 (ISBN 978-0917058578).
  • Philip Ford, « À propos des “élégies” de Pernette du Guillet », dans Michèle Clément et Janine  Incardona (dir.), L’Émergence littéraire des femmes à Lyon à la Renaissance, 1520-1560, 2008, p. 165-176 (lire en ligne).
  • Daniel Heartz, Pierre Attaingnant, royal printer of music : a historical study and bibliography catalogue,  Berkeley, University of California Press, 1969 (ISBN 978-0520015630).
  • Stéphan Hellin, « Louise Labé, une courtisane ? La controverse entre Paradin et Rubys », Early  Modern French Studies, vol. 47, n° 1, juillet 2025, p. 1-17 DOI https://doi.org/10.1080/20563035.2024.2350525.
  • Jessie Labadie, « "Ce petit amas de rymes" : Musicality in Jeanne de Marnef's Edition of Pernette  du Guillet Poetry », The Journal of the Early Book Society for the Study of Manuscripts and Printing  History, vol. 20, 2017 (lire en ligne).
  • Gisèle Mathieu-Castellani, « La parole chétive : les Rymes de Pernette du Guillet », Littérature,  n° 73, 1989, p. 47-60 (lire en ligne).
  • Gisèle Mathieu-Castellani, La Quenouille et la lyre, Paris, José Corti, 1998 (ISBN 978-2714306401).
  • Samuel Franklin Pogue, Jacques Moderne : Lyons music printer of the sixteenth century, Genève, Droz, 1969 (ISBN 978-2-600-03023-6).
  • Élise Rajchenbach, « Pernette du Guillet », Dictionnaire des femmes de l’Ancienne France,  SIEFAR, 2007 (lire en ligne).
  • Élise Rajchenbach, « "Tu le pourras clerement icy veoir" Les Rymes de Pernette Du Guillet,  publication vertueuse ou stratégie éditoriale ? » dans L’émergence littéraire des femmes à Lyon à  la Renaissance 1520-1560, St Etienne, Presses universitaires de Saint-Étienne, 2008 (lire en ligne).
  • Élise Rajchenbach,  « Mais devant tous est le Lyon marchant ». Construction littéraire d'un milieu éditorial et  livres de poésie française à Lyon (1536-1551), Genève, Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et  Renaissance », 2016 (ISBN 978-2-600-01882-1).
  • Élise Rajchenbach, « Être veuve d’imprimeur : les stratégies éditoriales de Jeanne de Marnef, Veuve Janot (1545–1547) », dans V. D. Le Flanchec, V. Montagne, A. Réach-Ngô, M.-C.  Thomine et T. Tran (dir.), Paroles dégelées. Propos de l’Atelier XVIe siècle, Paris, Classiques  Garnier, coll. « Études et essais sur la Renaissance », 2016, p. 631–657 (lire en ligne).
  • Élise Rajchenbach, « En sortant de l’“École lyonnaise”. Enquête sur la création et les implications  intellectuelles et idéologiques d’une catégorie littéraire », Cahiers de Recherches Médiévales et  Humanistes, 46, 2024, p. 391-412 (lire en ligne).
  • Verdun-Léon Saulnier, « Étude sur Pernette du Guillet et ses Rymes », Bibliothèque d’Humanisme et  Renaissance, IV, 1944, p. 1-119 (lire en ligne).
  • Colette H. Winn, « Le chant de la nouvelle née. Les Rymes de Pernette du Guillet », Poétique XX,  78, 1989, p. 207-217.

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]