Pensée positive

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La pensée positive désigne un mouvement pseudo-scientifique[1] créé en 1952 par le pasteur Norman Vincent Peale et véhiculé dans les années 2010 par différents acteurs œuvrant dans le secteur économique du développement personnel. Les tenants de la pensée positive postulent qu'en s'appuyant sur l'autosuggestion[2] (anciennement appelée Méthode Coué) on pourrait se contraindre à devenir optimiste en toutes circonstances ce qui nous permettrait d'atteindre le bonheur, voire même d'influencer « le destin ». Ce mouvement a ainsi donné naissance à la loi de l'attraction, une conception ésotérique proche de la pensée magique. Elle ne doit pas être confondu avec la psychologie positive qui est une discipline de la psychologie. Certaines études montre le côté néfaste de la pensée positive chez les personnes ayant une faible estime d'elles-mêmes, aggravant cette dernière[3],[4]. Dans le cas des personnes ayant une bonne estime d'elles-mêmes elle n'améliorerait pas significativement leur bien-être global[3]. La pensée positive se base essentiellement sur la lecture de citations dites positives ou « inspirantes », sur la répétition de phrases supposées positives, la reformulation à la forme affirmative de phrases exprimant nos désirs ou nos rêves ou encore la visualisation de situations assimilées au bien-être. Certains acteurs de la pensée positive préconisent également de réduire les contacts voire couper les liens avec nos proches ne partageant pas la vision du mouvement et présentés de ce fait comme des « personnes négatives »[5],[6] voire comme des « personnes toxiques »[7],[8].

Pensée positive et psychologie positive[modifier | modifier le code]

La « psychologie positive » et la « pensée positive » ne doivent pas être confondues et ont des origines tout à fait différentes [9]. La psychologie positive est un domaine de la psychologie, reconnu et développé par des psychologues professionnels, qualifiés. Le domaine se construit sur la base des recherches scientifiques publiées dans des revues révisées par les pairs (donc conformes aux pratiques acceptées dans la communauté scientifique).

En revanche, la « pensée positive » repose sur des ouvrages populaires et ne sont pas validés scientifiquement. Par exemple, La puissance de la pensée positive paru en 1952 est un classique du genre dont l’auteur, Norman Vincent Peale, était un pasteur protestant. « Le secret » constitue un autre exemple plus récent d'ouvrage populaire, écrit par Rhonda Byrne, une productrice de télévision. Ces ouvrages ont eu un immense rayonnement, mais n’ont aucun fondement solide en psychologie scientifique.

Certaines critiques de la psychologie positive seraient attribuables à cette confusion entre la psychologie positive et la pensée positive. Dans sa foire aux questions (à l'intention du grand public), le Positive Psychology Center de l'Université de Pennsylvanie dissipe la confusion[9]:

« La psychologie positive est-elle assimilable à la pensée positive ? La psychologie positive se différencie de la pensée positive sur trois points importants. Premièrement, la psychologie positive repose sur des études scientifiques empiriques et reproductibles. Deuxièmement, la pensée positive nous incite à être positif partout et tout le temps, ce que la psychologie positive ne fait pas. La psychologie positive reconnaît que, malgré les avantages de la pensée positive, parfois la pensée négative ou réaliste est pertinente. Les études mettent en évidence que l'optimisme est associé à une meilleure santé, à la performance, la longévité et le succès social, mais il y a des preuves que, dans certaines situations, la pensée négative permet de réaliser des estimations plus justes, plus exactes, ce qui peut avoir des conséquences importantes. La pensée optimiste peut être associée à une sous-estimation des risques. » De l'ouvrage collectif déjà cité ci-dessus [10]: « La psychologie positive ne doit pas être confondue avec une psychologie naïve qui annihilerait tout sentiment de blues et d’inquiétude. (…) Elle n’est donc pas une méthode Coué d’auto-persuasion selon laquelle "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes" » (p. 104).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie Claire - La psychologie positive, qu'est-ce que c'est ? - Par Julia Kadri - Publié le 19/02/2018 : « Il ne faut cependant pas confondre psychologie positive et pensée positive : leur principale différence étant la science. »
  2. Matthieu Ricard - La psychologie. positive ne consiste pas à « positiver » - le 27 novembre 2014
  3. a et b Passeport Santé - La pensée positive: plus nuisible qu’utile?
  4. Maxisciences - Penser positif peut être négatif - Le 18 juillet 2009 - Emmanuel Perrin
  5. Les mots Positifs - Développement personnel - «Il y a longtemps, j’avais une amie extrêmement proche de moi, nous étions presque des frères et soeur, mais le problème c’est qu’elle était une personne très très négative dans la vie. Je ne pouvais pas rester en contact avec cette personne, car elle ne voulait absolument pas changer, alors j’ai décidé de faire le choix de côtoyer d’autres personnes. Une personne négative ne vous fera jamais grandir! Vous pouvez aider les autres à changer, mais vous ne pouvez les aider s’ils ne sont pas prêts à le faire. Vous devez vous entourer avec des personnes positives. Vous n’arriverez jamais à être une personne positive avec des gens négatifs. Oui ça peut être un choix très difficile de retirer des gens négatifs de votre vie, mais dites-vous que c’est pour votre bien.»
  6. Laure Zanella Coaching - Quand s'éloigner des personnes négatives devient un véritable cadeau pour soi - « Si nous désirons être vraiment heureux dans notre vie, vient un moment où il est nécessaire de faire du tri dans son entourage et de s’autoriser à s’éloigner des personnes négatives ou toxiques. … Parfois, on se sent obligé de maintenir le lien avec de telles personnes sous prétexte qu’elles font partie de notre famille et qu’on DOIT faire preuve de compréhension avec elles. Mais en quoi est-ce rendre service à l’autre que de faire comme si sa négativité ne nous affectait pas et en le laissant ainsi croire que c’est OK comme ça ? …L’amour commence toujours par soi. Quand on permet à un autre de déverser sa négativité sur nous, on se sent mal, on ferme son cœur, on devient une version moins lumineuse de soi, et on ne peut pas partager autre chose que de la négativité. Par contre, quand on s’autorise à faire le choix le plus lumineux pour soi, on s’élève, on ouvre son cœur, on vit dans la joie, et c’est là qu’on peut donner le meilleur aux autres, et qui sait, peut-être en inspirer quelques uns en cours de route qui se rendront compte qu’on peut réellement changer, qu’on peut réellement atteindre la joie et qu’il y a d’autres façons de vivre beaucoup plus lumineuses.S’autoriser à faire le meilleur choix possible pour soi, quitte à couper les ponts avec certains de nos proches, c’est se faire un immense cadeau à soi-même autant qu’à ceux que nous laissons derrière nous »
  7. Osez Briller - Coaching - Se débarrasser des personnes toxiques - « Car les personnes sans vision, sans espoir, sans rêve, sans ambition, feront tout pour vous rabaisser à leur niveau. Ce n'est pas facile, et cela peut vous faire mal de vous en éloigner, mais il en va de votre santé mentale et de votre mode de vie actuel. »
  8. Être optimiste - 10 personnes toxiques à fuir absolument pour être heureux - « Parmi les choses qui vous sapent systématiquement le moral, ce sont les autres qui arrivent en tête. Et plus particulièrement leur comportement, leur pessimisme ou encore leur négativité… Alors aujourd’hui, je vous propose de prendre quelques minutes pour passer au crible votre entourage. Famille, collègues, amis, connaissances… Partez à la chasse aux personnes toxiques ! Pour vous aider à les repérer et à vous en préserver, vous trouverez dans cet article une liste de 10 exemples de relations toxiques à éviter pour avoir une vie plus heureuse. »
  9. a et b Frequently Asked Questions. Positive Psychology Center, University of Pennsylvania
  10. Jacques Lecomte (dir.) (2009). Introduction à la psychologie positive, Paris, Dunod.

Voir aussi[modifier | modifier le code]