P. Morisse et Cie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

P. Morisse et Cie
logo de P. Morisse et Cie

Création 1898
Disparition 1921
Fondateurs Pierre Morisse
Robert Morisse
Siège social Étampes
Drapeau de France France
Activité Automobile

P. Morisse et Cie est un constructeur automobile français, créé par les frères Pierre et Robert Morisse en 1898 et actif à Étampes jusqu'en 1921.

Histoire[modifier | modifier le code]

Robert Ferdinand Morisse est né à Dieppe le et Pierre Henri Morisse est né à Dieppe le , tous deux fils de Pierre David Ernest Morisse, négociant et de Léonie Delphine Legriel[1]. Antérieurement à la création de la société, Robert Morisse est directeur de la sucrerie de Morigny[1] à deux kilomètres à l'est d'Étampes tandis que son frère Pierre Morisse, diplômé ingénieur IDN (Centrale Lille) en 1887[2], est ingénieur-directeur de l'exploitation de phosphate de chaux à Dombasle-en-Argonne[2].

Un brevet d'invention est déposé au nom de Morisse le pour une « voiture automobile marchant au pétrole ». Le , la société en commandite au capital de 50 000 francs est constituée pour une durée de dix années, boulevard Saint-Michel à Étampes, sous la dénomination P. Morisse et Cie[3], avec Pierre Morisse comme gérant commandité[1]. « Cette Société a pour objet l’édification et l’installation d’un atelier de construction de voitures automobiles et de moteurs à pétrole, et l’exploitation, la fabrication et la vente de ces véhicules (...) Monsieur Pierre Morisse a apporté à la Société: ses études, plans, dessins et ses connaissances pratiques sur la chose qui fait l’objet de la Société[1] ».

Le capital social monte à 90 000 francs en , quand Tony Huber[4], ingénieur des Arts et Manufactures (Centrale Paris), devient co-actionnaire[1]. Tony Huber quitte la société Morisse en pour créer sa propre société automobile à Boulogne-Billancourt, qui fabrique des moteurs qui seront notamment montés sur automobiles Morisse. Les frères Morisse rachètent les parts de Huber et la dénomination sociale devient Morisse frères.

L'actionnariat de la société évolue en 1908. « Anciens Établissements Morisse frères : Par décisions de l’Assemblée générale en date du 2 septembre 1908, la raison sociale de cette société est remplacée par Société anonyme des moteurs et automobiles Renault Schneider et le siège administratif a été transféré à Paris, 38, rue Saint-Ferdinand[1] ». Le capital social de la société monte à 400 000 francs en 1909. La société fait l'objet d'une liquidation judiciaire en 1912. Les actifs sont alors rachetés et la société relancée en 1912 sous la dénomination « Anciens Établissements Morisse frères, Marcel Gauché successeur » (SEM) qui est liquidée en .

Modèles automobiles Morisse[modifier | modifier le code]

Automobile Morisse 1900

Les modèles ont été produits sous la marque Morisse de 1898 à 1912, avec une conception originale de traction et transmission.

Le premier modèle commercialisé en 1898[5] avait, de manière innovante, un moteur monocylindre de 3 ch, monté sous le siège du conducteur, en traction avant, avec « transmission par engrenages et courroie, à essieu moteur d'avant qu'un levier permet de déplacer pour embrayer et débrayer en tendant ou détendant la courroie, à roues d'arrière directrices[6] ».

En 1900 est produit un nouveau modèle sur châssis conventionnel en propulsion, avec moteur De Dion-Bouton de 5,5 ch. « L'essieu d'arrière moteur, le pont qui le supporte et les ressorts sont mobiles autour d'un axe de suspension. Un levier permet de faire mouvoir tout cet ensemble : quand c'est vers l'avant, le moteur est progressivement embrayé et la voiture marche en avant ; quand c'est vers l'arrière, le moteur est débrayé et les bandages des roues sont appliqués contre les patins solidaires du châssis de la voiture[6]. »

Sur les modèles de 1904 sont intégrés les moteurs monocylindres de De Dion-Bouton 6 ch et 9 ch, des moteurs à deux cylindres de De Dion-Bouton, des moteurs Tony Huber de 10 ch., 14 ch. et 24 ch. fournis par la société de l'ancien associé Tony Huber. Les modèles à quatre cylindres possédaient un entraînement par chaîne, les plus petits modèles avaient une transmission axiale.

Le catalogue automobile Morisse de 1912 offre des modèles à quatre cylindres 9/11 CV, CV 10/12, 14/16 et 16/20 CV.

Les activités de constructions automobiles Morisse sont prédominantes de 1898 à 1912.

Moteurs Morisse[modifier | modifier le code]

Morisse et Huber produisent des moteurs à partir de 1900. En 1901, Morisse approvisionne en moteurs les établissements automobiles E. J. Brierre de Paris[7].

En 1908, la société produit des « moteurs industriels transportables et groupes agricoles sur chariot de 3 et 7 chevaux ». En 1914, la société produit également des « moteurs légers pour l'aviation[8] ».

Sources[modifier | modifier le code]

Brevet d'invention[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Harald Linz, Halwart Schrader : Die Internationale Automobil-Enzyklopädie. United Soft Media Verlag, Munich, 2008, (ISBN 978-3-8032-9876-8).
  • George Nick Georgano (Chefredakteur) : The Beaulieu Encyclopedia of the Automobile. Volume 2: G–O. Fitzroy Dearborn Publishers, Chicago 2001, (ISBN 1-57958-293-1).
  • George Nicolas Georgano (dir.) (trad. Jacqueline Heymann et Lisa Ponomarenko), Autos. Encyclopédie complète. 1885 à nos jours, Paris, édition de la Courtille, , 677 p. (OCLC 461480402)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Les Ateliers Morisse de construction automobile à Étampes, compilation 1898-1921 par Thierry Boudin, Fons Alkemade et Bernard Gineste », sur www.corpusetampois.com
  2. a et b Association des Centraliens de Lille, « Annuaires éditions 1892 et 1896 », Annuaire de l'Institut industriel du Nord de la France (IDN),‎ 1892 et 1896 (ISSN 1147-8047, notice BnF no FRBNF32695987)
  3. Association des Centraliens de Lille, « Annuaire édition 1902 », Annuaire de l'Institut industriel du Nord de la France (IDN),‎ (ISSN 1147-8047, notice BnF no FRBNF34419768)
  4. Alexandre-Marie-Marcel-Tony Huber, né en 1874
  5. « Automobile Morisse », La Locomotion automobile,‎ , p. 486 (ISSN 1255-3506, notice BnF no FRBNF34508564).
  6. a et b Gérard Lavergne, Manuel théorique et pratique de l'automobile sur route : vapeur, pétrole, électricité, Paris, C. Béranger, , 722 p. (notice BnF no FRBNF30755605, lire en ligne)
  7. Georgano : Autos. Encyclopédie complète. 1885 à nos jours. Courtille, Paris 1975
  8. « Morisse frères (anciens établissements) », Aéro-manuel : répertoire sportif, technique et commercial de l'aéronautique,‎ , p. 685 (ISSN 1169-7644, notice BnF no FRBNF34455782)
  9. « Brevets d'invention », Bulletin des lois de la République française, Imprimerie nationale des lois (Paris), vol. 61,‎ , p. 917 (ISSN 1272-6397, lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :