Opportunisme

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L'opportunisme est une conduite qui consiste à tirer le meilleur parti des circonstances, parfois en le faisant à l'encontre des principes moraux.

En politique[modifier | modifier le code]

L'opportunisme est un courant politique qui s'est développé en France au début de la IIIe République et qui regroupait des personnalités du parti républicain comme Jules Grévy, Léon Gambetta, etc. Il se caractérisait par la recherche du soutien populaire dans l'engagement des réformes et s'opposait au radicalisme. Selon Gambetta « en politique, les transactions seules peuvent amener des résultats »[1].

Aujourd'hui, le terme d'opportunisme a une connotation péjorative. Il est utilisé pour désigner, chez des hommes politiques, des changements fréquents de programme ou de position en fonction du rapport de forces politique, des sondages ou du contexte électoral.

En biologie[modifier | modifier le code]

L'organisme opportuniste est une espèce capable d'occuper une gamme variée d'habitats selon les circonstances, ou d'adapter son régime alimentaire aux ressources immédiatement disponibles, comme le Renard roux, le Capucin moine, le Rhipidure hochequeue, ou les bactéries opportunistes profitant d'une déficience immunitaire.

Cette notion peut aussi désigner le fait pour une espèce de profiter de la présence ou de l'action d'une autre espèce. Par exemple, les oies des neiges nichent souvent près des nids de harfangs, profitant de l'action de ces prédateurs pour se protéger du renard[2].

En sciences sociales[modifier | modifier le code]

Le Prix Nobel d’économie Oliver Williamson définit l’opportunisme comme un comportement stratégique reposant sur des manœuvres frauduleuses pour obtenir un gain particulier[3]. L’opportunisme peut alors se manifester à travers un ensemble de comportements ou attitudes, tels que le mensonge, la manipulation, la triche, le vol, ou la transmission d’informations erronées. Les travaux en sciences sociales et, en particulier, en économie et management[4] se sont intéressés au rôle de l’opportunisme, ses antécédents et ses conséquences dans les relations tant inter-personnelles qu’inter-organisationnelles[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Caron, La France des patriotes (de 1851 à 1918), Fayard, 1985, p. 384.
  2. Gérald Baril, Si près, si loin, les oies blanches, Montréal, XYZ, 2020, pp. 129-133.
  3. (en) Oliver Williamson, Economics institutions of capitalism, New York, The Free Press,
  4. Nicolai J. Foss et Libby Weber, « Moving Opportunism to the Back Seat: Bounded Rationality, Costly Conflict, and Hierarchical Forms », Academy of Management Review, vol. 41, no 1,‎ , p. 61–79 (ISSN 0363-7425, DOI 10.5465/amr.2014.0105, lire en ligne, consulté le 21 avril 2020)
  5. (en) Fabrice Lumineau et Nuno Oliveira, « Reinvigorating the Study of Opportunism in Supply Chain Management », Journal of Supply Chain Management, vol. 56, no 1,‎ , p. 73–87 (ISSN 1745-493X, DOI 10.1111/jscm.12215, lire en ligne, consulté le 21 avril 2020)

Articles connexes[modifier | modifier le code]