Neat Pitch

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Neat Pitch est un projet militaire datant des années 1970 qui avait pour objet l’invasion et l’occupation de la province du Québec, ou une partie de celle-ci, afin de protéger les infrastructures fédérales lors d’un possible et éventuel désordre social et/ou d’une insurrection de la population francophone et nationaliste du Québec.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Ce plan militaire aurait apparemment été discuté les 18 et 19 avril 1972[1] lors d’une rencontre secrète ayant eu lieu à Montréal entre plusieurs hauts officiers des Forces canadiennes parmi lesquels se trouvait Jean-René-Marcel Sauvé. Ce dernier aurait ensuite divulgué des informations secrètes à un proche de Jacques Parizeau qui à son tour le fit auprès du chef du Parti Québécois, René Lévesque[2],[3].

Ce plan militaire serait apparu après la crise d'Octobre 1970[4] pendant laquelle le gouvernement fédéral a décrété la Loi sur les mesures de guerre puis a expédié plusieurs soldats de son infanterie[5] pour contrôler la population québécoise durant l'enquête policière imminente, sans gêne, ni restriction.

Mais en 1972, lorsque le plan Neat Pitch est étudié, on craint qu'une épisode pire que la crise d’Octobre ait lieu face à la montée fulgurante de la popularité du Parti québécois nouvellement fondé par René Lévesque. Apparemment, le plan ne fut jamais réalisé malgré l’entrée au pouvoir dudit parti en 1976 et la tension liée au premier référendum sur la souveraineté en mai 1980.

En 1995, un peu avant et pendant la campagne du deuxième référendum, des manœuvres militaires sont effectuées dans la région de Montréal. Questionné à ce sujet, Jacques Parizeau, alors Premier ministre, a qualifié cette tactique de tentative de provocation pour diriger son gouvernement vers une crise[6], tandis que Jean Chrétien s’est contenté de répondre ceci « Personne n’est au courant de ça. Si, des fois, je suis à mon lac, je vois des avions passer au-dessus du lac, je pense que ça fait trop de bruit, moi, je ne m’en plains pas »[6].

Cependant, dans le récit de Denis Morisset, Nous étions invincibles[7], une partie des manœuvres, à savoir les explosions qui auraient été entendues dans la ville de Montréal, serait liée aux exercices d’un nouveau groupe tactique des forces canadiennes dans lequel il faisait partie, le JTF2, inconnu jusque-là du public.

Quelques années plus tard, en 2003, la question s’est reposée à la sortie de la biographie non autorisée de Jean Chrétien, The Iron Man[8], écrit par l'auteur et journaliste Lawrence Martin. L’auteur y mentionne que le ministre de la Défense de l’époque, David Collenette, aurait été prêt à assurer la protection militaire des institutions fédérales au Québec en cas d’un vote souverainiste favorable, ce que le premier ministre du Canada a nié en qualifiant ces propos de « bullshit »[9]. Plus tard, il dira à l’auteur Mario Cardinal qu’il n’avait jamais été informé des déplacements des troupes militaires, mais que des soldats ont peut-être été envoyés au Québec[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Jour, 9 avril 1974
  2. « Parizeau avait été informé des plans secrets de l'armée en 1972 », Le Droit,‎ , p. 35
  3. Pierre Duchesne, Jacques Parizeau, Le Baron - 1970-1985, t. II, Montréal, Éditions Québec Amérique, , 635 p..
  4. http://archives.radio-canada.ca/guerres_conflits/desordres_civils/dossiers/81/
  5. http://www.journal.forces.gc.ca/vo1/no2/doc/71-84-fra.pdf
  6. a et b Gilles Normand, « Parizeau voit dans les manœuvres militaires une provocation d’Ottawa reliée au référendum », La Presse,‎ .
  7. Nous étions invincibles, Denis Morisset et Claude Coulombe, Edition JCL, 278 pages
  8. Iron man, The Defiant reign of Jean Chrétien, Lawrence Martin, 2003, ed. Viking, 468 p.
  9. « Chrétien aurait rejeté un OUI victorieux. L’armée était prête à protéger les édifices fédéraux, révèle le livre de Lawrence Martin », Le Devoir,‎ .
  10. Point de rupture, Québec-Canada, le referendum de 1995, Mario Cardinal, Société Radio Canada- Bayard Canada Livres, 484p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Fournier, FLQ : Histoire d'un mouvement clandestin, Lanctôt,
  • Comeau, Lévesque, Lupien et Marsolais, « Faut-il prendre au sérieux les appels à la violence qui viennent de l’Ouest? », La Presse,‎ , B3
  • Sébastien Rodrigue, « Parizeau avait une taupe dans l'armée », La Presse,‎ , A3

Liens externes[modifier | modifier le code]