Mouflon corse

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Ovis orientalis musimon

Ovis orientalis musimon
Description de cette image, également commentée ci-après
Ovis aries musimon, mouflon corse dans un parc animalier
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Artiodactyla
Famille Bovidae
Sous-famille Caprinae
Genre Ovis
Espèce Ovis aries

Sous-espèce

Ovis orientalis musimon
Schreber, 1782

Synonymes

  • Ovis gmelinii musimon

Répartition géographique

Description de l'image Mapa distribución muflón (Ovis musimon).png.

Le mouflon corse est une sous-espèce (Ovis aries/orientalis musimon) de mouflon, endémique à la Corse et à la Sardaigne. Ils vivent dans les montagnes, notamment dans les réserves du Cinto et de Bavella.

Dénominations[modifier | modifier le code]

L'animal est appelé a muvra (fém.) en corse (pumunticu), ce qui a inspiré un célèbre ensemble polyphonique, I muvrini, à savoir : "Les Petits Mouflons". La racine muvrinu < * mufr- est d'origine prélatine.

Le nom binomial est Ovis aries si l'on réfère à l'espèce (laquelle inclut le mouton domestique) ou Ovis orientalis, Gmelin, 1774, si l'on réfère explicitement à l'espèce sauvage[1] (mouflon occidental). On trouve aussi les synonymes Ovis gmelini ou Ovis ammon (impropre). La sous-espèce est désignée sous le nom de Ovis aries/orientalis musimon[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Cette sous-espèce est endémique à la Corse et à la Sardaigne. Ces mouflons vivent dans les montagnes, notamment dans les réserves du Cinto et de Bavella.

Classification[modifier | modifier le code]

Selon François Poplin, en 1979[3], repris par Vigne en 1992, l'espèce n'était pas présente en Corse avant le Néolithique et le Mouflon corse devrait donc être considéré comme un mouton (domestiqué à partir de deux sous-espèces de mouflon occidental) apporté par des éleveurs en Corse et en Sardaigne puis retourné à l'état sauvage[4] (processus de marronnage). Il aurait ainsi réacquis un phénotype plus proche de ses lointains cousins sauvages.

En outre, le genre Ovis a fait l'objet en Méditerranée de nombreuses hybridations entre souches autochtones et allochtones ce qui a extrêmement compliqué une taxonomie qui devrait ne reconnaître finalement qu'une seule espèce avec des variétés Argali et « issue d'Argali » d'une part et des variétés « domestiques » et issue de domestique d'autre part[réf. nécessaire].

Relations avec l'espèce humaine[modifier | modifier le code]

Femelles lors de l'alimentation matinale (Bocca Innominata, en haut du refuge Carrozzu, Corse du Nord, 1860 m).

Introductions[modifier | modifier le code]

L'animal a été introduit dans les Pyrénées-Orientales et le Massif central du XIXe siècle aux années 1970. Il s'est très bien acclimaté en particulier dans le massif du Carlit et alentours (partie orientale de la chaîne) ainsi que sur le Mont Caroux, où la chasse est autorisée.

Les mouflons ont été introduits dans les Alpes-Maritimes au XIXe siècle puis en 1949, avec succès puisqu'ils y sont aujourd'hui beaucoup plus nombreux (une dizaine de milliers) qu'en Corse.

Ils ont également été introduits depuis les années 1980 avec succès dans le Marquenterre à proximité de la baie de Somme. Il a également été introduit en Belgique, dans les forêts de la moyenne Semois, où l'on compte plusieurs groupes aux environs de Herbeumont et Sainte-Cécile notamment[5].

L'animal a été introduit dans les années 1960 à Hawaï, où il a proliféré, causant des dégâts environnementaux non négligeables, et s'hybridant parfois avec des moutons domestiques[6].

Il a enfin été introduit avec succès à Tenerife (îles Canaries).

En 1957, un couple a été introduit sur l'île Haute, une petite île de l'archipel des îles Kerguelen. L'objectif était de fournir aux scientifiques vivant sur l'archipel des animaux pour la chasse. Malgré la petite taille de l'île Haute (6,5 km²) et l'extrême consanguinité originelle (2 reproducteurs), la harde a connu une forte expansion, et vu sa population osciller selon les années entre 250 et 700 animaux. En 2012, la population de mouflons a été éradiquée afin de protéger la flore indigène rare.

Finalement, le mouflon Corse apparaît comme un animal extrêmement adaptable et prolifique, pouvant vivre autant dans des climats chauds, subtropicaux (Hawaï) ou méditerranéens (Corse) que dans des climats relativement froids (îles Kerguelen où la température descend cependant rarement en dessous de 0 °C).

Protection[modifier | modifier le code]

Actuellement, la population sauvage est estimée à environ 500 individus[réf. nécessaire].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ICZN (International Commission on Zoological Nomenclature) opinion 2027
  2. Synonymes invalides : Ovis musimon, corsicosardinensis, corsica, europaea, faidherbi, lartetiana, matschiei, occidentalis, occidentosardinensis, rouvieri, sinesella.
  3. François Poplin, « Origine du Mouflon de Corse dans une nouvelle perspective paléontologique : par marronnage », Annales de génétique et de sélection animale, BioMed Central, vol. 11, no 2,‎ , p. 133-143 (lire en ligne)
  4. Jean Guilaine, Caïn, Abel, Ötzi : L'héritage néolithique, Gallimard, , 284 p. (ISBN 978-2-07-013238-6), chap. 7 (« Alimentation et autres usages »), p. 173.
  5. entre ferme & forêt - Le plan du Parc animalier
  6. Controlling Wild Sheep and Deer on Conservation Lands in Hawai‘i - Position Paper 2007-01 - rapport établis par la Hawai‘i Conservation Alliance.