Miran

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Le stupa M.III. à Miran vu depuis le côté Ouest
Peinture de l'ancien stūpa. Couleurs sur enduit. Miran. Élément détaché, conservé à New Delhi, Archaeological Survey of India


Miran est une ancienne ville d'oasis sur la branche de la Route de la soie qui contournait le désert du Taklamakan par le sud.. Elle est située sur le bord sud du désert du Taklamakan, actuellement au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Cette route était située au sud du Lob Nor et entre Cherchen (Qiemo) et Dunhuang. D'un autre point de vue : au moment où le désert du Lop Nor rencontre les montagnes de l'Altyn-Tagh. Il y a deux mille ans, une rivière coulait de la montagne et Miran disposait d'un système d'irrigation sophistiqué. Maintenant, la région est peu peuplée et poussiéreuse avec de mauvaises routes et un transport minimal[1]. Les fouilles archéologiques depuis le début du XXe siècle ont révélé un vaste site monastique bouddhiste qui existait entre les IIe et Ve siècle de notre ère, ainsi que le fort de Miran, une colonie tibétaine utilisée au cours des VIIIe – IXe siècle de notre ère.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, Miran était un centre de commerce actif sur la partie sud de la Route de la Soie, après que la route se soit divisée en deux (la route du Nord et la route du Sud), car les caravanes des marchands cherchaient à éviter de traverser le désert (appelé par les Chinois "La Mer de la Mort") et le bassin du Tarim. Ils se déplaçaient sur le bord Nord ou Sud. C'était aussi un centre prospère du bouddhisme avec de nombreux monastères et stupas[2],[3],[4]. Les bouddhistes dévots devaient effectuer une circumambulation autour des stupas circulaires qui étaient alors recouverts et dont le pilier central contenait des reliques du Bouddha[5].

Miran était l'une des plus petites villes de Kroraina (également connue sous le nom de Loulan), qui est tombée sous le contrôle de la dynastie Han au troisième siècle avant notre ère[6]. Mais au second siècle de notre ère, l'Empire kouchan qui étendait son pouvoir depuis lune partie de l'Inde du Nord-ouest, sur le Gandhara et la Bactriane étendait aussi son inflence jusque sur cette Kroraina, au moment de pleine expansion du Bouddhisme dans ces régions. Après le quatrième siècle, cette plaque commerciale a perdu de son importance. Au milieu du VIIIe siècle, Miran est redevenue une ville importante en raison de son emplacement à l'embouchure d'un passage sur l'une des routes vers le Tibet. C'est là que les forces tibétaines ont renversé l'armée chinoise qui s'est retirée pour faire face aux rebelles en Chine centrale. Les Tibétains sont restés là, en utilisant l'ancien système d'irrigation, jusqu'à ce que l'Empire tibétain ait perdu ses territoires en Asie centrale vers le milieu du neuvième siècle[1].

Le site archéologique[modifier | modifier le code]

Les ruines de Miran se composent d'un grand fort rectangulaire, d'un monastère («le Vihara» dans les écrits de Aurel Stein), de plusieurs stupas et de nombreuses constructions de briques séchées au soleil, situées relativement près de l'ancienne route caravanière de Dunhuang, orientée Ouest - Est. Les nombreux artefacts trouvés à Miran démontrent les liens commerciaux et culturels étendus que ces villes anciennes ont eu avec des régions aussi éloignées que la Méditerranée. Les témoins archéologiques de Miran montrent l'influence du bouddhisme sur le travail artistique dès le premier siècle avant l'ère commune[7]. Les premières sculptures bouddhistes et les peintures murales découvertes sur le site montrent des similitudes stylistiques avec les traditions de l'Asie centrale et de l'Inde du Nord[8] et d'autres aspects artistiques des peintures trouvées suggèrent que Miran avait un lien plus ou moins direct avec Rome ou ses provinces, comme on le trouve aussi dans l'art du Gandhara (aussi dénommé Art gréco-bouddhique par certains auteurs) correspondant à l'époque de l'expansion du bouddhisme sous l'Empire kouchan précisément avec la construction des principaux édifices bouddhiques de Miran. Ce style romanisé (?) des fresques est censé être le travail d'un peintre bouddhiste connu sous le nom de Tita - faut-il, pour autant, lire "Titus" ? Plusieurs objets ont été trouvés sur le site de Miran, y compris des arcs et des flèches[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Miran (Xinjiang) » (voir la liste des auteurs).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Susan Whitfield et Ursula Sims-Williams, 2004, p. 188-189.
  2. Susan Whitfield et Ursula Sims-Williams, 2004, p. 188-189
  3. Christoph Baumer, 2000
  4. John E. Hill, 2009.
  5. (en) Valerie Hansen, The Silk Road : a new history, Oxford University Press, , XI et 304 p., 25 cm. (ISBN 978-0-19-515931-8)
  6. Susan Whitfield et Ursula Sims-Williams, 2004, p. 188-189 ; Christoph Baumer, 2000.
  7. (en) H. A. van Oort, The Iconography of Chinese Buddhism in Traditional China : Han to Liao, vol. 1, Brill, , XLVIII p. de planches et VIII-27 p., 26 (ISBN 90-04-07821-5).
  8. (en) Jason Neelis, « Virtual Art Exhibit : Trade Routes of the Silk Road », sur depts.washington.edu (consulté le 23 juillet 2017).
  9. (en) Andrew Hall and Jack Farrell, « Bows and Arrows from Miran, China », sur atarn.org, 2008 ? (consulté le 23 juillet 2017), à l'origine publié dans The Society of Archer-Antiquaries, 2008, vol. 51, pp. 89-98.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Hambis, Monique Maillard, Krishnā Riboud, Simone Gaulier, Robert Jera-Bezard et Laure Feugère, L'Asie Centrale, histoire et civilisation, Paris, Imprimerie Nationale, , 271 p..
  • Mario Bussagli (trad. Isabelle Robinet), La peinture de l'Asie centrale. De l'Afghanistan au Sinkiang , Genève et Paris, Skira et Flammarion, , 135 p. Première édition Skira 1963. Une étude de la peinture de Miran, pages 19-29.
  • Gilles Béghin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions, , 415 p. (ISBN 978-2-271-06812-5) Le bassin du Tarim fait l'objet d'une partie, une vue d'ensemble actualisée, pages 227-245. Les peintures du IIIe siècle des deux stūpa peints de Miran sont présentées et commentées dans leur contexte culturel.
  • (en) Susan Whitfield et Ursula Sims-Williams, The Silk Road: Trade, Travel, War and Faith, Londres, British Library, , 366 p. : ill., cartes p., 30 cm (ISBN 0-7123-4858-1 et 0-7123-4854-9, lire en ligne)
  • (en) Christoph Baumer, Southern silk road : in the footsteps of Sir Aurel Stein and Sven Hedin, Bangkok, Orchid Press, , XII et 152 p., 23 cm. (ISBN 974-8304-38-8 et 974-8304-39-6)
  • (en) John E. Hill, Through the Jade Gate to Rome : A Study of the Silk Routes during the Later Han Dynasty, 1st to 2nd Centuries CE : an annotated translation of the chronicle on the 'Western Regions' in the Hou Hanshu, Charleston, South Carolina, BookSurge, , XXII et 689 p., 26 cm. (ISBN 978-1-4392-2134-1), p. 89-90, 93, 98, 137, 269

Articles connexes[modifier | modifier le code]