Maxime Gaucher

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Maxime Gaucher
Maxime Gaucher groupe.jpg
Maxime Gaucher entouré d'élèves, lieu et date inconnus.
Biographie
Naissance

23 janvier 1829

Mory, auj. Mitry-Mory
Mitry-MoryVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Distinction

Maxime Abel Gaucher (Mory, auj. Mitry-Mory, - Bessancourt, ), est un ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, professeur de rhétorique au lycée Condorcet et critique littéraire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu son agrégation de lettres en 1852 à l'École normale supérieure de Paris, Maxime Gaucher mène une brillante carrière d'enseignant comme professeur de rhétorique. Après avoir enseigné aux lycées de Saint-Brieuc, Brest, Caen, il est nommé en 1860 au lycée Condorcet (alors lycée Bonaparte) et obtient la classe de rhétorique (qui correspond aujourd'hui à la classe de première) en 1864. Il collabore, dans les années 1870 et 1880, à la Revue Bleue[1] où il publie des critiques sur l'actualité littéraire de son temps, ce qui lui donne une certaine aisance parmi ses collègues et lui assure une liberté de parole remarquée. Julien Girard, proviseur, dira : « Esprit très ouvert, critique pénétrant. Du goût, de la finesse. Ne prend pas toujours les choses au sérieux, et n'évite pas assez l'ironie qui froisse les élèves. ». Mais en 1888, il ne peut finir le troisième trimestre, il est remplacé par Dupré, et meurt le [2].

Maxime Gaucher et Marcel Proust[modifier | modifier le code]

Maxime Gaucher trouve Marcel Proust dans sa classe de rhétorique à l'automne 1887. Le jeune adolescent l'impressionne beaucoup et il exploite les dons littéraires qui s'affirment déjà chez son élève. Il prend l'habitude de lui faire lire à la classe ses dissertations[3]. Pierre Lavallée, condisciple de Proust, relate le fait : « Je vois encore et j’entends Marcel Proust lisant à haute voix ses copies, et l’excellent, le charmant M. Gaucher commentant, critiquant, puis tout à coup pris de fou rire devant des audaces de style qui au fond le ravissaient. Ce fut la gloire de ses derniers jours d’avoir découvert parmi ses élèves un écrivain-né. »[4].

Marcel Proust aurait dépeint Maxime Gaucher dans Jean Santeuil sous les traits du personnage Rustinlor campé dans le rôle de l’initiateur littéraire du héros lycéen et s’amusant à le mystifier. Un passage de Jean Santeuil repris et modifié pour À la recherche du temps perdu montre l'importance qu'a pu avoir, au même titre qu'Alphonse Darlu, l'influence des idées de Gaucher chez Proust[5], une étude fouillée de cet aspect a été faite par Pyra Wyse[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Ferré (Op. cit., p. 179) mentionne aussi que Gaucher « signait le bulletin critique de la Revue littéraire », et Jean-Yves Tadié, reprend cette information (Marcel Proust, Gallimard, coll. « Biographies », 1996, p. 90). Or nous n’avons trouvé aucune trace du moindre article de Gaucher dans d’autres revues que la Revue bleue. N’y aurait-il pas ici une confusion avec le second titre de la Revue bleue, la Revue politique et littéraire, ou avec le titre coutumier utilisé pour se référer à une colonne d’un auteur, sa « revue littéraire » ? (note de Pyra Wyse).
  2. Source biographique : André Ferré, Les Années de collège de Marcel Proust, Gallimard, 1954, pp:177-192.
  3. Lettre à Robert Dreyfus, citée dans Les Années de Collège... : « J'ai fait des devoirs qui n'en avaient pas du tout l'air [...] la conséquence en a été que j'ai mis la guerre dans la classe, que je me suis fait passer auprès de quelques-uns pour un poseur. [...] Pendant quelques mois, j'ai lu en classe tous mes devoirs de français, on me huait et on m'applaudissait. Sans Gaucher j'aurais été écharpé. ».
  4. Pierre Lavallée, cité par Philip Kolb, Proust, correspondance générale, t. I, p. 109, note 7.
  5. Sachons-le du moins, c’est à M. Gaucher, c’est à lui personnellement que nous devons le goût des choses littéraires, […] L’influence de ce maître parfait est venue de sa nature propre et non d’un système d’éducation qui puisse se transmettre Paul Desjardins « Maxime Gaucher – Souvenirs », La Revue bleue, 10 novembre 1888, page 585.
  6. Pyra Wise, « Une source négligée de la boutade de Gautier sur Racine : Maxime Gaucher, un professeur de Marcel Proust au Lycée Condorcet », sur le site Item, [lire en ligne] Mis en ligne le: 06 janvier 2011.

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