École nationale supérieure de la Police

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École nationale supérieure de la Police
Informations
Fondation 1941
Type Grande école (EPA)
Localisation
Ville Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Grand Lyon)
Pays Drapeau de la France France
Campus Lyon (Rhône) : commissaires
Cannes-Écluse (Seine-et-Marne) : officiers
Direction
Directeur Inspecteur général Hélène Martini
Chiffres clés
Diplômés/an 70
Divers
Site web http://www.ensp.interieur.gouv.fr/
Le bâtiment principal de l'E.N.S.P. à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, Rhône.
Élèves-commissaires défilant sur les Champs-Élysées le .
L'écharpe tricolore de commissaire de police.

L'École nationale supérieure de la Police (ENSP) est un établissement d'enseignement supérieur français de la Police nationale qui forme les commissaires de police et les officiers de police. Elle dispose de deux sites situés à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, dans le Grand Lyon (Rhône), et à Cannes-Écluse en Seine-et-Marne.

Établissement public à caractère administratif rattaché directement à la direction générale de la Police nationale, l'ENSP assure la formation initiale et continue des cadres de la Police nationale mais aussi de cadres supérieurs de police de pays étrangers partenaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ENSP a été créée par la législation de l’État français du et maintenue par le gouvernement provisoire de la République française à la Libération[1]. Le décret du a modifié l'organisation de l'École nationale supérieure de la Police. Il transfère les activités de l'ENSOP (École nationale supérieure des officiers de police), organisme sans personnalité juridique rattaché à l'administration centrale du ministère de l'Intérieur à l'ENSP qui, jusqu'à présent, ne formait que les commissaires de police. L'ENSP devient ainsi l'établissement public unique chargé de la formation des commissaires et des officiers de police.

Le serment des commissaires[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, le major de promotion recevant l'épée jure au nom de ses camarades « d'assumer fidèlement les devoirs et responsabilités du commissaire de police, de fonder [son] action sur la Constitution, les lois et règlements, le code de déontologie de la police et de la gendarmerie nationales, dans le respect absolu des personnes ; de servir [son] pays, de protéger les libertés et de défendre les institutions de la République, avec intégrité, impartialité, dignité et loyauté. »

Recrutement[modifier | modifier le code]

Il existe quatre voies d'accès au corps des commissaires de police.

Le concours externe[modifier | modifier le code]

Il représente 50 % d'une promotion d'élèves commissaires (24 postes en 2014, 26 en 2015), et est ouvert aux candidats de nationalité française ayant obtenu un master (niveau Bac+5) âgés de 35 ans au plus l'année du concours.

Le concours interne[modifier | modifier le code]

Il représente 20 % d'une promotion (dix postes en 2014, dix en 2015) et est ouvert aux agents de la fonction publique et aux militaires comptant quatre années de titularisation et âgés de 44 ans au plus l'année du concours.

Les épreuves des concours externe et interne se déclinent en deux phases :

Épreuves d'admissibilité (écrites)
  • dissertation de culture générale ;
  • rédaction d'une note de synthèse ;
  • épreuve de droit public ;
  • épreuve de droit pénal général et procédure pénale ;
  • une épreuve obligatoire à option ;
  • tests psychologiques.
Épreuves d'admission (orales)
  • entretien d'évaluation ;
  • deux interrogations obligatoires à option ;
  • épreuve de langue étrangère ;
  • épreuve d'exercices physiques.

La voie d'accès professionnelle (VAP)[modifier | modifier le code]

Représentant 25 % d'une promotion (douze postes en 2014, treize en 2015), ce nouveau dispositif est ouvert aux fonctionnaires du corps de commandement ayant au moins le grade de capitaine, comptant au moins deux ans d'ancienneté dans ce grade et âgés de 50 ans au plus au 1er janvier de l'année de leur recrutement.

Le recrutement au choix[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un recrutement opéré sur proposition d'une commission spéciale de sélection (deux postes en 2014, trois en 2015), ouvert aux commandants de police ayant deux ans de service effectif dans leur grade au 1er janvier de l'année de leur recrutement et âgés de 38 ans au moins et 50 ans au plus à cette date.

La scolarité[modifier | modifier le code]

L'ENSP étant une École de la fonction publique, les élèves sont rémunérés pendant leur scolarité mais s'engagent en contrepartie à rester au service de l'État pendant une durée minimale de sept ans. La période de formation à l'ENSP dure vingt-quatre mois. Après une première année passée en grande partie à l'école, les élèves-commissaires sont nommés commissaires-stagiaires et obtiennent la qualité d'officier de police judiciaire.

La rémunération mensuelle nette des élèves-commissaires externes à la fonction publique s'élève à 1 441,83 euros (montant au ). La rémunération mensuelle nette des commissaires stagiaires s'élève à 1 923,69 euros (montant au ). La rémunération des élèves-commissaires et commissaires stagiaires issus de la fonction publique (concours internes) dépend de l'indice de chacun. Elle est réglementée par le décret no 2013-1270 du portant création d'une indemnité compensatoire pouvant être allouée à certains fonctionnaires admis en qualité d'élève en formation initiale à l'ENSP.

La formation, réformée au , alterne cours théoriques et période de stages dans les différents services de police. Les commissaires stagiaires qui ont donné satisfaction et remplissant les critères réglementaires sont titularisés en tant que commissaires de police à l'issue de la période de formation initiale. Un classement de fin de scolarité est établi afin de répartir les postes à pourvoir entre les nouveaux commissaires qui seront nommés par décret du Président de la République. La grande majorité des postes de sortie d'école se trouve proposée par la direction centrale de la Sécurité publique.

Une fois affectés sur leur premier poste, les jeunes commissaires de police sont tenus d'attendre une durée minimale de deux ans avant d'envisager une mutation.

Partenariat[modifier | modifier le code]

L'École nationale supérieure de la Police propose, avec l'Université Jean Moulin-Lyon III, une formation professionnelle de troisième cycle universitaire dans le champ de la sécurité intérieure (master « droit de la sécurité intérieure ») à des étudiants et à des professionnels n'appartenant pas à la fonction publique d'État.

De plus, elle organise des sessions et des rencontres interprofessionnelles avec d'autres écoles du service public français et accueille pour des formations spécialisées d'autres personnels de la Police nationale ou d'administrations partenaires.

Dans le cadre de la formation continue (désormais appelée « formation tout au long de la vie », indissociable de la formation initiale), elle reçoit régulièrement, pour des stages obligatoires ou facultatifs, les commissaires de police en activité, depuis le premier « retour de promotion » deux ans après la sortie d'école, jusqu'aux commissaires divisionnaires titulaires d'emplois supérieurs (contrôleurs généraux ou inspecteurs généraux de la Police nationale).

Dans ses locaux se tiennent également des séminaires, colloques et rencontres internationaux de haut niveau réunissant des spécialistes policiers du monde entier sur des thèmes techniques.

Carrière[modifier | modifier le code]

Au bout de neuf années, les commissaires de police peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour accéder au grade de commissaire divisionnaire de police. Dans la pratique, la durée moyenne d'accès au grade de commissaire divisionnaire est de quinze ans. Ces derniers peuvent alors accéder aux emplois de contrôleurs généraux (2*), d'inspecteurs généraux (3*), de directeurs des services actifs, DISA (4*). Le grade sommital est celui de directeur général de la Police nationale, DGPN (5*). Ce dernier est un préfet, mais il peut être commissaire de police de formation (cas du directeur général de la Police nationale Jean-Marc Falcone, qui a exercé la fonction de commissaire de police entre 1979 et 1990).

Égalité des chances au sein de l'École[modifier | modifier le code]

Créée en , la classe préparatoire intégrée de l'ENSP, dite CPI, a commencé fin son quatrième cycle de préparation au concours externe de commissaire de police.

Le premier cycle préparatoire, qui était une préfiguration expérimentale, a permis à six des douze élèves présentés au concours de commissaire (sur 2 072 candidats inscrits) d'être admissibles et à quatre autres de l'être au concours d’officier (sur 3 146 candidats inscrits). Le deux élèves admis au concours ont rejoint Saint-Cyr-au-Mont-d'Or pour intégrer la 58e promotion d’élèves commissaires.

En , huit élèves sur les douze de la première classe préparatoire avaient réussi un concours de la fonction publique de catégorie A ou B.

La seconde classe préparatoire a suivi la préparation, d' à  : à nouveau, deux élèves ont été admis au concours de commissaire de police et une au concours d'officier de police. Quatre autres élèves ont été reçus à différents concours de la fonction publique.

Sélectionnés parmi vingt-quatre candidats, onze élèves ont bénéficié en 2007 de ce dispositif d’égalité des chances qui vise à faciliter l'accès aux concours de commissaire et à tous les concours de la fonction publique ouverts aux titulaires d'un master II. Ces diplômés, issus de milieux sociaux défavorisés, répondent tous aux critères d'inscriptions communs à tous les candidats.

Une convention de partenariat a été signée avec l'Institut d’études judiciaires de l'Université Lyon III permettant aux élèves de suivre les enseignements dispensés par cet Institut dans le cadre de sa préparation au concours de commissaire.

Durant cette préparation qui dure environ huit mois d'octobre à fin mai, les élèves bénéficient de la logistique de l'école, reçoivent un enseignement spécifique et sont suivis personnellement par des responsables pédagogiques, commissaires formateurs retraités, travaillant dans le cadre de la réserve civile.

Les promotions de commissaires de police[modifier | modifier le code]

Il est de tradition dans le courant de leur deuxième année de formation, que les commissaires stagiaires choisissent un nom de baptême pour leur promotion, appelé « éponyme ». Depuis la Libération, les noms de promotion rendent hommage à des victimes du devoir, de grands policiers, dirigeants ou collaborateurs de l'institution, à des valeurs policières, des notions ou des événements historiques.

Promotions issues de l'école nationale supérieure de la Police :

Promotions formées durant le Régime de Vichy[2]

  • 1941 - 1re promotion : Pétain
  • 1942 - 2e promotion : Jean Chiappe
  • 1943 - 3e promotion : Gaston Carrère
  • 1944 - 4e promotion : Benoît

Promotions formées après la refondation républicaine de l'école[3]

  • 1944 - 5e promotion : Libération I ( - )
  • 1945 - 6e promotion : Libération II ( - )
  • 1955-1956 - 7e promotion : Marc Juge (commissaire de police, résistant, fusillé en à Clermont-Ferrand)
  • 1956-1957 - 8e promotion : Jean Raison (commissaire, résistant, déporté et fusillé au Struthof le )
  • 1957-1958 - 9e promotion : Jean Philippe (commissaire, résistant, fusillé à Karlsruhe le . Le titre de « Juste parmi les Nations » lui a été décerné par l'institut Yad Vashem en 1995)
  • 1958-1959 - 10e promotion : Bernard Levet (commissaire victime du devoir, mort en 1959 dans un attentat en Algérie)
  • 1959-1960 - 11e promotion : Union
  • 1960-1961 - 12e promotion : Fidélité
  • 1961-1962 - 13e promotion : Coopération
  • 1962-1963 - 14e promotion : Servir
  • 1963-1964 - 15e promotion : Célestin Hennion (commissaire de police, préfet de police)
  • 1964-1965 - 16e promotion : Jules Sébille (commissaire, premier directeur de la future police judiciaire)
  • 1965-1966 - 17e promotion : Maurice Gallibert (commissaire victime du devoir en 1966)
  • 1966-1967 - 18e promotion : Edmond Locard (fondateur du premier laboratoire de police scientifique à Lyon en 1910 et créateur de la criminalistique)
  • 1967-1968 - 19e promotion : René Lacroix (commissaire victime du devoir, mort à Lyon du fait des évènements de mai 1968)
  • 1968-1969 - 20e promotion : Marcel Rieu
  • 1969-1970 - 21e promotion : Émile Julliard (commissaire, résistant, déporté)
  • 1970-1972 - 22e promotion : Georges Clemenceau
  • 1971-1973 - 23e promotion : Mathieu Rutali (résistant, commissaire victime du devoir, mort à Golbey le sous les balles d'un gangster corse)
  • 1972-1974 - 24e promotion : Henri Brun
  • 1973-1975 - 25e promotion : Nicolas de la Reynie (Lieutenant général de police à Paris)
  • 1974-1976 - 26e promotion : Nicolas de La Mare (procureur, commissaire)
  • 1975-1977 - 27e promotion : René Joubert (commissaire victime du devoir, assassiné par l'OAS en )
  • 1976-1978 - 28e promotion : Alexandre Lacassagne
  • 1977-1979 - 29e promotion : Jean-Claude Guellec
  • 1978-1980 - 30e promotion : Antoine Biancardini (commissaire mort en service en 1979 à Marseille)[4]
  • 1979-1981 - 31e promotion : Maurice Boyé (commissaire mort en service)
  • 1980-1982 - 32e promotion : Louis Lépine
  • 1981-1983 - 33e promotion : Christian Deladrière (élève commissaire)
  • 1982-1984 - 34e promotion : Fernand Chaudières (commissaire mort en service en 1982)
  • 1983-1985 - 35e promotion : Antoine Becker (commissaire déporté)
  • 1984-1986 - 36e promotion : Bertrand Jutge (commissaire mort en service en 1985)
  • 1985-1987 - 37e promotion : Michel Baroin (commissaire, sous-préfet)
  • 1986-1988 - 38e promotion : Jean-Claude Favre (commissaire, résistant)
  • 1987-1989 - 39e promotion : Bicentenaire de la Révolution
  • 1988-1990 - 40e promotion : Christian Caron (victime du devoir, membre du RAID tué en 1989 à Ris-Orangis en tentant de maîtriser un forcené, il a inspiré à Olivier Marchal le personnage d'Eddy Valence dans son film 36 quai des Orfèvres)
  • 1989-1991 - 41e promotion : Jean Monnet
  • 1990-1992 - 42e promotion : Patrick Casassus (commissaire, mort en service en 1991 à Lyon (69))[5]
  • 1991-1993 - 43e promotion : Jean Moulin
  • 1992-1994 - 44e promotion : Antoine de Saint-Exupéry
  • 1993-1995 - 45e promotion : Michel Hacq (commissaire, résistant)
  • 1994-1996 - 46e promotion : Charles de Gaulle
  • 1995-1997 - 47e promotion : André Malraux
  • 1996-1998 - 48e promotion : Arsène Grosdemange (commissaire, résistant)
  • 1997-1999 - 49e promotion : Montesquieu
  • 1998-2000 - 50e promotion : République
  • 1999-2001 - 51e promotion : Jean Montreuil
  • 2000-2002 - 52e promotion : Aux victimes du devoir
  • 2001-2003 - 53e promotion : Edmond Dubent (commissaire de police parisien qui s'est illustré au sein de la résistance française[6], mort au camp de Nordhausen le )
  • 2002-2004 - 54e promotion : Claude Érignac
  • 2003-2005 - 55e promotion : Marianne
  • 2004-2006 - 56e promotion : Georges Mandel (résistant)
  • 2005-2007 - 57e promotion : Édouard Vigneron (commissaire de police, chef du service des étrangers à Nancy durant la seconde guerre mondiale, il a favorisé la fuite des Juifs étrangers lors de la Rafle manquée de Nancy. Arrêté en , il est alors démis de ses fonctions puis emprisonné. Il est récipiendaire à titre posthume de la médaille des Justes parmi les nations de l'Institut Yad Vashem)
  • 2006-2008 - 58e promotion : Achille Peretti (commissaire, résistant, préfet)
  • 2007-2009 - 59e promotion : Germaine Tillion (résistante, Grand croix de la Légion d'honneur)
  • 2008-2010 - 60e promotion : Maurice Grimaud (Préfet de police en )
  • 2009-2011 - 61e promotion : Pierre Bourgoin (commissaire, compagnon de la Libération)
  • 2010-2012 - 62e promotion : Roger Wybot (nom de résistant de Roger-Paul Warin, créateur de la direction de la Surveillance du territoire dont il a été le premier directeur de 1944 à 1958)
  • 2011-2013 - 63e promotion : Albert Camus
  • 2012-2014 - 64e promotion : Quai des Orfèvres (en référence au 36, quai des Orfèvres, siège historique de la direction régionale de la police judiciaire de Paris)
  • 2013-2015 - 65e promotion : Henri Castaing (commissaire, résistant, directeur de la police judiciaire de 1952 à 1958)
  • 2014-2016 - 66e promotion : Philippe Massoni (commissaire, préfet de police de 1993 à 2001)
  • 2015-2017 - 67e promotion : Liberté

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Berlière, la loi du portant organisation générale des services de police en France
  2. Jean-Marc Berlière et René Lévy, Histoire des polices en France : De l'ancien régime à nos jours, nouveau monde poche,‎ , 864 p. (ISBN 978-2-36583-379-0), p. 441
  3. Liste chronologique des promotions de l'École nationale supérieure de police sur http://www.sfhp.fr
  4. Page dédiée sur la base nominative et circonstanciée des policiers français morts en service, http://policehommage.blogspot.fr/1979/06/antoine-biancardini-csp-marseille-13.html
  5. Page dédiée sur la base nominative et circonstanciée des policiers français morts en service, http://policehommage.blogspot.fr/1991/07/patrick-casassus-csp-lyon-69.html
  6. Discours du Ministre à l'occasion de la sortie de promotion

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]