Marae de Taputapuātea

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Marae de Taputapuātea *
Vue d'ensemble du marae.
Vue d'ensemble du marae.
Coordonnées 16° 50′ 15″ sud, 151° 21′ 32″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Subdivision Polynésie française
Type Culturel
Critères (ii) (iv) (vi)
Superficie 2 124 ha
Zone tampon 3 363 ha
Numéro
d’identification
1529
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 2017 (41e session)

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Marae de Taputapuātea
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le marae de Taputapuātea est un marae situé à Taputapuatea, sur l'île de Raiatea, en Polynésie française. Il s'agit du plus vaste de toute la Polynésie. Le site abrite plusieurs structures en pierre et était considéré autrefois comme le temple central et le centre religieux de la Polynésie orientale.

Inscrit depuis 2010 sur la liste indicative française du patrimoine mondial, le site a été proposé par la France à l'examen du Comité du Patrimoine mondial en 2017, en vue d'une inscription effective sur la liste du patrimoine mondial[1].

Le 9 juillet 2017, l'UNESCO annonce l'admission du marae au Patrimoine mondial .

Histoire[modifier | modifier le code]

L'aire sacrée du Cap Matahira-i-te-ra'i est appellée Te Po, où les dieux résident. Le marae originel était dédié à Ta'aroa, finalement le dieu 'Oro, dieu de la vie et la mort a été adoré à la place de Ta'aroa. Selon la légende, le descendant de 'Oro, Hiro, a construit le marae en lui donnant le nom de Taputapuea, "Les sacrifices lointains". Le tambour Ta'imoana était utilisé pendant les sacrifices humains. La pierre blanche Te Papatea-o-Ru'ea sur la plage environnante était utilisée pour consacrer les chefs de Ra'iatea avec la ceinture aux plumes rouges maro'ura. L'image de 1m50 du dieu était appellée 'Oro-maro-'ura, 'Oro de la ceinture aux plumes rouges. Taputapuatea est devenu le centre d'un réseau de voyageurs au fur et à mesure que la vénération de 'Oro s'est répandu.

Le marae était déjà établi en 1000 A.C. avec une expansion significative après. Le marae était un lieu d'apprentissage où les prêtres et navigateurs de tout le pacifique se réunissaient pour offrir des sacrifices aux dieux et pour partager leur savoir sur l'origine genealogique de l'univers, mais aussi de la navigation profonde des océans.

Une alliance appellée Ti'ahuauatea a été établie avec les îles environnantes, à l'ouest notamment Te Aotea et à l'est notamment Te Aouri. L'alliance incluait également les îles Cook, les Australes, l'île Kapukapuakea à Hawaii et Taputapuatea en Nouvelle-Zélande. Nouveaux marae ont été établis dans chacune de ces îles avec une pierre prise de Taputapuatea, Raiatea en guise de lien spirituel. Prêtres de 'Oro se sont réunis ici périodiquement.

Cependant l'alliance a été brisée quand des combats ont éclaté lors d'une réunion et les deux plus hauts prêtres réprésentant l'alliance ont fini tués. Le peuple de Ao-tea s'est échappé de l'île via le passage de corail de Te Ava-rua et non pas le passage sacré de Te Ava-mo'a, ce qui était considéré comme mauvais augur. Un essai de réparer cette situation a été réalisé en 1995.

Autour de 1763, des guerriers de Borabora ont attaqué l'île, donnant une défaite à Tupaia, ils ont saccagé l'île. Ceci a inclut la destruction des maisons des dieux à Taputapuatea, abîmant la plateforme et en coupant les arbres servant d'abri.

James Cook, Joseph Banks, Dr. Daniel Solander et Tupaia sont arrivés dans l'île à bord du Endeavour le 20 Juillet 1769 pour prendre possession de Raiatea, Taha'a, Huahine et Borabora en nom du roi George III du Royaume Uni. Ceci a été interprété comme la réalisation d'une prophétie faite par le magicien-prêtre Vaita, selon laquelle des nouveaux gens viendraient à bord un bateau sans un outrigger pour prendre possession des îles.

Recherche et restauration[modifier | modifier le code]

Quand Te Rangi Hiroa a visité Taputapuatea en 1929 il a été abasourdi par l'état pitieux dans lequel il a trouvé le grand marae. Il a écrit :

J'ai fait mon pelerinage vers Taputapu-atea, mais les morts ne pouvaient pas me parler. C'était triste au point des larmes. J'ai senti un profond regret, un regret pour - je ne sais quoi. C'était pour le battement des tambours ou pour les cris des gens lorsque le roi était consacré ? C'était-il pour les sacrifices humains des temps lointains ? Ce n'était pour aucune de ces raisons individuellement mais pour quelque chose derrière elles, un esprit vivant et le courage divin qui a existé dans ces temps anciens, desquels Taputapu-atea n'est qu'un symbole muet. C'est quelque chose que nous les polynésiens avons perdu et ne pouvons plus trouver, quelque chose que nous aspirons mais que pouvons pas recréer. L'arrière-plan dans lequel cet esprit a été mis en danger est changé à jamais. Le vent sombre de l'oubli a enveloppé Opoa. Des mauvaises herbes étrangères poussent sur le patio abandonné, les pierres tombées de l'altar sacré de Taputapu-atea. Les dieux longtemps partis.

Les restes archéologiques du marae de Taputapuatea ont été restaurés en 1994 et le travail pour préserver le site continue.

L'association culturelle Na Papa E Va'u Raiatea est une association formée par le peuple de Opoa agissant pour la préservation du marae. Grâce à leur travail, le marae est listé comme patrimoine mondial de l'UNESCO depuis Juillet 9 2017. L'association est en train de recréer et ranimer les liens et tissus entre les communautés du triangle polynésien et sur toute la région pacifique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]