Djwal Khul

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Djwal Khôl (appelé aussi le tibétain, Djwhal Khôl, Djwal Kûl, ou souvent D.K.[1]) est dans les milieux liés à la Société théosophique un maître de sagesse (« mahatma »), il a « inspiré » l'œuvre d'Alice Bailey par télépathie[2]. La réalité historique du personnage n'a jamais été prouvée, elle est souvent mise en doute.

Apparition du nom dans la littérature théosophique[modifier | modifier le code]

Considéré par les adeptes d'Alice Bailey comme l'inspirateur direct des ouvrages de cette écrivaine, le patronyme de Djwal Khul apparaît dans un ouvrage posthume d'A.P. Sinnett publié en 1923 : les Lettres des Mahatmahs . Qu'elles aient été écrites soit par des « Maîtres de Sagesse » et adressées à Sinnett comme l'affirment les adeptes théosophes, ou qu'elles aient été écrites par Sinnett lui-même, ces lettres ont été rédigées entre 1880 et 1885.

L'un des personnages, le « Mahatma Koot Houmi », fait ainsi référence à plusieurs reprises à un autre personnage, supposé être son disciple ou du moins collaborateur, « Djwal Khul » (aussi orthographié Djoual-Koul, Djoual Khoul ou Djual Kool) :

« L'adepte intérieur est toujours prêt, toujours sur le qui-vive, et cela suffit pour nos desseins. Aux moments de repos, par conséquent, ses facultés sont aussi au repos. Quand je m'assieds pour prendre mes repas, ou quand je m'habille, lis ou suis autrement occupé, je ne pense même pas à ceux qui sont près de moi ; et Djoual Khoul a pu facilement se casser le nez à en saigner en courant dans le noir et en se heurtant à une poutre, comme il le fit l'autre nuit (simplement parce que, au lieu d'interposer une “pellicule”, il avait absurdement paralysé tous ses sens extérieurs pendant qu'il parlait à un ami éloigné) alors que je demeurais placidement ignorant du fait. Je ne pensais pas à lui, d'où mon ignorance[3]. »

La référence au personnage de Djwal Khul existait ainsi dans les cercles intérieurs de la Société théosophique dès la fin du XIXe siècle et Alice Bailey l'a sans doute découvert dans ses premières années de recherche spiritualiste au sein de la Société.

Supercherie ou réalité[modifier | modifier le code]

Madame Blavatsky fut la première à mentionner l'existence de ces Maîtres[4]. Face à l'aspect rocambolesque et paranormal de ses sources prétendues, elle s'est attirée scepticisme puis discrédit[5], comme le livre de René Guénon, Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion[6] peut en témoigner. Néanmoins, des lettres manuscrites ont été retrouvées[7] qui n'étaient pas de la main de Madame Blavatsky, par ailleurs, plusieurs témoins ont prétendus avoir rencontré ces Maîtres "en chair et en os" : Allan Octavian Hume, Alfred Percy Sinnett, Stainton Moses, le Colonel Henry Steel Olcott (1832-1907)[8]. Cependant, au sujet de ces lettres qui furent publiées, le médium américain Henry Kiddle (1842-1900), remarqua que l'un de ses propres discours, prononcé en 1880 à Lake Pleasant, se retrouvait parmi elles. Il accusa donc de plagiat, dans la revue spirite Light, H.-P. B. qui se défendit d'une façon étrange : elle reconnut la similitude des textes et ajouta que le Maître Koot Hoomi aurait été distrait et l'aurait fait "sans y penser"[9]… Le cofondateur de la Société Théosophique, Henry Steel Olcott aurait lui-même fait part de ses doutes quant à l'authenticité de certaines lettres remises par William Quan Judge (1851-1896)[10].

En ce qui concerne le personnage de Djwal Khul, le psychanalyste Carl Jung contemporain d'Alice Bailey y aurait vu une incarnation d'une sorte de surmoi pour l'écrivaine, une allégation que la principale intéressée réfuta cependant[11].

Thèmes de l'œuvre produite par le tibétain, et Alice Bailey[modifier | modifier le code]

Note : le nom du tibétain peut être orthographié différemment selon l'origine linguistique des sources.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A.T. Barker, Lettres des Mahatmas Morya et Koot Houmi à A.P. Sinnet, Adyar, 1994
  • H.S. Olcott, À la découverte de l'occulte, Adyar, 1976 (trad. française de Old Diary Leaves par La Vieuville).
  • Djwal Kul, Études intermédiaires de l'aura humaine, Éd.de Mortagne, 1995.
  • Michel Coquet, Le Maître Tibétain Djwal Khool, sa vie son œuvre, Arista, 1999.
  • Erik Sablé, La Révélation des Maîtres de la Sagesse, Le Mercure Dauphinois, 2004.
  • Anne Givaudan et Daniel Meurois, Le Voyage à Shamballa, Un pèlerinage vers soi, Le Perséa, 1986 (ISBN 2-922397-09-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nos meilleurs théosophes préféreraient de beaucoup que les noms des Maîtres n’eussent jamais paru dans aucun de nos livres » écrit Helena Blavatsky dans La Clef de la Théosophie, pour cette raison dans la littérature théosophique les mahatmas sont souvent désignés par des initiales
  2. Cette oeuvre s'articule autour de thématiques héritées de l'enseignement spiritualiste de la Théosophie d'Helena Blavatsky
  3. Lettres des Mahatmas M. et K.H. à A.P. Sinnett, Adyar, Paris, 1990, p. 209
  4. Elle en parla à sa famille, sa sœur Vera, sa tante Nadedja Fadeev dès 1859 et de manière publique à partir de 1978 dans son premier livre Les cavernes et les jungles de l'Hindoustan, Adyar, 1975. Source : Erik Sablé, La révélation des Maîtres de la sagesse, Le Mercure Dauphinois, 2004, p. 9
  5. « Madame Blavatsky a déclaré qu'elle était seulement le porte-parole des Maîtres - qu'elle écrivait et agissait sous leur direction. On a tourné cette affirmation en ridicule, et ses détracteurs l'ont accusé de fourberie et d'imposture. Et pourtant, si l'on veut se faire d'elle une opinion fidèle et sans parti-pris, il faut tenir compte de certains faits incontestables » (Max Heindel, Madame Blavatsky et la doctrine secrète, Lienhart et Cie, 1977, p. 42)
  6. René Guénon, Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion, Éd. Traditionnelles, Paris, 1986
  7. 126 lettres des Mahatmas Morya et Koot Houmi adressées à Alfred Percy Sinnet
  8. Dans son livre Old Diary Leaves de juin 1893, le colonel Olcott écrit : « J'eus la preuve oculaire qu'au moins quelques-uns de ceux qui travaillaient avec nous, étaient des hommes vivants, pour les avoir vus dans leur corps physique en Inde... et pour les avoir touchés et leur avoir parlé. Au lieu de me dire qu'ils étaient des esprits, ils me dirent qu'ils étaient aussi vivants que moi-même et que chacun d'eux avait ses propres particularités et capacités, en un mot, sa complète individualité ». Lire l'enquête menée par Erik Sablé, auteur de La Révélation des Maîtres de la sagesse.
  9. L'accusation de plagiat concerne la revue spirite Banner of Light. Source : Peter Washington, La saga théosophique, Exergue, 1999, p. 61
  10. Il s'agissait des lettres remises à Londres, en juillet 1891 au colonel Henry Steel Olcott. Cette affaire occasionna un procès interne en comité avec Annie Besant.
  11. « Partout, ce travail du Tibétain a grandement intrigué les gens et les psychologues. Ils contestent ce qui est la cause du phénomène et ils déduisent que ce que j'écris provient probablement de mon subconscient. Selon Jung, m'a-t-on dit, le Tibétain est mon soi supérieur personnifié et A. A. Bailey en est le soi inférieur. Un de ces jours (si j'ai jamais le plaisir de le rencontrer) je lui demanderai comment mon soi supérieur personnalisé peut m'envoyer des colis de divers endroits de l'Inde, car c'est ce qu'il a fait. » Alice Bailey, Autobiographie inachevée, Éditions Lucis Trust (en) Genève, 1951, p. 164