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Maeshowe

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Maeshowe
Image illustrative de l’article Maeshowe
Entrée du tumulus de Maeshowe
Présentation
Visite libre d'accès
Caractéristiques
Géographie
Coordonnées 58° 59′ 46″ nord, 3° 11′ 20″ ouest
Pays Drapeau de l'Écosse Écosse
Géolocalisation sur la carte : Écosse
(Voir situation sur carte : Écosse)
Maeshowe
Croquis en coupe

Maeshowe est un site mégalithique des îles Orcades en Écosse (Royaume-Uni). Datée de 2750 av. J.-C., c'est une des dernières sépultures collectives, avant l'apparition des tombes individuelles.

Le tumulus de Maeshowe est inscrit depuis 1999 sur la liste du patrimoine mondial au sein de l'ensemble intitulé « Cœur néolithique des Orcades ».

Localisation

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Les Orcades sont situées au nord de l'Écosse, à quelques kilomètres de la côte.

Maeshowe se trouve sur la principale île, Mainland, à une dizaine de kilomètres à l'ouest du chef-lieu de council area, Kirkwall, non loin de deux autres monuments de même époque, les pierres levées de Stenness et le cercle de Brodgar.

Description

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Le tumulus (35 m de diamètre et 7 m de haut), était à l'origine entouré d'un large fossé.

Le passage d'entrée, long de 9 m, remonte légèrement avant de déboucher dans la salle principale carrée (environ 4,6 m2) dans laquelle s'ouvrent trois petites chambres funéraires.

Celle du milieu, dans l'axe du tunnel d'entrée, est frappée au solstice d'hiver par la lumière du soleil[1].

Les murs sont de pierres taillées se chevauchant légèrement jusqu'à former le toit, soutenu par quatre contreforts situés dans les coins. Un énorme bloc de pierre logé dans un renfoncement du tunnel permettait de fermer l'entrée du cairn de l'intérieur (sans doute pour les cérémonies).

Alignement astronomique de Maeshowe et d'autres monuments mégalithiques

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Maeshowe a été construit de telle façon qu'au jour du solstice d'hiver, les rayons du soleil couchant s'infiltrent par le couloir pour venir frapper la chambre située en face. À cette date, des passionnés viennent assister à l'événement, qui ne se réalise pas souvent : le 21 décembre, le ciel des Orcades est généralement très nuageux.

C'est Magnus Spence, instituteur, qui en 1894 a constaté cette orientation avant de remarquer que l'axe d'alignement atteignait aussi Barnhouse (dit le « Watch Stone »), une grande pierre levée visible depuis l'entrée de Maeshowe.

Spence a aussi découvert que Barnhouse et le centre du cercle de pierres de Brodgar étaient alignés avec le Soleil levant au solstice d'été[2].

Maeshowe dans l'histoire de l'Europe

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Au XIIe siècle, des Vikings y ont laissé de nombreux graffitis, à l'origine de sa renommée chez les passionnés d'histoire scandinave[3]. L'un des premiers récits consacrés aux Orcades, la Orkneyinga Saga, rédigée vers 1230, relate la conquête de l'archipel par divers comtes norvégiens entre le IXe et le XIIIe siècle. Elle rapporte qu'en 1153, un groupe de croisés norrois aurait pénétré le tumulus en forçant un accès par son sommet[3]. Les inscriptions runiques visibles sur les parois intérieures furent redécouvertes bien plus tard, en 1861, par James Farrer - politicien et membre de la Society of Antiquaries of Scotland (Société des antiquaires d'Écosse) - et son équipe, lors de leur campagne de fouilles[3]. Des études menées au cours des quarante dernières années suggèrent que ces inscriptions remontent à la période 1125-1175 et constituent la plus vaste collection de runes jamais découverte en dehors de la Scandinavie[4]. Le spécialiste des études scandinaves Michael Barnes réalisa une étude exhaustive des runes, dont les résultats furent publiés en 1993[5].

Notes et références

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Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « ARTE+7 - Enquêtes archéologiques » [vidéo], sur arte.tv via Wikiwix (consulté le ).
  2. Geoffrey Cornelius, Paul Devereux et Christophe Rosson (adaptation française), Le langage des étoiles : un guide illustré des mystères célestes [« Language of stars and planets »], Paris, Gründ, coll. « Le langage des ... », , 368 p. (ISBN 978-2-7000-3153-9, OCLC 469519510), p. 268-269.
  3. a b et c (en) Antonia Thomas, Art and Architecture in Neolithic Orkney : Process, Temporality and Context, Oxford, Archaeopress Archaeology, , 257 p. (ISBN 978-1-78491-433-2), p. 54
  4. (en) Antonia Thomas, Art and Architecture in Neolithic Orkney : Process, Temporality and Context, Oxford, Archaeopress Archaeology, , 257 p. (ISBN 978-1-78491-433-2), p. 57
  5. (en) Michael P. Barnes, « The interpretation of the runic inscriptions of Maeshowe », dans Colleen Batey, Judith Jesch et Christopher Morris, The Viking age in Caithness, Orkney and the North Atlantic: selected papers from the proceedings of the eleventh Viking Congress, Thurso and Kirkwall, 22 August-1 September 1989, Edinburgh, Edinburgh University Press, , 554 p. (ISBN 9780748604302), p. 349-369

Bibliographie

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  • (en) Antonia Thomas, Art and Architecture in Neolithic Orkney: Process, Temporality and Context, Oxford, Archaeopress Archaeology, , 257 p. (ISBN 978-1-78491-433-2)
  • Jean-Pierre Mohen, « Voyage dans les Orcades avec la New Archaeology », dans Pierres vives de la préhistoire : Dolmens et menhirs, Paris, Odile Jacob, , 288 p. (ISBN 9782738123077, lire en ligne), p. 187-202
  • (en) EW. MacKie, « Maeshowe and the winter solstice: ceremonial aspects of the Orkney Grooved Ware culture », Antiquity, vol. 71, no 272,‎ , p. 338-359 (DOI https://doi.org/10.1017/S0003598X00084969)
  • (en) Michael P. Barnes, « The interpretation of the runic inscriptions of Maeshowe », dans Colleen Batey, Judith Jesch et Christopher Morris, The Viking age in Caithness, Orkney and the North Atlantic: selected papers from the proceedings of the eleventh Viking Congress, Thurso and Kirkwall, 22 August - 1 September 1989, Edinburgh, Edinburgh University Press, , 554 p. (ISBN 9780748604302), p. 349-369
  • Jean Renaud (traduction et notes), La Saga des Orcadiens [« Orkneyinga saga »], Paris, Aubier, , 332 p. (ISBN 978-2-7007-1642-9, OCLC 467116009).
  • (en) James L. Davidson et Audrey S. Henshall, The Chambered Cairns of Orkney, Edinburgh, Edinburgh University Press, , 198 p. (ISBN 9780852245477)
  • (en) V. Gordon Childe, « Maes Howe », Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland, vol. 88,‎ , p. 155-172 (DOI https://doi.org/10.9750/PSAS.088.155.172)

Documentaire

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Articles connexes

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