Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

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Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
Auteur Jonas Jonasson
Pays Drapeau de la Suède Suède
Version originale
Langue Suédois
Titre Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann
Éditeur Piratförlaget
Lieu de parution Stockholm
Date de parution 2009
ISBN 978-91-64202-96-3
Version française
Traducteur Caroline Berg
Éditeur Presses de la Cité
Lieu de parution Paris
Date de parution 2011
Nombre de pages 506
ISBN 9782266218528
Chronologie

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann) est un roman suédois de Jonas Jonasson, publié originellement en suédois en 2009 et traduit en 2011 par Caroline Berg pour les Presses de la Cité.

Mû par son instinct, un pensionnaire fugue de sa maison de retraite le jour de son centième anniversaire. Le livre raconte ses aventures et, en parallèle, toutes celles de sa longue vie.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le jour de son centième anniversaire, Allan Karlsson s'enfuit soudainement de sa maison de retraite.

« Empruntant » par hasard la valise de Bulten, un des membres du gang Never again, il se lie successivement d'amitié avec Julius Jonsson, un magouilleur fuyant la société (qui tuera par inadvertance Bulten en l'enfermant dans une chambre froide), avec Benny Ljungberg, un homme aux multiples compétences qu'ils engagent comme chauffeur avant de devenir leur complice, et avec Gunilla Björklund, une rousse qui s'est isolée avec son chien et qui a recueilli un éléphant. Pour échapper aux gangsters (Hinken, le deuxième gangster, est écrasé par l'éléphant), ils se déplacent, bientôt poursuivis par la police comme une bande de criminels - alors que celle-ci était initialement à la simple recherche d'un centenaire disparu. Les joyeux lurons vont se réfugier chez le frère de Benny, Bosse, peu regardant sur la légalité des procédés qu'il emploie. Durant le trajet, le chef de Never Again, voulant les arrêter, est blessé lors d'un accident de voiture. Nos quatre amis le prennent en charge ; ancien associé de Bosse, il finit naturellement par s'intégrer à la bande.

À la suite de divers événements, le passeport de Bulten est retrouvé sur la victime d'un attentat à Djibouti, et le corps d'Hinken est retrouvé à Riga. Jusque-là persuadé de la culpabilité de la bande dans trois meurtres (à cause de traces de sang dans la voiture du Chef), le procureur se retrouve à court d'arguments devant les journalistes, et innocente involontairement « la bande » en voulant gagner du temps. Les personnages, y compris l'éléphante s'envolent pour Bali.

La cavale d'Allan est l'occasion d'un « roman dans le roman », où l'on apprend ses nombreuses pérégrinations, avant de se retrouver en maison de retraite à quatre-vingt-dix-neuf ans. Jusqu'à sa fugue.

Le roman dans le roman : la vie d'Allan[modifier | modifier le code]

Sa curiosité, son indéfectible optimisme, son apolitisme pragmatique, sa capacité à déformer la vérité au besoin l'ont mené tout autour de la Terre, dînant et s'en « jetant un coup » avec les plus grands de ce monde[N 1]. Son père est mort en Russie pendant la Révolution de 1916, adhérant aux idées communistes de façon radicale avant de prendre parti pour le Tsar Nicolas II.

Devenu très jeune expert en explosifs (il a été coursier pour une entreprise de dynamite dès l'âge de neuf ans en 1914), il passe pour un fou et, à la suite d'un accident tragique (l'épicier Gustavsson arrive en voiture sur la propriété d'Allan au moment où ses essais d'explosifs commencent et finit en mille morceaux), finit en asile pendant un an, où il subit les lubies d'un psychologue (raciologue) et finit castré chimiquement (pense-t-on). Remis en liberté, il devient artificier dans une fabrique de canons, il accompagne en 1936 en Espagne son coéquipier ; engagé dans l'armée républicaine pour dynamiter des ponts, il sauve néanmoins la vie de Franco mais peu intéressé par la politique, il demande à partir et prend le premier bateau, qui se rend aux États-Unis et arrive à New York le 1er septembre 1939.

Puis, expliquant qu'il est expert en explosif, il atterrit à Los Alamos et, servant le café, il apprend tout sur la bombe atomique, explique à Oppenheimer comment il faut faire, résout pour les physiciens de Harry Truman le problème majeur pour le contrôle du moment de son explosion.

En Chine, en 1947, il est chargé de faire sauter des ponts pour le compte de Tchang Kaï-chek. Opposé au viol de Jiang Qing, la troisième épouse[N 2] de Mao Tsé Toung, il s'enfuit avec elle et retourne vers la Suède à pied en passant par l'Himalaya. Arrêté par les services de sécurité en Iran, il s'enfuit en faisant exploser l'immeuble et est guidé jusqu'à l'ambassade de Suède par un pasteur anglais illuminé. Rapatrié (après un coup de fil de Allan à Truman, de Truman au premier ministre suédois, et de ce dernier à l'ambassade) en Suède par avion en tant qu'attaché militaire, il fait la connaissance de Winston Churchill dont il a évité l'attentat en Iran.

En Suède, Iouli Borisovitch Popov[N 3], un physicien soviétique l'approche pour acheter ses compétences atomiques. En URSS, il est convié à dîner par Staline, qui se fâche lorsqu'Allan a le malheur de citer Verner von Heidenstam, poète qui fut proche d'Hitler (ce qu'Allan ignorait). Allan est condamné au travail forcé à Vladivostok, où il fait la connaissance d'Herbert Einstein, le demi-frère d'Albert ; l'indulgence des gardiens à l'égard de ce dernier, en raison de sa stupidité, leur permet de s'échapper, jusqu'en Corée du Nord, en habit de maréchal russe après avoir fait exploser un convoi d'armes à destination de la Corée du nord qui détruit le goulag... et la ville.

Il se fait recevoir par Kim Jong Il ; démasqué par le vrai maréchal, il est sauvé par Mao, reconnaissant de ce qu'Allan a fait pour son épouse. Mao et Kim Jong-Il lui donnent passeport et argent pour se rendre à Bali, où Herbert Einstein épouse une femme aussi maladroite que lui, mais suffisamment avide de pouvoir pour devenir gouverneur de Bali. À la suite d'événements politiques, Allan Karlsson, Herbert et Amanda Einstein sont affectés à l'ambassade indonésienne à Paris. Il en résulte un dîner avec De Gaulle et Johnson au cours duquel Allan apprend à De Gaulle que son secrétaire est un espion soviétique ; Allan se retrouve seul à dîner avec Johnson, déçu par le fait qu'Allan ait donné la recette de la bombe atomique aux Soviétiques, mais qui décide finalement d'employer Allan comme agent secret pour recruter Iouli afin de donner aux États-Unis des informations sur l'arsenal soviétique. Allan et Iouli se mettent d'accord pour donner aux États-Unis et aux Soviétiques des rapports leur indiquant qu'ils ont respectivement un arsenal plus important, les incitant ainsi au désarmement.

Une fois Iouli et sa femme transplantés à New York, Allan retourne en Suède où il achète un chalet dans lequel il vit avec un chat et des poules. Un jour, le chat ayant vieilli, un renard l'attrape. En colère, Allan, à quatre-vingt-dix-neuf-ans, fait sauter son chalet par accident (car il avait oublié son entrepôt d'explosif, justement placé près du piège à renard) et, pris en charge par les affaires sociales, est installé en maison de retraite d'où il s'échappe pour son centième anniversaire.

Les personnages[modifier | modifier le code]

Allan Emmanuel Karlsson

Le héros du roman. On suit en parallèle ses aventures postérieures à sa fugue à sa maison de retraite, et les grandes aventures de sa vie passée.

Optimiste et prêt à aider pour peu qu'on le lui demande gentiment : lorsque le premier ministre suédois (mis au courant par Truman de ses connaissances atomiques) le recommande au directeur du programme atomique, ce dernier - politiquement opposé - le congédie ; Allan le laisse faire car il « n'a pas posé les bonnes questions ».

Julius Jonsson

Ancien escroc, septuagénaire et retiré dans une maison près de la gare d'un petit village

Benny Ljungberg

Un vendeur de hot-dogs qui a suivi une innombrable quantité d'études, sans jamais passer son diplôme pour profiter d'un héritage qui lui est versé tant qu'il est étudiant et qui dilapide l'héritage. Il devient le chauffeur de Julius et d'Allan lors de leur rencontre à son stand de hot-dogs.

Il tombe amoureux de Gunilla au premier regard et ne boit jamais d'alcool.

Bosse

Frère de Benny, qui hébergera les trois personnages ci-dessus.

Il faut noter que lui et son frère sont, au début du livre, en conflit. En effet, Benny et Bosse choisirent de suivre des études courtes pour toucher l'héritage aussi vite que possible. Cependant, Benny ne passe jamais le diplôme de ces études, ce qui lui permet de continuer d'apprendre nombre de sujets (médecine, littérature, langues...) grâce à la pension qui lui est versée tant qu'il est étudiant (il devient d'ailleurs l'un des hommes les plus éduqués de Suède), jusqu'au jour où le notaire lui apprend que l'héritage a été entièrement versé et qu'il ne reste rien. Benny se retrouve alors sans aucun diplôme (puisqu'il les a évités à chaque fois pour continuer à étudier), et son frère qui attendait le jour de la fin de ses études sans aucune part de l'héritage promis, si ce n'est la pension versée pendant ses courtes études. Ainsi naquit le conflit entre les deux frères, qui ne sera pardonné que lorsque Benny reviendra avec ses amis et, surtout, avec beaucoup d'argent.

Gunilla Björklund, dite « Mabelle »

Une quadragénaire rousse qui vit seule avec son chien (Buster) et une éléphante (Sonja) qu'elle a recueillie après que celle-ci s'est échappée d'un cirque et perdue. Elle parle de façon très familière, voire vulgaire.

Benny l'appelle « ma belle » lors de leur rencontre, d'où son surnom.

Göran Aronsson, inspecteur

Inspecteur en charge d'élucider le mystère du centenaire qui a fui sa maison de retraite et est impliqué dans des affaires potentiellement criminelles.

Lorsqu'il retrouve enfin toute la bande, le procureur les innocente. Il comprend qu'ils mènent le procureur en bateau, mais fait mine de ne pas savoir, car il se sent attiré par cette bande, qu'il rejoindra à la fin, étant en grand manque affectif et de liens sociaux.

Conny Ranelid

Procureur qui voit dans cette affaire l'avènement de sa carrière. Convaincu que le vieillard et ses amis ont bien commis un meurtre, il les innocente par inadvertance lorsque ses preuves s'écroulent. Il souhaite néanmoins que la bande lui raconte sa version des faits. Ce qu'ils font sous la forme d'une histoire abracadabrante, que le procureur n'a pas d'autre choix que de prendre pour argent comptant.

Herbert Einstein

Frère d'Albert Einstein, idiot et incapable notable, qui sera le compagnon d'aventures d'Allan pendant de nombreuses années, à la suite de la rencontre avec Staline (Herbert a, lui, été enlevé par le chef de la sécurité soviétique, car confondu avec son frère).

Ni Wayan Laksmi, dite « Amanda », devenue Amanda Einstein

Femme indonésienne d'Herbert Einstein. Au début serveuse sur une plage, elle deviendra gouverneur de Bali puis Ambassadrice de l'Indonésie à Paris.

Iouli Borisovitch

Physicien russe, avec qui Allan partage le secret de la bombe atomique lors d'une beuverie. Ils deviennent amis et espions pour les États-Unis.

Faits historiques imaginaires[modifier | modifier le code]

  • C'est grâce à Allan que les USA ont pu fabriquer la bombe atomique
Il a tout appris, et trouvé la solution aux problèmes des physiciens américains en leur servant le café
  • C'est grâce à Allan que l'URSS a pu fabriquer la bombe atomique
Allan refuse de livrer à Staline ses connaissances sur la bombe atomique. Mais au cours de la traversée qui l'a amené en URSS, Allan et Iouli ont fait un concours de boisson. Sans le vouloir, Allan a livré à Iouli « quelques explications ».
  • Un immense incendie a complètement détruit Vladivostok
Quand Allan et Herbert s'échappent de Vladivostok, ils créent une « diversion ». Les choses s'enchaînent en un gigantesque incendie qui gagne toute la ville et détruit Vladisvostok en moins de vingt minutes.
  • En apprenant cela, Staline se pique d'une énorme colère, ce qui provoque une crise cardiaque qui lui est fatale.

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

Édition originale
Édition en gros caractères
Édition au format de poche
  • Jonas Jonasson (trad. du suédois par Caroline Berg), Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire [« Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann »], Paris, éd. Pocket, coll. « Pocket » (no 14857), , 506 p., 18 cm (ISBN 978-2-266-21852-8, notice BnF no FRBNF42608541)
Livre audio
  • Jonas Jonasson (trad. du suédois par Caroline Berg), Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire [« Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann »], Paris, éd. Pocket, coll. « Pocket » (no 14857), (ISBN 978-2-35641-597-4, notice BnF no FRBNF43622468)
    Texte intégral ; narrateur : Philippe Résimont ; support : 2 disques compacts audio MP3 ; durée : 12 h 48 min ; référence éditeur : Audiolib 25 1479 2.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Le roman a été adapté au cinéma par Felix Herngren ; le film est sorti en mai 2014. Les personnages principaux sont tenus par Robert Gustafsson (Allan Karlsson), Mia Skäringer (Gunilla), Iwar Wiklander (Julius) et David Wiberg (Benny).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cela évoque Forrest Gump qui rencontre personnellement plusieurs présidents américains, mais à l'échelle mondiale.
  2. Il s'agit en réalité de sa quatrième épouse.
  3. Basé sur Iouli Borissovitch Khariton.