Le Petit Poisson et le Pêcheur

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Le Petit Poisson et le Pêcheur
Image illustrative de l’article Le Petit Poisson et le Pêcheur
Gravure de Pierre-Alexandre Aveline d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759

Auteur Jean de La Fontaine
Pays Drapeau de la France France
Genre Fable
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1668

Le Petit Poisson et le Pêcheur est la troisième fable du livre V de Jean de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

Illustration de Grandville (1838-1840)


Texte[modifier | modifier le code]

LE PETIT POISSON ET LE PÊCHEUR

[Ésope[1]]

Illustration de Gustave Doré (1876)
Illustration de Benjamin Rabier (1906)
"Le Petit Poisson et le Pêcheur" traduit en néerlandais et illustré par Hermann Vogel


            Petit poisson deviendra grand,

            Pourvu que Dieu lui prête vie.

            Mais le lâcher en attendant,

            Je tiens pour moi (1) que c'est folie :

Car de le rattraper (2) il (3) n'est pas trop certain.


Un Carpeau, qui n'était encore que fretin (4),

Fut pris par un Pêcheur au bord d'une rivière.

" Tout fait nombre, dit l'homme en voyant son butin ;

Voilà commencement de chère (5) et de festin :

            Mettons-le en notre gibecière. "

Le pauvre Carpillon lui dit en sa manière (6) :

" Que ferez-vous de moi ? je ne saurais fournir

            Au plus qu'une demi-bouchée.

            Laissez-moi carpe devenir :

            Je serai par vous repêchée.

Quelque gros partisan (7) m'achètera bien cher :

            Au lieu qu'il vous en faut chercher

            Peut-être encor cent de ma taille

Pour faire un plat. Quel plat ? croyez-moi, rien qui vaille.

- Rien qui vaille ? Eh bien soit, repartit le Pêcheur :

Poisson mon bel ami, qui faites le prêcheur,

Vous irez dans la poêle ; et vous avez beau dire,

            Dès ce soir on vous fera frire. "


Un Tiens (8) vaut, ce dit-on, mieux que deux Tu l'auras ;

            L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.


Vocabulaire

(1) je pense

(2) Quant à le rattraper

(3) Cela

(4) Fretin se dit de toute chose de rebut, sans valeur. Fretin s'applique de nos jours le plus souvent aux petits poissons

(5) bonne chère

(6) en sa langue

(7) Un partisan est un financier, un homme qui fait des partis avec le roi et "qui prends les revenus à la ferme, le recouvrement des impôts" (dictionnaire de Furetière)

(8) "Tiens" est une forme ancienne et dérivée du latin de l'impératif de Tenir : un poisson que tu tiens vaut mieux que deux poissons que tu auras peut-être

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr + el) Ésope (trad. Émile Chambry), « LE PÊCHEUR ET LE PICAREL », sur archive.org,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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