Latrodectisme

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Latrodectisme
Classification et ressources externes
CIM-10 T63.3
CIM-9 989.5
eMedicine derm/599 
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Le latrodectisme est une envenimation par morsure d'araignée du genre Latrodectus, appelé communément « veuve noire ».

Le poison[modifier | modifier le code]

L'alpha-latrotoxine contenue dans le venin de ces espèces, quinze fois plus toxique que celui du serpent à sonnettes[1], détruit les vésicules synaptiques, et confère à ce venin une action neurotoxique plus dangereuse que celle du venin d'un cobra.[réf. nécessaire] Heureusement, la quantité injectée en cas de morsure est bien plus faible.

Il s'agit d'une protéine d'environ 120 KDa se fixant sur certains récepteurs neuronaux (latrophiline 1 et neurexine) entraînant la formation de vésicules cellulaires[2] et le relargage de neurotransmetteurs[3].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les principaux symptômes sont la douleur locale pouvant se diffuser jusqu'à l'abdomen et pouvant durer plusieurs jours. Il peut exister des troubles neurovégétatifs (variations de la température, transpiration et sueurs froides, et de la pression artérielle), des céphalées, des spasmes musculaires (contraction des muscles thoraciques, abdominaux et faciaux), des paresthésies (en particulier une paresthésie de la plante des pieds, pathognomonique) des troubles psychiques (état d’anxiété intense, crainte de mourir, et hallucinations), des nausées, un érythème et un œdème local. Un priapisme (érection prolongée et douloureuse) est rarement décrit[4].

Les cas mortels sont très rares ; les personnes les plus sensibles sont les enfants en bas âge, les personnes âgées, ou ayant des problèmes cardiaques. On ne comptabilise en moyenne qu'un décès pour 200 cas de morsures.[réf. nécessaire]. L'atteinte cardiaque, sous forme de myocardite, est rare et mortelle[5].

Comme exemple, en 2003, seulement aux États-Unis, 2 720 morsures de veuve noire ont été répertoriées par l’American Association of Poison Control Centers (en)[6]. 635 enfants et adolescents en étaient victimes, le reste étant des adultes. 860 ont été facilement traitées, avec des soins médicaux appropriés ; 380 ont présenté des problèmes de santé modérés, et 13 des problèmes graves. Il n'y a eu aucun décès. Cependant, ce rapport n'indique pas quelles espèces de veuves noires sont à l'origine de ces morsures (il y a cinq espèces de veuve noire présentes aux États-Unis, ayant chacune un venin de toxicité variable). Les décès consécutifs à une morsure de veuve noire sont plutôt rares de nos jours, les traitements médicaux s'étant améliorés au fil du temps. Il faut cependant avoir accès à ces soins, ce qui n'est pas le cas dans toutes les parties du monde.

Les symptômes différent cependant selon l'espèce : douleurs locales en Australie[7], manifestations plus générales en Iran[8].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Il est uniquement clinique, aidé par l'identification de l'araignée piqueuse. Il n'existe pas de test biologique de confirmation.

Traitement[modifier | modifier le code]

Un traitement symptomatique, antalgique, doit être administré. L'utilisation de benzodiazépines permet de lutter contre les contractures musculaires[9].

L'utilisation de calcium ou de magnésium n'a pas fait la preuve de son efficacité[10].

Le sérum anti venimeux, bien qu'assez largement utilisé[10] n'a pas démontré son efficacité[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cours Compléments de biologie animale (BIO1231) de l'Université catholique de Louvain, image 151 des arthropodes (voir le texte)
  2. Nicholson GM, Graudins A, Spiders of medical importance in the Asia-Pacific: atracotoxin, latrotoxin and related spider neurotoxins, Clin Exp Pharmacol Physiol, 2002;29:785-794
  3. Rash LD, Hodgson WC, Pharmacology and biochemistry of spider venoms, Toxicon, 2002;40:225-254
  4. Quan D, Ruha AM, Priapism associated with Latrodectus mactans envenomation, Am J Emerg Med, 2009;27:759e1-759e2
  5. Sari I, Zengin S, Davutoglu V, Yildirim C, Gunay N, Myocarditis after black widow spider envenomation, Am J Emerg Med, 2008;26:630-633
  6. CPCS: Call Us!... Newsletter (Fall 2006)
  7. Isbister GK, Gray MR, Latrodectism: a prospective cohort study of bites by formally identified redback spiders, Med J Aust, 2003;179:88-91
  8. Afshari R, Khadem-Rezaiyan M, Balali-Mood M, Spider bite (latrodectism) in Mashhad, Iran, Hum Exp Toxicol, 2009;28:697-702
  9. Clark RF, Wethern-Kestner S, Vance MV, Gerkin R, Clinical presentation and treatment of black widow spider envenomation: a review of 163 cases, Ann Emerg Med, 1992;21:782-787
  10. a et b Isbister GK, Wen Fan H, Spider bite, Lancet, 2011;378:2039-2047
  11. Isbister GK, Brown SG, Miller M et al. A randomised controlled trial of intramuscular vs. intravenous antivenom for latrodectism—the RAVE study, QJM, 2008;101:557-565