La Femme mystifiée

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La Femme mystifiée
Auteur Betty Friedan
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Essai féministe
Version originale
Langue Anglais
Titre The Feminine Mystique
Éditeur W.W. Norton and Co.
Lieu de parution New York
Date de parution 1963
Version française
Traducteur Yvette Roudy
Éditeur Gonthier
Collection Femme
Lieu de parution Genève
Date de parution 1964
Nombre de pages 254 + 216

La Femme mystifiée est un essai féministe de l'Américaine Betty Friedan paru en anglais en 1963 sous son titre originel The Feminine Mystique puis traduit en français par Yvette Roudy en 1964.

Best-seller traduit dans 13 langues, il est considéré comme étant l'un des déclencheurs de la deuxième vague féministe en dénonçant la pression culturelle exercée par les psychologues freudiens, les magazines féminins et la publicité pour donner l'image prétendue heureuse de la ménagère instruite des classes moyennes dans l'American Way of Life[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

La Femme mystifiée commence avec une introduction décrivant ce que Friedan appelait "le problème qui n'a pas de nom"—la tristesse répandue des femmes dans les années 1950 et début 1960. Sont examinées les vies de plusieurs femmes au foyer de tous les États-Unis qui étaient tristes bien que vivant dans le confort matériel et étant mariées et ayant des enfants.

Chapitre 1 : Friedan relève que l'âge moyen au mariage baissait et le taux de natalité augmentait pour les femmes tout au long des années 1950, alors la tendance répandue des femmes tristes persistait, bien que la culture américaine insistait pour que l'épanouissement des femmes puisse être trouvé dans le mariage et dans le côté femme au foyer; ce chapitre se conclut en déclarant "Nous ne pouvons plus ignorer que cette voix dans les femmes qui dit: 'Je veux quelque chose de plus que mon mari et mes enfants et ma maison.'"

Chapitre 2 : Friedan stipule que les décisions éditoriales concernant les magazines féminins du temps où ils étaient faits majoritairement par les hommes, qui insistaient sur les histoires et les articles qui montraient des femmes comme soit d'heureuses femmes au foyer, soit de tristes carriéristes, créant ainsi la "femme mystifiée"—l'idée que les femmes sont naturellement épanouies en dévouant leurs vies à être femmes au foyer et mères. Friedan stipule aussi que c'est en contraste avec les années 1930, auquel temps les magazines féminins mettaient souvent en vedettes des héroïnes confiantes et indépendantes, nombre d'entre elles étaient impliquées dans des carrières.

Chapitre 3 : Friedan rappelle sa propre décision de se conformer aux attentes de la société en abandonnant sa carrière prometteuse en psychologie pour élever des enfants, et montre que d'autres jeunes femmes luttaient encore avec le même type de décision. Nombre de femmes abandonnaient rapidement l'école pour se marier, effrayées que si elles attendaient trop longtemps ou devenaient trop éduquées, elles n'auraient pas pu attirer un mari. Friedan soutient à la fin du chapitre que bien que les théoriciens évoquaient comment des hommes avaient besoin de trouver leur identité, des femmes étaient attendues pour être autonomes. Elle stipule, “L'anatomie est la destinée de la femme, disent les théoriciens de la féminité; l'identité de femme est déterminée par sa biologie.” Friedan continue à soutenir que le problème est que les femmes ont besoin de murir et de trouver leur identité humaine. Elle soutient, “Dans un sens qui va au-delà de toute vie de femme, je pense qu'il y a une crise de femmes qui se développe— un tournant depuis une immaturité qui a été appelée fémininité vers une identité humaine complète.”

Chapitre 4 : Friedan évoque les féministes américaines antérieures et comment elles combattaient contre l'hypothèse que le rôle approprié d'une femme était d'être seulement une épouse et une mère. Elle note qu'elles ont sécurisé d'importants droits pour les femmes, incluant l'éducation, le droit à poursuivre une carrière, et le droit de vote.

Chapitre 5 : Dans ce chapitre, appelé "Le Solipsisme sexuel de Sigmund Freud", Friedan, qui avait un diplôme en psychologie, critique Sigmund Freud (dont les idées avaient beaucoup d'influence en Amérique à l'époque de la publication du livre). Elle note que Freud voyait les femmes comme puériles et comme destinées à être femmes au foyer, citant ce que Freud avait écrit, "Je crois que toute action réformatrice dans la loi et l'éducation serait brisée dans le fait que, longtemps avant l'âge auquel un homme peut gagner une position dans la société, la nature a déterminé la destinée d'une femme à tavers la beauté, le charme et la douceur. La loi et la coutume ont donné plus aux femmes que ce qui a été retenu d'elles, mais la position des femmes va surement être ce qu'elle est : dans la jeunesse, une chérie adorée et dans les années matures, une épouse aimée." Friedan souligne aussi que concept freudien non prouvé d'"envie du pénis" a été utilisé pour étiqueter des femmes qui voulaient carrières comme neurotiques, et que la popularité du travail et des idées de Freud élevaient la "femme mystifiée" de l'épanouissement féminin en tant que femme au foyer dans une "religion scientifique" que la plupart des femmes n'est pas assez éduquée pour critiquer.

Chapitre 6 : Friedan critique le structuro-fonctionnalisme, qui tentait de rendre les sciences sociales plus crédible en étudiant les institutions de société comme si elles étaient des parties du corps social, comme en biologie. Des institutions étaient étudiées en termes de leur fonction dans la société, et des femmes étaient confinées à leurs rôles sexuels biologiques comme des femmes au foyer et des mères et en disant que faire autrement romprait l'équilibre social. Friedan souligne que ce n'est pas prouvé et que Margaret Mead, une remarquable fonctionnaliste, a eu une carerière florissante en tant qu'anthropologue.

Chapitre 7 : Friedan évoque le changement dans l'éducation des femmes des années 1940 jusqu'au début des années 1960, nombre d'écoles de femmes se concentraient sur des cours de non-contestation qui centraient majoritairement sur le mariage, la famille, et d'autres sujets jugés appropriés pour les femmes, comme les éducateurs influencés par le fonctionnalisme ressentaient que trop d'éducation aurait gâché la fémininité des femmes and capacité pour l'épanouissement sexuel. Friedan dit que ce changement dans l'éducation arrêtait les filles dans leur développement émotionnel au jeune âge, parce qu'elles n'amais eu à faire face à la douleureuse crise d'identité et la maturation ultérieure qui en ayant affaire avec de nombreux défis de l'âge adulte.

Chapitre 8 : Friedan note que les incertitudes et les peurs durant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide ont Americans long for the confort de la maison, donc ils essayaient de créer une vie domestique idéalisée avec père comme ramène-pain et mère comme femme au foyer. Friedan note c'était aidé tout du long par le fait que de nombreuses femmes qui travaillaient durant la guerre occupaient des emplois précedemment occoupés par des hommes eurent licenciement, discrimination ou hostilité quand les hommes revinrent, et que les éducateurs blâmèrent des mères suréduquées et centrées sur leur carrière pour la mauvaise éducation de soldats dans la Seconde Guerre mondiale. Aussi comme Friedan le montre, les études tardives ont montré que les mères autoritaires, non carriéristes, étaient celles qui élevaient les enfants mal éduqués.

Chapitre 9 : Friedan montre que les publicitaires essayent d'encourager les femmes au foyer à se voir elles-mêmes comme des professionnelles qui ont besoin de nombreux produits spécialisés dans l'optique de faire leurs travaux, et en plus en discourageant les femmes au foyer d'avoir de vraies carrières, car cela signifierait qu'elles ne passeraient pas plus de temps et d'effort aux travaux ménagers et donc ne voudraient plus acheter autant de produits de tenue de la maison, coupant ainsi dans les bénéfices des publicitaires.

Chapitre 10 : Friedan s'entretient avec plusieurs femmes au foyer à temps plein, constatant que bien qu'elle ne sont pas épanouies par leurs travaux ménagers, elles sont extrêmement occupées avec ça. Elle postule que ces femmes élargissent inconsciemment leurs devoirs ménagers pour combler le temps disponible, parce que la femme mystifiée a appris aux femmes que c'était leur rôle, et que si elles partageaient déjà leurs tâches, elles deviendraient non-nécessaires.

Chapitre 11 : Friedan note que de nombreuses femmes au foyer avaient cherché leur épanouissement dans le sexe, incapables de le trouver dans les travaux ménagers et les enfants; Friedan note que le sexe ne peut pas accomplir toug ce dont une personne a besoin, et que ça tente d'en faire si souvent que ça conduit les femmes mariées à avoir des relations extraconjugales ou conduit les hommes à s'en aller autant qu'ils deviennent obsessés par le sexe.

Chapitre 12 : Friedan évoque le fait que nombre d'enfants ont perdu de l'intérêt dans la vie ou dans la grandeur émotionnelle, en attribuant le changement à leur propre manque d'épanouissement féminin, a effet secondaire de la femme mystifiée. Quand une mère manque son épanouissement, Friedan note, elle essaye souvent de vivre à travers ses enfants, troublant les enfants jusqu'à perdre leur propre sens de même comme des êtres humains séparés avec leurs propres vies.

Chapitre 13 : Friedan évoque la hiérarchie des besoins d'Abraham Maslow et note que les femmes ont été piégées à la base, au niveau physiologique, attendues pour trouver leur identité à travers leur seul rôle sexuel. Friedan dit que les femmes ont besoin d'un travail significatif comme les hommes ont pour achever leur autoactualisation, le plus haut niveau de la hiérarchie des besoins.

Chapitre 14 : au chapitre final de La Femme mystifiée, Friedan évoque plusieurs cas d'étude de femmes qui ont commencé à aller contre la femme mystifiée. Elle préconise un nouveau plan de vie pour ses lectrices, en incluant de ne pas voir le travail domestique comme une carrière, en n'essayant pas de trouver l'épanouissement à travers le mariage et la maternité seuls, et en trouvant un travail significatif qui utilise leur pleine capacité mentale. Elle évoque les conflits auxquels quelques femmes peuvent faire face dans leur autoactualisation, en y incluant leurs propres peurs et la résistance de la part des autres. Pour chaque conflit, Friedan offre des exemples de femmes qui ont l'ont surmonté. Friedan termine son livre en promouvant l'éducation et le travail significatif comme la méthode ultime par laquelle les Américaines peuvent éviter de tomber dans le piège de la femme mystifiée, en appelant à repenser radicalement ce que signifie être féminine, et en offrant plusieurs suggestions éducatives et professionnelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Mélandri, Histoire des États-Unis, Perrin 2013, T.I p. 748