La Désintégration de la persistance de la mémoire

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Désintégration de la persistance de la mémoire
Artiste
Salvador Dalí
Date
1952-1954
Technique
huile sur toile
Dimensions
(H × L)
25.4 × 22 cm
Localisation

La Désintégration de la persistance de la mémoire est une huile sur toile surréaliste peinte par Salvador Dalí entre 1952 et 1954. C'est une réinterprétation de sa toile La Persistance de la mémoire, peinte en 1931. Le tableau était originellement connu sous le nom de Le Chromosome d'un œil de poisson très coloré commençant une désintégration harmonieuse de la mémoire et fut exposée pour la première fois à la galerie Carstaris à New York en 1954[1].

Description[modifier | modifier le code]

Dans cette version de la toile, le paysage d'origine a été rempli d'eau. La désintégration est ici ce qui se passe sur et sous la surface de l'eau. Le paysage de Cadaqués flotte maintenant à la surface. Le plan et les blocs d'origine sont ici divisés en petites briques organisées en damier qui couvrent le premier plan. Cette représentation est liée au mysticisme nucléaire de Dalí, pensée qui animait le peintre à cette époque, et qui représente les objets macroscopiques sous forme d'éléments en suspensions et en équilibre dans l'espace.

En second plan, dans la continuité de ces briques, des cornes symbolisent des missiles atomiques, soulignant que malgré l'ordre cosmique, humanité est capable de provoquer sa propre destruction[1]. L'olivier mort à gauche sur lequel est suspendu une montre molle a également commencé à se fractionner[1]. Les aiguilles des montres flottent au-dessus des cadrans.

Quatre nouvelles montres ont été ajoutées par rapport à la première version. Le visage humain est transformé ici en un étrange poisson, bien que pour Dalí, le poisson eut été un symbole de vie.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dalí s’intéressait beaucoup à la physique nucléaire après les bombardements atomiques Hiroshima et de Nagasaki. Il décrivit l'atome comme sa « principale nourriture intellectuelle ». La théorie atomique considère que la matière est fondamentalement discontinue et est faite de particules en suspensions dans le vide, et en équilibre les unes par rapport aux autres par le biais de forces. Ce fut sur la base de cette discontinuité qu'il représenta nombre de ses toiles de cette époque, telles que Galatée aux sphères ou la Madone de Port Lligat[2].

Cette toile fut également parmi les premières a marquer la fin de l'intérêt de Dalí pour le surréalisme et les théories psychanalytiques et freudiennes. Elle marque la fin du Dalí de la psychanalyse pour le Dalí de la physique nucléaire et de la religion[3]

La toile fait actuellement parti de la collection du Salvador Dalí Museum à St. Petersburg(Floride,États-Unis).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Montre molle au moment de la première explosion (1954);

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Tush, Peter, Salvador Dalí - Liquid Desire, Melbourne, Victoria, National Gallery of Victoria,‎ 2009, 260–61 p. (ISBN 9780724103072)
  2. King, Elliott H., Salvador Dalí - Liquid Desire, Melbourne, Victoria, National Gallery of Victoria,‎ 2009, 247 p. (ISBN 9780724103072)
  3. Salvador Dalí, Salvador Dali, Infobase Publishing,‎ 2006, 100 p. (ISBN 0791088375, lire en ligne)