L'Exorciste

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le roman de William Peter Blatty, voir L'Exorciste (roman).
L'Exorciste
Description de cette image, également commentée ci-après

Titre original du film

Titre original The Exorcist
Réalisation William Friedkin
Scénario William Peter Blatty
Acteurs principaux
Sociétés de production Hoya Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Durée 122 minutes
133 minutes (version intégrale)
Sortie 1973

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L’Exorciste (The Exorcist) est un film d'horreur américain réalisé par William Friedkin, sorti en 1973.

Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman du même nom de 1971, écrit par William Peter Blatty. Il raconte l'exorcisme de Robbie Mannheim[1],[2] faisant face à la possession d'une jeune fille et des tentatives désespérées de sa mère pour la guérir grâce à un exorcisme pratiqué par deux prêtres. Le film, avec Ellen Burstyn, Max von Sydow, Jason Miller et Linda Blair, met en scène un « enfant démoniaque » à la suite de Rosemary's Baby de Roman Polanski et avant La Malédiction.

L'Exorciste est l'un des films d'horreur les plus rentables de l'histoire avec 402 500 000 de dollars de recette dans le monde entier[3]. Il est également considéré comme un classique du cinéma d'horreur, et l'American Film Institute l'a classé 3e meilleur thriller derrière Psychose et Les Dents de la mer. Il a reçu 2 Oscars et 4 Golden Globes. Le film a été commercialisé aux États-Unis par Warner Bros. le , et une version restaurée est sortie le .

Une série télévisée adaptée du film sera diffusée à partir du [4] sur le réseau FOX[5] et en simultané sur le réseau CTV[6] au Canada.

Résumé[modifier | modifier le code]

Mannequin utilisé dans le film
Exorcist steps (en) (« Les escaliers de L'Exorciste ») à Georgetown, lieu du tournage de la scène finale du film

Le film s'ouvre sur des fouilles archéologiques en Irak, effectuées notamment par le père Merrin (Max von Sydow), un vieux prêtre, fatigué de la vie. Il découvre dans ses fouilles une petite tête de statuette du démon Pazuzu et s'interroge sur la nature du Mal au sein de l'Humanité. À la fin de la séquence en Irak, le prêtre contemple une grande statue du démon Pazuzu.

L'intrigue s'ouvre alors aux États-Unis, à Georgetown, un quartier de Washington. Chris MacNeil (Ellen Burstyn) est une actrice célèbre qui semble mener une vie heureuse avec sa fille Regan Legland (Linda Blair), son « très bon ami » Burke et ses nombreux domestiques. Elle a avec son mari, en déplacement à Rome, des relations tendues malgré ses sentiments.

Chris s'inquiète lorsque Regan commence à être la proie de spasmes violents et d'étranges symptômes. Elle fait suivre des traitements médicaux à sa fille : les médecins voient en elle de simples troubles nerveux dus à la préadolescence. Au cours d'une soirée à la maison des MacNeil, Regan descend dans la salle de réception et, adresse à l'un des invités, un astronaute, avec une conviction froide et inquiétante, ces mots étranges : « Vous allez mourir là-haut », puis urine sur le tapis.

À la suite de cet incident, Chris MacNeil décide d'accélérer les analyses médicales. Chris reçoit, dans un premier temps, l'avis très incertain des médecins. Selon leurs explications physiologiques, Regan est atteinte de troubles purement nerveux. Mais les spasmes continuent, s'intensifient, et deviennent de plus en plus spectaculaires. Regan parle avec une voix rauque et grave, dévale les escaliers sur les mains et les pieds, le visage tourné vers le plafond, crache du sang (cette scène est dans la version restaurée), tient des propos violents et scatologiques, son visage devient de plus en plus hideux.

Un soir, Burke Dennings est retrouvé mort au bas des longs escaliers donnant sur la fenêtre de la chambre de Regan ; tout le monde présume alors la thèse d'un alcoolisme fatal mais il est fortement présumé la responsabilité de Regan puisque Dennings était passé à la maison pendant la soirée.

Parallèlement aux événements, un inspecteur mène l'enquête et interroge le Père Karras (Jason Miller), dont le parcours est difficile pendant le début du film, et la mère de Regan. Dans un deuxième temps, Chris, pensant avoir affaire à un cas de dédoublement de la personnalité, fait appel à un psychiatre. Mais l'expérience tourne court : non seulement Regan abrite en elle une autre personnalité, mais celle-ci est en plus un être indubitablement démoniaque et violent. Une seule conclusion s'impose à elle : sa fille est possédée et elle doit solliciter malgré elle (parce que nous sommes au XXe siècle et qu'elle n'est pas croyante) l'aide d'un exorciste. Elle contacte alors le père Karras, dont nous avons pu connaître les difficultés dans sa foi personnelle et la terrible mort de sa mère, dont il se sent responsable : sur son lit de mort, sa mère lui avait reproché de l'avoir abandonnée, et depuis le père Karras a des visions d'elle, exacerbant sa culpabilité et son chagrin.

Le père Karras rencontre donc Regan (ou plutôt le démon qui a pris corps en Regan) et une chose le surprend : le démon connaît les circonstances de la mort de sa mère (alors que Regan ne pouvait rien savoir), mais ignore son nom de jeune fille. Karras commence alors à comprendre que le véritable démon est non seulement l'incarnation diabolique dans le corps de la jeune fille, mais aussi la manifestation du Mal qu'abritent en eux ceux qui tentent de l'approcher. Ici, le père Karras doit affronter le démon en affrontant le Mal qui est en lui : le démon au nom du Mal veut le pousser au désespoir suprême en décuplant son sentiment de culpabilité. Karras commence alors le travail d'exorcisme. Il écoute des enregistrements de la voix de Regan non possédée, regarde ses dessins d'enfant. Un soir, il est appelé d'urgence à la maison des MacNeil pour observer un étrange phénomène : sur le ventre de la fillette possédée apparaissent ces mots : « Aidez-moi ».

Karras effectue alors les démarches auprès de l'Église pour obtenir le droit de pratiquer un exorcisme. Cette dernière accepte mais confie le rôle de l'exorciste au Père Lankester Merrin, prêtre expérimenté revenant d'Irak (il s'agissait donc du prêtre rencontré au début du film) et ayant déjà pratiqué un exorcisme en Afrique. Le Père Karras devra l'assister en tant que prêtre et que psychiatre expert (puisque diplômé d'Harvard). Merrin et Karras commencent donc leur exorcisme sur le démon en suivant le protocole religieux. Les prêtres récitent des prières et des « formules d'exorcisme » devant le monstre, lui jettent de l'eau bénite, mais le démon résiste, crache un étrange vomi vert, se met à léviter au-dessus du lit, pivote la tête de l'enfant à 360 degrés. L'exorcisme prend du temps, les prêtres décident de faire une pause. Karras est toujours hanté par le souvenir de sa mère défunte : le démon se sert de cette hantise pour conduire Karras au désespoir. Merrin le fait sortir de la chambre, et continue seul. Karras ressasse au fond de lui sa culpabilité envers sa mère, puis retourne dans la chambre et découvre le père Merrin mort d'épuisement.

Dans un excès de rage, il s'en prend alors violemment et physiquement au démon en le rouant de coups, puis, dans sa rage, l'exhorte à « le prendre », c'est-à-dire à prendre possession de son propre corps plutôt que celui de Regan. Le démon passe alors du corps de la fillette à celui du prêtre et celui-ci, comprenant que le monstre entre en lui, se jette par la fenêtre et meurt pour éviter que le démon perdure en lui et pour expier sa culpabilité de fils. La fillette est alors découverte dans d'inextinguibles sanglots mais « délivrée », tandis que la dépouille de Karras, retrouvée au bas des escaliers, reçoit les derniers sacrements par l'un des proches amis prêtres.

Des jours plus tard, la famille MacNeil déménage. Regan est redevenue normale, malgré les marques physiques de violence.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

William Friedkin, réalisateur du film, accompagné de sa femme Sherry Lansing, le 9 février 2008.

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section proviennent de la base de données IMDb.

  • Budget de production (Estimation) : 12 000 000 $ ; publicitaire (Estimation) : 3 000 000 $ ; total : 15 000 000 $
  • Nombre d'entrées en France : 6 699 322[8]
  • Recettes aux États-Unis : 204 868 002 $ ; mondiales : 402 735 134 $

Distribution[modifier | modifier le code]

Légende : Doublage de la version originale (1974) / Doublage de la version intégrale (2001) ; Doublage québécois

Source : Version française (VF) sur AlloDoublage[9].

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

L'histoire de ce film se base sur des faits inexacts publiés dans l'édition du 20 aout 1949 du Washington Post[10]. En effet, alors que William Peter Blatty n'est encore qu'étudiant, il tombe sur un article relatant un cas d'exorcisme sur un garçon de 14 ans en 1949 dans le Maryland. Il se met alors à écrire sur le sujet. Le livre se vend à 13 millions d'exemplaires, seulement aux États-Unis.

Réalisation[modifier | modifier le code]

Alfred Hitchcock refuse d'acquérir les droits du livre et par conséquent de le réaliser[11]. Stanley Kubrick est approché et accepte le projet, à la condition de le produire lui-même, ce que la production refuse[12]. À leur tour Arthur Penn, Peter Bogdanovich, Mike Nichols et John Boorman (qui réalisera L'Exorciste 2 : L'Hérétique) déclinent la proposition qui leur a été faite. William Peter Blatty soumet alors le nom de William Friedkin qui vient de réaliser French Connection. Le succès du film encourage le studio à l'engager[13].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Le rôle de Chris MacNeil est proposé à Shirley MacLaine, amie de William Peter Blatty, qui le refuse en raison d'un précédent engagement à une œuvre similaire, Possession meurtrière[13]. Jane Fonda est ensuite contactée et décrit le projet comme « un tas de merde capitaliste »[14]. Audrey Hepburn, qui a pourtant mis un terme à sa carrière en 1968, accepte dans un premier temps le rôle à condition que le film soit tourné à Rome[15]. Anne Bancroft, à son tour, décline la proposition qui lui est faite en raison de sa grossesse[16]. Geraldine Page[17] et Barbra Streisand[18] ne sont pas intéressées. Ellen Burstyn, tout juste nommée aux Oscars pour son interprétation dans La Dernière Séance, accepte à la condition que son personnage n'ait pas à dire « Je crois au diable »[12].

Pour le rôle de Regan MacNeil, plusieurs actrices sont envisagées. Pamelyn Ferdyn est jugée trop connue par les producteurs. Les parents de la jeune Denise Nickerson, qui vient de tourner Charlie et la Chocolaterie de Mel Stuart, sont troublés par l'histoire et refusent. April Winchell est ensuite choisie et prête à jouer le rôle mais hospitalisée pour une grave infection rénale, elle ne peut accepter[19]. William Friedkin rencontre près de 500 actrices de 11 à 15 ans[20]. Linda Blair, actrice depuis l'âge de 6 ans, se présente accompagnée de sa mère. « Elle était intelligente, spontanée, attachante. Aucune des six candidates en lice à l'époque ne lui venait à la cheville. J'ai su qu'elle conviendrait parfaitement, qu'elle possédait une mentalité susceptible de l'intégrer à ce personnage sans qu'elle en soit traumatisée psychologiquement. » pense le réalisateur, qui engage la jeune actrice[20].

Warner Bros. soumet le nom de Marlon Brando pour interpréter le Père Merrin[21], mais Friedkin s'y oppose, l'acteur étant trop connu[21]. Le rôle revient à Max von Sydow. Paul Newman[22] et Jack Nicholson[23] sont contactés pour jouer le Père Karras, mais le réalisateur préfère Jason Miller, comédien sans aucune expérience au cinéma[13]. Le père Dyer est interprété par un véritable homme de foi : William O'Malley. Jésuite, enseignant, écrivain et... acteur, initialement embauché sur le projet en tant que conseiller technique, il se voit proposer le rôle du prêtre ami de Damien Karras. Il ne reprendra toutefois pas son rôle dans L'Exorciste, la suite, remplacé par l'acteur Ed Flanders. L'Exorciste reste sa seule expérience au cinéma.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage se déroule du au aux Warner Bros. Studios de Burbank, New York et Georgetown (Washington D.C.), ainsi qu'à Hatra et Mossoul, en Irak.

Réticente à laisser une enfant proférer des injures aussi crues, la production décide de confier la voix du démon dont est possédée la petite Regan, à l'actrice Mercedes McCambridge, alcoolique repentie. Pour ce doublage, elle s'est beaucoup investie moralement : elle s'est remise à boire et à fumer pour obtenir cette voix très grave. Afin de rentrer dans le personnage de Regan, elle a demandé à être attachée à une chaise.

L'idée de l'affiche du film, qui annonce la couleur, vient de William Friedkin qui s'est inspiré d'un tableau de Magritte comme il le dit lui-même[réf. nécessaire] :

« Il est possible que certains mouvements picturaux aient eu une influence sur moi, mais jamais de manière consciente. La seule peinture qui ait jamais influencé directement l'un de mes films, c'est ce Magritte : L'Empire des lumières. J'ai su lorsque j'ai vu cette toile que je devais recréer pour la scène où le prêtre arrive près de la maison des Mac Neil dans L'Exorciste, l'ambiance qui s'en dégageait. J'ai donc choisi une maison donnant sur une rue illuminée par le même type de réverbère, et j'ai fait éclairer la scène de manière similaire. Je n'ai pas copié ce tableau. Je m'en suis seulement inspiré pour ce qui reste aujourd'hui comme l'un des plans les plus mémorables du film. »

Bande originale[modifier | modifier le code]

Music Excerpts From
The Exorcist
Bande originale de divers artistes
Sortie 1974[24]
Genre musique de film, musique électronique
Label Warner Bros. Records

Bandes originales de L'Exorciste

Le réalisateur a, dans un premier temps, confié la musique du film au compositeur Lalo Schifrin qui enregistre même sa partition. Mais, mécontent du résultat lors des sessions d'enregistrement, William Friedkin rejette tout le travail de Schifrin et se tourne vers des musiques pré-existantes. Schifrin prend d'une certaine façon sa revanche en composant, six ans plus tard, la musique d'Amityville : La Maison du diable qui connait un grand succès et obtient une nomination à l'Oscar de la meilleure musique.

Pour le thème principal, William Friedkin choisit un extrait de l'album Tubular Bells de Mike Oldfield dont l'utilisation dans ce film va donner un coup de pouce à la carrière d'Oldfield et au tout jeune label Virgin, fondée par Richard Branson. Ce thème, froid et lancinant, a exercé une certaine influence sur la musique de films du genre, notamment sur celle composée par John Carpenter pour bon nombre de ses propres réalisations.

Liste des titres
  1. Iraq composé par Jack Nitzsche (1:55
  2. Georgetown / Tubular Bells composé par Mike Oldfield (5:21)
  3. Five Pieces For Orchestra, Op.10 (Sehr Langsam Und Äusserst Ruhig) composé par Anton Webern (11:15)
  4. Polymorphia composé par Krzysztof Penderecki (11:43)
  5. String Quartet (1960) composé par Krzysztof Penderecki (7:10)
  6. Windharp composé par Harry Bee (2:41)
  7. Night Of The Electric Insects composé par George Crumb (1:33)
  8. Kanon For Orchestra And Tape composé par Krzysztof Penderecki (9:49)
  9. Tubular Bells composé par Mike Oldfield (0:28)
  10. Fantasia For Strings composé par Hans Werner Henze (2:10)

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

L'Exorciste sort le aux États-Unis. Les critiques américaines sont partagées[25]. Stanley Kauffmann, rédacteur pour The New Republic, écrit : « C'est le film le plus effrayant que j'ai vu depuis des années - le seul film effrayant que j'ai vu depuis des années… Si vous voulez être ébranlé - allez voir L'Exorciste[26]. » Joe Dante reconnait lui aussi « un film surprenant et destiné à devenir un classique du cinéma d'horreur. Il sera profondément troublant pour tous les publics, en particulier les plus sensibles et ceux qui ont tendance à « vivre » les films qu'ils voient… Il n'y a jamais eu rien de tel à l'écran[27]. »

Toutefois, Vincent Canby du New York Times décrit le film comme « une ânerie avec de grotesques effets spéciaux[28]. » Andrew Sarris du Village Voice pense que « le réalisateur est incapable de fournir assez d'informations visuelles sur les personnages. L'Exorciste réussit à divertir mais en réalité c'est un film vraiment mauvais[29]. » Jon Landau du Rolling Stone le considère comme « un film pornographique religieux qui essaye de copier Cecil B. DeMille[30]. »

Le prêtre exorciste Don Amorth considère le film comme réaliste, malgré l'outrance des effets spéciaux.

Au delà de sa dimension fantastique, le film peut aussi s'interpréter comme une réflexion sur la difficulté à aimer les personnes en état de déchéance physique, suscitant chez leurs proches à la fois la pitié et le dégoût, de même qu'un sentiment de culpabilité. C'est le cas de la mère du père Karras, qui vieillit dans la misère et finit dans un hospice misérable, et surtout de Regan, se transformant en démon répugnant. Le père Karras, rongé par le remords d'avoir abandonné à la fois sa mère et son confrère, finira par dénier toute humanité à Regan, la rouant de coups. Il ne pourra expier cette triple faute que par le sacrifice de sa vie.

L'Exorciste est nommé à dix reprises aux Oscars et en reçoit deux, celui du meilleur son et du meilleur scénario adapté[31]. Il est également récompensé par quatre Golden Globes dont celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour Linda Blair[32].

Box-office[modifier | modifier le code]

L'Exorciste rapporte 193 000 000 $ lors de sa sortie aux États-Unis et au Canada entre 1973 et 1974. Après plusieurs ressorties, il engrange 232 671 011 de dollars[33]. Il a, à ce jour[Lequel ?], remporté 441 071 011 de dollars dans le monde entier. Il est classé 1er parmi les 20 films les plus regardés de l'année 1973[34],[35]. Au box-office mondial il est a ce jour 2e des films d'horreur derrière Les Dents de la mer.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Version intégrale[modifier | modifier le code]

En 2001, L'Exorciste ressort dans une version retravaillée. Certains passages du film sont affublés d'effets optiques confirmant davantage la présence de démon dans la maison. Par exemple lorsque Chris MacNeil arrive dans la cuisine au moment d'une panne de courant, on peut désormais apercevoir le visage de Pazuzu sur la hotte, à droite de l'image. Le film comporte aussi quelques suppléments parmi lesquels :

  • Regan passe une première visite médicale pendant que sa mère fait du tricot dans la salle d'attente. Durant les tests, la jeune fille commence à manifester des troubles du comportement. Peu après, le Dr Klein affirme à Chris que Regan a juste besoin d'un traitement.
  • Regan descend les escaliers comme une araignée en vomissant du sang.
  • Peu avant de commencer le procédé d'exorcisme sur Regan, le père Merrin demande à Chris quel est le second prénom de la jeune fille.
  • La fin du film est présentée désormais telle qu'elle est dans le livre : Le père Dyer rend la médaille de Karras à Chris (alors que dans la première version, il la garde) et retrouve le lieutenant Kinderman devant la porte d'entrée de la maison, peu après le départ de la famille. Kinderman demande des nouvelles de Regan puis propose à Dyer, comme il l'avait fait avec le père Karras, des places de cinéma.

Le film se termine sur un dernier plan montrant la fenêtre de la chambre de Regan avec l'appel à la prière musulmane en bruit de fond, indiquant que le démon est toujours là et que seul Dieu peut nous protéger du Mal.

Influences dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le film, devenu un classique du cinéma d'horreur, a souvent été parodié, par exemple en 1990, avec Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ?, ou avec plusieurs sketchs des Guignols de l'info ; en 1991, dans un sketch sur le racisme mettant en scène Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing et Édith Cresson ; plusieurs années plus tard, la marionnette de François Hollande incarnant l'exorciste tente de libérer Lionel Jospin de l'emprise du démon (qui le rend "chiant") en lui récitant des blagues de Toto. Le sketch se termine sur le thème de Mike Oldfield avec l'arrivée de Sylviane, la femme de Jospin, un livre d'Alain Minc à la main.

La scène de l'exorcisme est également parodiée au début de Scary Movie 2 de Keenen Ivory Wayans, James Woods joue le rôle du prêtre tenu dans la version originale par Max von Sydow. La parodie de L'Exorciste dans Scary Movie 2 peut être considérée comme un sketch[36].

Erreurs[modifier | modifier le code]

Il y a deux erreurs de montage quant à l'utilisation d'une cigarette : le père Karras tient une cigarette puis la donne au prêtre avec qui il discute ; dans le plan suivant la cigarette allumée est toujours dans sa main droite. Chris MacNeil demande une cigarette au père Karras, la consomme puis la jette et l'écrase par terre ; puis elle discute sans cigarette à la main et soudain elle est perçue en train de fumer une cigarette.

Suites[modifier | modifier le code]

La saga L'Exorciste est composée de trois films et d'une préquelle[37]. Après le succès du premier film, une suite est envisagée par le studio. L'Exorciste 2 : L'Hérétique sort ainsi quatre ans après en 1977. Mais l'équipe technique et la distribution y sont majoritairement opposés. William Friedkin et William Peter Blatty se rencontrent néanmoins pour développer une idée à filmer, mais finalement y renoncent[38]. Ellen Burstyn refuse le projet, tout comme Linda Blair[39]. La Warner pense à Melissa Sue Anderson, Rosanna Arquette, Jamie Lee Curtis, Jodie Foster, Mariel Hemingway, Helen Hunt, Jennifer Jason Leigh, Kristy McNichol, Tatum O'Neal ou encore Brooke Shields comme remplaçante. Mais Linda Blair revient finalement sur sa décision, qu'elle regrettera après avoir lu la première version du scénario. « Après cinq réécritures, ce n'était plus du tout la même chose. C'est l'une des plus grandes déceptions de ma carrière[40]. » La jeune comédienne a pour partenaire Louise Fletcher et Richard Burton, ainsi que Max von Sydow. Réalisé par John Boorman, le film est un échec critique et commercial[41], William Peter Blatty le trouve « très mauvais »[42] et William Friedkin, après en avoir vu seulement 30 minutes, « calomnieux et horrible »[43]. Seule la journaliste Pauline Kael le préfère à l'original.

À la fin des années 1980, William Peter Blatty pense à une histoire qui aurait du sens et adapte son roman Legion pour L'Exorciste, la suite[44], qu'il décide de réaliser après le refus de John Carpenter[45] et de William Friedkin[46] qui pourtant apprécie l'histoire originale[47]. Ce troisième volet met en scène George C. Scott, Ed Flanders, Brad Dourif, Jason Miller et Grand L. Bush. Il rapporte 26 098 824 $[48] au box-office américain. La même année, en 1990, sort Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ? parodie de l'original avec Leslie NielsenLinda Blair reprend son rôle de personnage possédé par un démon, mais cette fois sous les traits d'une mère de famille.

En 2004, une préquelle intitulée L'Exorciste : au commencement est réalisée. John Frankenheimer refuse de le diriger un mois avant sa mort. Paul Schrader est alors chargé par Morgan Creek Productions de le remplacer, mais il est renvoyé par le studio invoquant un manque de sang et de violence dans les images tournées par celui-ci[49],[50]. Renny Harlin accepte de le remplacer et re-filme pratiquement la totalité des scènes[49]. Il commente : « Je suis un fan inconditionnel du cinéma d'horreur. C'est avec lui que j'ai démarré, et c'est un genre que j'ai toujours aimé et admiré. Le premier L'Exorciste est à l'évidence l'un des titres les plus marquants du genre. C'est aussi l'un de mes films favoris, et je ne pouvais laisser passer cette occasion[49]. » Il est prévu que la version de Paul Schrader sorte directement en vidéo, en tant que supplément de celle mise en scène par Harlin. Mais l'idée est rejetée par le studio après l'échec du film[51]. La version de Paul Schrader ressort dans différents festivals, ainsi que dans quelques pays sous le titre Dominion: Prequel to the Exorcist[52]. Les critiques sont pour la plupart négatives et des deux films, la version Schrader est la préférée[53]. William Peter Blatty est du même avis et décris Dominon comme « un beau film, un classique, une élégante pièce de travail[54]. » Linda Blair, quant à elle, se déclare « choquée » lorsqu'elle découvre que Warner Bros. utilise son image et sa voix pour la promotion du film sans son autorisation[50].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Cinema of the occult: new age, satanism, Wicca, and spiritualism in film, Rosemont Publishing & Printing Corp., (ISBN 9780934223959, lire en ligne) :

    « Blatty's novel was loosely based on an actual exorcism, and the producers of Possessed claim the film is closer to the "real" story. »

  2. (es) Dimension Desconocida, Ediciones Robinbook, (ISBN 9788499170015, lire en ligne) :

    « La inspiración del exorcista La historia de Robbie Mannheim es un caso típico de posesión, y es la que dio vida a la película El Exorcista. »

  3. (en) The Exorcist - Box Office Data, Movie News, Cast Information - The Numbers
  4. (en) « FOX Announces Fall Premiere Dates for the 2016-2017 Season », sur TheFutonCritic,‎
  5. Boby, « UPFRONTS 2016 : FOX commande APB, L'Arme Fatale, L'Exorciste, Pitch et deux nouvelles comédies », sur Upfrontsusa.com,‎ (consulté le 11 mai 2016)
  6. (en) « Designated Hits: CTV Lands TV’s Biggest New Dramas for 2016/17 Primetime Lineup », sur Bell Media,‎
  7. (en) Release dates for The Exorcist. IMDB.
  8. « L'Exorciste », sur JPBix-Office (consulté le 14 novembre 2011)
  9. « Fiche de doublage V. F. du film » sur AlloDoublage, consulté le 30 octobre 2012
  10. FAQ Internet Movie Database
  11. Alfred Hitchcock sur notstarring.com
  12. a et b Anecdotes sur L'Exorciste. IMDb
  13. a, b et c (fr) DVD « L'Exorciste/Shining » Livret : Notes de production
  14. Behind The Screams of The Exorcist -Part Two
  15. Audrey Hepburn sur notstarring.com
  16. Anne Bancroft sur notstarring.com
  17. Geraldine Page sur notstarring.com
  18. Barbra Streisand sur notstarring.com
  19. « 5 things you don't know about April Winchell, Mr. KABC Radio Show audio archive »
  20. a et b Interview de William Friedkin par Jean-Luc Vandiste, à propos de L'Exorciste - version intégrale, L'Écran fantastique, 2001.
  21. a et b Marlon Brando sur notstarring.com
  22. Paul Newman sur notstarring.com
  23. Jack Nicholson sur notstarring.com
  24. (en) National Philharmonic Orchestra, The* / Leonard Slatkin – Music Excerpts From The Motion Picture The Exorcist - Discogs.com
  25. Travers, Peter and Rieff, Stephanie. The Story Behind ‘The Exorcist’, Pg. 149, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  26. Kauffmann, Stanley. New Republic review reprinted in The Story Behind ‘The Exorcist’, written by Peter Travers and Stephanie Rieff, pgs. 152 - 154, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  27. Joe Dante, Castle of Frankenstein, Vol 6, No. 2 (Whole Issue #22), pgs. 32-33. Critique de L'Exorciste
  28. Vicent Canby, New York Times cité dans The Story Behind ‘The Exorcist’ de Peter Travers et Stephanie Rieff, pgs. 150 - 152, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  29. Andrew Sarris, Village Voice cité dans The Story Behind ‘The Exorcist’ de Peter Travers et Stephanie Rieff, pgs. 154–158, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  30. Jon Landau, Rolling Stone cité dans The Story Behind ‘The Exorcist’ de Peter Travers et Stephanie Rieff, pgs. 158 - 162, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  31. (en) Nominations pour L'Exorciste. Oscars.
  32. (en) Best Performance by an Actress In A Supporting Role in a Motion Picture. Golden Globes.
  33. (en) Business Data for The Exorcist. IMDB.
  34. (en) Top 20 Films of 1963. Box Office Report.
  35. Gebert, Michael. The Encyclopedia of Movie Awards for 1974, taken from Variety magazine), pg. 314, St. Martin's Paperbacks, 1996. (ISBN 0-668-05308-9)
  36. Son lien avec la suite du deuxième épisode de la série humoristique est délaissé pour une intrigue parodiant largement dans l'histoire principale le film Hantise de Jan de Bont, réalisé en 1999
  37. La Saga L'Exorciste
  38. William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p. 156
  39. Anecdotes sur L'Exorciste 2: L'Hérétique. IMDb
  40. Interview de Linda Blair, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p.165
  41. avec seulement 30 749 142 $ de recette(fr) BoxOfficeMojo.com, « Exorcist II: The Heretic »
  42. Interview de William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p. 163
  43. Interview de William Friedkin, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p. 165
  44. Interview de William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe(Omnibus Press, 1999), p. 170
  45. Anecdotes sur L'Exorciste: la suite. IMDb
  46. Interview de William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p. 172
  47. William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p. 170
  48. (fr) BoxOfficeMojo.com, The Exorcist III
  49. a, b et c Anecdotes sur L'Exorciste : au commencement. AlloCiné
  50. a et b Anecdotes sur L'Exorciste : au commencement. IMDb
  51. avec 41 814 863 $(fr) BoxOfficeMojo.com, Exorcist: The Beginning de recettes pour un budget de 80 000 000 $
  52. Anecdotes sur Dominon: Prequel to the Exorcist. IMDb
  53. Dominion: Prequel to the Exorcist
  54. Bruce Westbrook, Dominion, Houston Chronicle, 21 mai 2005

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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