L'Esclavage dans le Massachusetts

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L'Esclavage dans le Massachusetts
Auteur Henry David Thoreau et Frederick Douglass
Pays États-Unis
Genre Essai
Version originale
Langue Anglais
Titre Slavery in Massachusetts
Lieu de parution Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de parution 1854
Version française
Traducteur François Specq
Éditeur Éditions Rue d’Ulm
Date de parution 2006
ISBN 9782728835034
Chronologie
Précédent 'An Excursion to Canada
(1853)
'Walden ou la vie dans les bois
(
Walden or Life in the Woods) (août 1854)
Suivant

L'Esclavage dans le Massachusetts (Slavery in Massachusetts) est un essai écrit par Henry David Thoreau et publié en 1854. Version plus développée d'un discours prononcé le à Framingham (Massachusetts) à l'occasion d'un rassemblement antiesclavagiste, il est publié pour la première fois dans le Liberator, le journal abolitionniste de William Lloyd Garrison.

Contexte[modifier | modifier le code]

Deux événements constituent la toile de fond de ce texte : d'une part, le vote de l'acte Kansas-Nebraska qui remet en cause le compromis du Missouri et entraîne les premiers mouvements de colons favorables à l'esclavage, à l'origine des affrontements du Bleeding Kansas ; d'autre part, l'application de la loi sur les esclaves fugitifs de 1850 qui a radicalisé le mouvement abolitionniste américain et posé la question de la légitimité de l'action directe. Plusieurs actions de résistance contre la loi ont eu lieu depuis 1850. Un événement plus particulier est au centre de l'argumentation de Thoreau. Peu de temps auparavant, à Boston, un groupe d'abolitionnistes, comptant plusieurs connaissances de l'auteur, a tenté, sans succès, de libérer Anthony Burns, un esclave fugitif de Virginie, détenu dans l'attente de son transfert vers sa plantation d'origine. Plusieurs des meneurs de l'assaut, qui a été fatal à l'un des gardiens, ont été inculpés à la suite de cette opération.

Une prise de position morale et politique[modifier | modifier le code]

Le texte de Thoreau est basé sur des notations de son Journal, reprises in extenso ou parfois légèrement édulcorées. Son argumentation éthique dénonce de manière virulente la corruption morale que le gouvernement du Massachusetts permet sur son territoire en étant complice de la pratique inique de l'esclavage. Reprenant une image du poète anglais John Milton, il évoque une terre recouverte de « scories volcaniques et de cendres ».

Sur le plan des institutions politiques Thoreau appelle le Massachusetts à rompre le pacte de l'Union fédérale, qui le lie aux propriétaires d'esclaves par la Constitution, de même que le plan individuel il appelle chaque citoyen à rompre le contrat qui le lie au gouvernement fédéral.

Thoreau reprend ainsi deux idées qu'il avait mentionnées dans Désobéissance Civile en 1846, mais pour en faire les éléments clés de son plaidoyer contre l'esclavage, en se référant à de nombreux évènements spécifiques en cours dans la lutte anti-esclavagiste. L'idée d'une "désunion" a commencé à être évoquée par l'abolitionniste William Lloyd Garrison en 1842, et ce jour-là à Framingham il brûle une copie de la Loi sur les esclaves fugitifs, et de la Constitution, en disant: « Pas d'union avec l'esclavage »; c'est lui qui demanda à Thoreau de publier le texte de son discours dans son journal le Liberator[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. NOTE: Le texte de Thoreau a paru dans le Liberator le 21 juillet 1854 (une lettre de Thoreau y avait déjà été publiée le 28 mars 1845). Mayer, Henry. All On Fire; William Lloyd Garrison and the abolition of slavery. New York; W. W. Norton & Company, 1998, p. 314 et 443-446.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry David Thoreau et Frederick Douglass (trad. François Specq), De l’esclavage en Amérique, Paris, Éditions Rue d’Ulm, , 203 p.