Kathrine Switzer

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Kathrine Switzer Portail athlétisme
Kathrine Switzer at the 2011 Berlin Marathon Expo.jpg
Kathrine Switzer, lors du Berlin Marathon Expo, en 2011
Informations
Disciplines Marathon
Période d'activité 1967 -
Nationalité Drapeau : États-Unis américaine
Naissance (70 ans)

Kathrine Switzer, née le à Amberg en Allemagne, est une écrivaine américaine, commentatrice de télévision et coureuse de marathon, surtout célèbre pour avoir été la première femme à courir le marathon de Boston comme participante enregistrée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1947, elle étudie le journalisme à l’université de Syracuse, où elle s'entraîne au cross-country avec les hommes car aucune équipe féminine n'existe[1]. Ayant entendu parler de Bobbi Gibb (en), qui a parcouru le marathon de Boston en 1966 en 3 heures 21 minutes et 25 secondes mais sans être inscrite, Kathrine Switzer demande à son entraîneur de la laisser courir avec lui le même marathon. Il refuse, arguant qu'une femme en est incapable, une croyance répandue à cette époque étant que les femmes n'auraient pas assez d'endurance pour courir, que cela pourrait faire tomber leur utérus ou les masculiniserait[2].

En se montrant capable de parcourir davantage que la distance d'un marathon à l'entraînement, Kathrine Switzer parvient à convaincre Arnie Briggs de soutenir son inscription à la course de Boston, le règlement n'interdisant pas explicitement aux femmes de participer. Lors de son inscription, elle utilise au lieu de son prénom ses initiales « K. V. », qu'elle emploie déjà pour signer les articles qu'elle écrit pour le journal de l'université[1],[2].

Le jour de la course, elle est encouragée par les autres participants. Malgré son apparence et le fait qu'elle porte du maquillage, du rouge à lèvres et un serre-tête en plus de son short et d'un survêtement, elle n'est pas empêchée de prendre le départ aux côtés de son entraîneur Arnie Briggs et son compagnon Tom Miller, athlète de lancer de marteau. Au sixième kilomètre, elle est remarquée par le véhicule des journalistes et des organisateurs. L'un des organisateurs officiels, Will Cloney, ne parvient pas à l'arrêter, tandis qu'un autre, Jock Semple, tente de l'extraire de la course en la retenant et en essayant de lui arracher son dossard, en lui criant « Tirez-vous de ma course et donnez-moi ces numéros ! » (« Get the hell out of my race and give me those numbers! »[1],[2],[3]. Elle est défendue par son entraîneur Arnie Briggs, qui demande à Semple de la laisser courir, puis par son compagnon Tom Miller, qui pousse Semple vers le bas-côté d'un violent coup d'épaule, ce qui permet à Switzer de poursuivre son parcours. Elle l'achève en environ 4 heures et 20 minutes, soit une heure de plus que le temps effectué par Bobbi Gibb, non enregistrée l'année précédente. Les photos de cet incident font les gros titres dans le monde entier[1],[4],[5].

À la suite de sa course, Kathrine Switzer est disqualifiée de celle-ci et suspendue par la Fédération américaine d'athlétisme[2],[1], qui interdit explicitement aux femmes de participer à toute compétition avec des coureurs masculins, sous peine de perdre le droit de concourir[réf. nécessaire]. Switzer milite pour que l'association d'athlétisme de Boston de permettre aux femmes de participer au marathon et pour qu'un marathon féminin figure au programme des Jeux olympiques. En 1972, le marathon de Boston est officiellement ouvert aux femmes, et en 1984 a lieu le premier marathon féminin olympique[1].

Switzer remporte la victoire féminine au marathon de New York en 1974[1], avec un temps de 3 heures 7 minutes et 29 secondes (59e au total). Elle participe au total à 35 marathons[réf. nécessaire], et son meilleur temps personnel pour un marathon est de 2 heures 51 minutes 37 secondes, réalisé à Boston en 1975. En 2017, cinquante ans après sa première participation, elle participe à nouveau au marathon de Boston, avec le même numéro de dossard qu'en 1967, et achève sa course en 4 heures 44 minutes et 31 secondes[3].

Elle est inscrite au National Women's Hall of Fame en 2011[6], pour avoir initié une révolution sociale en encourageant la reconnaissance de la force des femmes à travers la course. Depuis 1967, elle travaille pour augmenter le nombre d'opportunités pour les femmes de courir, en différents endroits du monde. Switzer a été nommée Coureuse de la décennie (1967-77) par le magazine Runner's World, et a reçu un Emmy Award pour son travail comme commentatrice à la télévision.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Année Compétition Lieu Place Épreuve Temps
1972 Marathon de Boston Boston 3e Marathon ?
1974 Marathon de New York New York 1re Marathon 3h07'29"
1975 Marathon de Boston Boston 2e Marathon 2h51'37"

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • A comprehensive report on women's long distance running (1979, ouvrage collectif).
  • Running and Walking for Women Over 40: The Road to Sanity and Vanity (1998).
  • 26.2 Marathon Stories (2006, ouvrage collectif).
  • Marathon Woman: Running the Race to Revolutionize Women's Sports (2009).

Références et notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Amandine Schmitt, « La marathonienne : quand Kathrine Switzer donnait le droit de courir aux femmes », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Olivier Paradis-Lemieux, « Quand les femmes n'avaient pas le droit de courir » (consulté le 17 juin 2017)
  3. a et b Célia Cazale, « Kathrine Switzer court à nouveau le marathon de Boston, 50 ans après son acte de bravoure », sur www.huffingtonpost.fr, (consulté le 17 juin 2017)
  4. Sylvie Chayette, « La dernière Parisienne de Martine Segalen », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. « Kathrine Switzer : Marathon Woman », L’Équipe,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Tim Delaney et Tim Madigan, The Sociology of Sports: An Introduction, 2d ed., McFarland, (lire en ligne), « Gender and Sport », p. 232

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Reportage Free to Run, 2016. [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]