Kâma

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Kâma

Kâma (en sanskrit कामदेव, Kāmadeva ; de kāma, le « désir[1] ») est la divinité hindoue du désir, et plus particulièrement du désir amoureux. Comme l'Éros grec, il utilise un arc et des flèches pour répandre l'amour. Il est le fils de Dharma et de Shraddha. Mentionné dans le Rig-Veda comme le plus puissant des dieux (mais presque chaque dieu védique est loué comme étant « le plus puissant des dieux »), il symbolise le moteur qui pousse les hommes à la perpétuation de leur espèce. En d'autres termes, il symbolise le désir sexuel ou la libido. Par suite, il régente le samsâra.

Origine et légendes[modifier | modifier le code]

Il est généralement considéré comme naissant de lui-même, qualifié de ananyaja, c'est-à-dire né de nul autre. Son lieu traditionnel de naissance est la ville de Gauhatî dans l'Assam. Son épouse est Ratî ou Revâ, le désir, et son frère Krodha, la colère, son fils Aniruddha, Sans-rival, et sa fille Thrishnâ, la soif.

Puissance du désir qui dévore les hommes, l'Atharva-Veda l'identifie à Agni, le dieu du feu. D'après les Brâhmana, il est à la source de la création de l'univers, car il aurait instillé à Brahmâ le désir de ne pas être seul.

À l'origine, Kâma était un être d'une irrésistible beauté, créé par les dieux afin d'obliger Shiva à sortir de son ascèse pour épouser Pârvatî. Il se rendit donc en compagnie du Printemps et de son épouse, sur le mont Kailāsa (Kailash) afin de distraire celui-ci. Il décocha au dieu une de ses flèches mais Shiva, furieux, ouvrit son troisième œil, celui de la destruction, et réduisit Kâma en cendres.

D'après le Rāmāyana, il aurait été envoyé par les dieux, inquiets par la puissance de l'asura Târaka, pour réveiller Shiva et que ce dernier le défît. Il subit alors la même punition du dieu en colère.

Cette destruction par Shiva, faisant de lui un dieu sans corps, lui fait parfois porter le nom d'Ananga, « sans corps ». L'épouse de Kâma ayant ému le dieu par ses pleurs, Shiva lui accorda le droit de renaître comme Pradyumna.

Kâma est vénéré par les yogis, car lui seul peut libérer du désir.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Kâma est représenté comme un jeune homme à la peau noire, à deux ou huit bras, possédant un arc en canne à sucre dont la corde est une chaîne d'abeilles et cinq flèches de fleurs, lotus bleu, jasmin, fleur de manguier, champaka et shirîsha, qui représentent les cinq sens. Son vâhana ou véhicule est un perroquet et celui de son épouse, Ratî, un pigeon.

Mythe d'origine tamoule sur le dieu Kâma (VIe siècle)[modifier | modifier le code]

« Madhou, l'amour le plus intense de Kâmadêva[2] »

Kâma dans d'autres cultures[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Dictionnaire Héritage du Sanscrit de Gérard Huet (en ligne).
  2. Ram nam satya hai, l'amour et les mythes, de Mélissos ARMAND, Cerato Pondichery University, 1888, dans Trésor de la poésie universelle, Roger Caillois/Jean-Clarence Lambert, Gallimard (6e édition)

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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