Juan d'Aguila

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Don Juan d'Aguila (en espagnol : Frey Juan Del Águila y Arellano) est un général espagnol, né à Ávila en 1545 et mort à La Corogne en août 1602.

Chef des troupes expéditionaires des Tercios en Sicile puis en Bretagne (1584-1598), général des forces armées espagnoles, lors de l'invasion de l'Irlande (1600-1602).

En 1563, à l’âge de 18 ans, il est repéré par son supérieur Gonzalo de Bracamonte chef des troupes des tercios envoyées en Sicile, il servira dans la compagnie des Tercios pendant 24 années. Il a fait partie du contingent envoyé pour secourir Malte, assiégée par les Ottomans. L'année suivante, il a été envoyé en Corse pour aider les forces génoises, qui essayaient d'écraser la rébellion dirigée par Sampiero Corso.

Les Pays-Bas espagnols

Son expédition militaire aux Pays-Bas espagnols[modifier | modifier le code]

En 1567, il fait partie des Tiercos de Sicile envoyés en Flandres.

En 1568 commence la Guerre de Quatre-Vingts Ans aussi appelée révolte des Pays-Bas ou encore révolte des gueux, avec le soulèvement armé mené lors de la (bataille de Heiligerlee)contre la monarchie espagnole, jusqu'en 1648 (traités de Westphalie).

En 1569, le capitaine Pedro González de Mendoza le nomme lieutenant de sa compagnie de Tercios. il prend part la Bataille de Mook, qui fut un coup dur pour les rebelles protestants en guerre contre l'occupation espagnoles.

En mai 1577, suite à la signature de l'Édit perpétuel qui vise à pacifier les Pays-Bas espagnols, sa compagnie doit abandonner Maastricht pour la Lombardie. Cette édit est un échec et en août la même année, le gouverneur Don Juan d'Autriche réclame de nouveau sa présence pour pacifier les Flandres. Le décès de son général, Julian Romero, retarda son départ jusqu'à l'automne.

En 1578, à la suite de la mort de Don Juan d'Autriche, le nouveau gouverneur est Alejandro Farnesio. Celui-ci retire les troupes de Juan d'Aguila en 1580 après négociations avec les Wallons. Mais deux ans plus tard en 1582, Juan d'Aguila revient avec sa compagnie de Tercios.

En 1586, les tiercios de Juan d'Aguila prend part aux conquêtes de Grave (6 juin), de Neuss (26 juillet), d'Alpen (13 août) et de Zutphen (12 octobre), en obligeant l'armée anglaise qui l'assiégeait la ville à lever le camp.

La citadelle de Port Louis construit sous les ordres de Don Juan d'Aguila

Son expédition militaire en Bretagne[modifier | modifier le code]

En 1590, Après l’assassinat du duc de Guise, Mercœur, gouverneur de Bretagne, se révolte contre l’accession au trône du protestant Henri de Navarre et obtient l’aide du roi Catholique Philippe II d'Espagne. Ce dernier lui envoie quelques milliers de fantassins espagnols qui débarquent au Blavet (futur Port-Louis), sous le commandement de Don Juan d'Aguila. Jérôme d'Arradon qui s'était vu confier par Mercœur le commandement d'Hennebont et de Blavet réalisa vite que les Espagnols se conduisaient en conquérants et ne reconnaissaient pas d'autre autorité que celle de leur roi, Philippe II.

En 1591, Juan d'aguila fait entreprendre la construction de la citadelle de Blavet, travaux supervisés par le capitaine Don Cristóbal de Rojas[1] (1555-1614), ingénieur des fortifications de Cadix. Don Juan d'Aguila, gouverneur de la place donna son nom à la citadelle qu’il construisit : "Fuerte del Aguila".

En 1598, la Paix de Vervins mit fin à l’occupation espagnole, les États de Bretagne demandèrent alors la démolition de la citadelle. La destruction ne fut pas complète et il resta : deux bastions, une courtine, les piles du pont, les casernes, deux corps de garde et la chapelle.

Son expédition militaire en Irlande[modifier | modifier le code]

En 1601, Juan d'Aguila débarque à la tête de ses troupes expéditionnaires espagnoles à Kinsale en Irlande pour venir en aide aux insurgés irlandais catholiques. Mais les forces anglaises battent les forces coalisées irlandaises et espagnoles à Kinsale. Juan d'Aguila capitule devant Lord Mountjoy le 12 janvier 1602. Le 13 mars Juan d'Aguila embarque avec ses troupes pour La Corogne en Espagne. Le retour est amer. Arrivé en Espagne, il est mis en résidence surveillée par le gouverneur de la Reine. Cette détention administrative et politique en raison de son échec militaire en Irlande, considéré comme une faute grave, l'accable profondément. Il est blessé dans son orgueil de ses gloires passées. Rejeté par son pays qu'il pense n'avoir pas démérité, ni trahi, il meurt en août de la même année et fut enterré dans le village de Berraco, dans l'évêché d'Ávila, où avait été élevé.

Notes et références[modifier | modifier le code]