Johann Heinrich Buttstett

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Johann Heinrich ButtstettButtstedt, Buttstädt
Naissance
Bindersleben, Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Décès (à 61 ans)
Erfurt, Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Maîtres Johann Pachelbel
Élèves Johann Gottfried Walther

Johann Heinrich Buttstett (Buttstedt) est un compositeur, organiste et théoricien allemand, né à Bindersleben (aujourd'hui inclus dans Erfurt) le et décédé à Erfurt le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Buttstett est d’abord formé à Bindersleben et à la Ratsschule d’Erfurt avant d’étudier, dès 1678, avec Johann Pachelbel. Buttstett se voit confier son premier poste d’organiste à la Reglerkirche en 1684. Trois ans plus tard, il est choisi comme organiste à la Kaufmannskirche et épouse, en juillet 1687, Martha Lämmerhirt, une lointaine cousine de la mère de Jean-Sébastien Bach ; ils ont dix enfants entre 1688 et 1704, dont Johann Samuel, qui est probablement le père de Franz Vollrath Buttstett (1735–1814).

En 1691, Buttstett est nommé organiste de la Predigerkirche (poste qu’occupait Pachelbel jusqu’en 1690) et devient le principal organiste de la ville. Il reçoit le titre de Ratsorganist en 1693 et effectue une remarquable carrière, longue de 36 ans, durant laquelle il se distingue comme organiste et compositeur d’œuvres pour clavier, mais également de musique vocale.

À l’instar de son maître Pachelbel, Buttstett réunit de nombreux disciples autour de lui, dont le fameux lexicographe, organiste et compositeur Johann Gottfried Walther[1],[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Buttstett est surtout connu comme l’auteur de Ut Mi Sol, Re Fa La, Tota Musica et Harmonia Aeterna, œuvre publiée en 1716 dans laquelle il réagit contre Das Neueröffnete Orchestre rédigé par Mattheson en 1713, ouvrage « progressiste » qui, selon Buttstet, instaurait le chaos[3],[4]. À la publication de Buttstett qui prônait les techniques musicales du passé contre la musique galante, Mattheson répondit par Das beschützte Orchestre (1717) ; la réplique de Buttstett, Offentliche Erklärung (1718) passa inaperçue[5].

Les œuvres pour clavier de Buttstett – en particulier ses quelque 40 chorals – dénotent une influence de Pachelbel et montrent qu’il connaissait les pièces d’orgue de l’École d’Allemagne du Nord, notamment celles de Reinken. Buttstett est aussi l’auteur de Musicalische Clavier-Kunst und Vorraths-Kammer, publié en 1713 et en 1716. Dans la préface de ce recueil, le compositeur affirme que les sept pièces qu’il contient ne représentent qu’une petite partie des fugues, ricercars, fughettes, préludes, chorals, toccatas, sonates, ouvertures et suites qu’il a déjà composés ou qu’il a l’intention de composer. Ces partitions n’ont pas été retrouvées[6],[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • 4 messes : Opera prima sacra, bestehend aus 4 neukomponierten Missen (Erfurt, 1720) – œuvres perdues
  • Missa a 6 voci

Musique pour clavier[modifier | modifier le code]

  • Musicalische Clavier-Kunst und Vorraths-Kammer (Leipzig, 1713), pour orgue (ou clavecin) :
  1. Præludium et Capriccio en ré mineur
  2. Aria et 12 variations en fa majeur
  3. Præludium et Ricercar (3 sections) en do majeur
  4. Præludium et Fuga en sol majeur
  5. Præludium et Canzona (6 sections), suivis de 2 menuets, en ré mineur
  6. Suite en ré majeur (Allemande, Courante, Sarabande, Menuet, Aria)
  7. Suite en fa majeur (Allamand, Courant, Sarabanda, Air et Double, Menuet)
  • Nombreuses pièces annoncées dans la préface, perdues ou jamais composées.
  • Environ 40 préludes de chorals pour orgue (manuscrits), dont :
  1. Ach Gott, vom Himmel sieh darein
  2. Allein Gott in der Höh sei Ehr I & II
  3. Aus tiefer Not schrei ich zu dir
  4. Christ ist erstanden
  5. Christ lag in Todesbanden
  6. Der Tag, der ist so freudenreich
  7. Es stehn vor Gottes Throne
  8. Gelobet seist du, Jesu Christ
  9. Gott durch dein Güte I, II & III
  10. Herr Gott, dich loben alle wir
  11. Herr Jesu Christ, meins Lebens Licht
  12. Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ
  13. In dulci jubilo
  14. Jesus Christus, unser Heiland, der den Tod überwand
  15. Komm, Gott Schöpfer, Heiliger Geist
  16. Kyrie eleison
  17. Nun bitten wir den Heiligen Geist
  18. Nun freut euch, lieben Christen gmein
  19. Nun komm, der Heiden Heiland I & II
  20. O Gott, du frommer Gott
  21. Vom Himmel hoch da komm ich her
  22. Vom Himmel kam der Engel Schar
  23. Wo Gott zum Haus nicht gibt sein Gunst
  24. Wo soll ich fliehen hin?
  • Fugue en mi mineur dans le Andreas Bach Buch.
  • 2 Marches pour clavecin en si bémol, dans le Ut, mi, sol, re, fa, la, tota musica et harmonia aeterna (Erfurt, 1716)

Ouvrages théoriques[modifier | modifier le code]

  • Ut, mi, sol, re, fa, la, tota musica et harmonia aeterna, oder Neu-eröffnetes, altes, wahres, eintziges und ewiges Fundamentum Musices : entgegen gesetzt dem Neu-eröffneten Orchestre, und in 2 Partes eingetheilet. In welchen und zwar im 1. Th. des Herrn Authoris des Orchestre irrige Meynungen [...], Erfurt, 1716
  • Der wider das Beschützte Orchestre ergangenen öffentlichen Erklärung, Erfurt, 2/1718


L'orgue Silbermann (1721) de l'église St-Georges de Rötha, l'un des trois joués par Helga Schauerte-Maubouet pour son disque.
L'orgue de Sainte-Marie à Rötha.

Discographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ernst Ziller, Johann Heinrich Buttstädt : (1666-1727), (thèse) Halle, 1934 (OCLC 755043017).
  • Walter Blankenburg, « Der Titel und das Titelbild von J.H. Buttstetts Schrift », dans Die Musikforschung, III, 1950, p. 64–66.
  • Ernst Ziller, « Der Erfurter Organist Johann Heinrich Buttstädt : 1666–1727 », dans Beiträge zur Musikforschung, Hildesheim, 1971 (OCLC 221419007).
  • Walter Blankenburg, « Zum Titelbild von Johann Heinrich Buttstetts Schrift UT–MI–SOL–RE–FA–LA, tota musica et harmonia aeterna (1716) », Heinrich Sievers zum 70. Geburtstag, Tutzing, 1978, p. 21–28
  • (en) Willi Apel (trad. Hans Tischler), The History of Keyboard Music to 1700, Bloomington, Indiana University Press, 1972 rééd. 1997, 878 p. (ISBN 025313790X, OCLC 412121, notice BnF no FRBNF42816816, lire en ligne)
  • Friedrich Blume, « Buttstett, Johann Heinrich », dans Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Kassel-Basel, 1989, vol. 2, col. 533-540.
  • (en) George J. Buelow, « Buttstett, Johann Heinrich », dans Stanley Sadie (éd.), The New Grove Dictionary of Music and Musicians, Londres, Macmillan, , 2e éd., 25 000 p. (ISBN 9780195170672, lire en ligne)
  • (en) Scott M. Elsholz (Thèse de doctorat), Opening a forgotten cabinet: Johann Heinrich Buttstett’s Musicalische Clavier=Kunst und Vorraths=Kammer (1713), Université de l'Indiana, mai 2013 [lire en ligne] [PDF].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’après Blume, Friedrich, “Buttstett, Johann Heinrich”, dans : Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Kassel-Basel, 1989, vol. 2, col. 533-540
  2. a et b Grove 2001.
  3. Apel 1972, p. 676–674.
  4. Julie Anne Sadie (Dir.), Guide de la musique baroque, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 736 p. (ISBN 2-213-5948-99, OCLC 34495042), p. 271.
  5. Friedrich Blume, « Buttstett, Johann Heinrich », dans : Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Kassel-Basel, 1989, vol. 2, col. 535.
  6. Apel 1972, p. 676–677.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]