Jean Laurent Blessig

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Jean Laurent Blessig
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Jean Laurent Blessig
1836

Naissance
Strasbourg
Décès
Strasbourg
Activité principale

Pasteur luthérien

Professeur de théologie protestante (Strasbourg)

Jean Laurent Blessig ou Johann Lorenz Blessig, est un pasteur luthérien et professeur de théologie protestante alsacien. Né à Strasbourg le , il y est mort le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Laurent Blessig, pêcheur à Strasbourg et de Suzanne Siegwalt, il est l'aîné de 12 enfants. Marié le 8 mai 1780 avec Suzanne Beyckert[1], fille d'un professeur de théologie[2], il n'a pas eu d'enfant.

Après sa scolarité au gymnase protestant de Strasbourg, il étudie la théologie, les langues grecque, latine et sémitiques, la philosophie et l'histoire. Il effectue avec Richard François Philippe Brunck un voyage littéraire à travers l'Allemagne et les Pays-Bas (1772-1775). En Suisse, il devient l'ami de Lavater. Il fera également deux séjours à Paris en 1779 et 1803. Il obtient les grades de Docteur en philosophie (1770), en droit (1784) et en théologie protestante (1788). Ordonné pasteur de l'Église de la Confession d'Augsbourg en 1775, il est nommé vicaire et enseigne au Gymnase et au collège Saint-Guillaume. Chargé de la paroisse luthérienne de langue française, il prononce l'éloge funèbre du Maréchal Maurice de Saxe lors de la translation de son corps en l'église Saint-Thomas, discours qui eut un grand retentissement. Nommé prédicateur au Temple-Neuf de Strasbourg (1781), il devient professeur de théologie (1783) et de philosophie au sein de l'université luthérienne de Strasbourg. Il en sera Recteur en 1786, 1787 et 1789. Favorable à la Révolution française et à la monarchie constitutionnelle, il s'élève publiquement contre la destitution de Louis XVI, ce qui lui vaut un exil à Nancy, puis à Dorlisheim. En 1793 il est emprisonné pendant 11 mois au séminaire épiscopal de Strasbourg devenu prison. En 1795, il devient président du Convent ecclésiastique de Strasbourg et travaille au rétablissement du culte et à la réorganisation de l'Église luthérienne de Strasbourg après les persécutions de la Terreur. Après la promulgation de la loi de 1802 portant Articles organiques des cultes protestants, il devient pasteur du Temple-Neuf, président du consistoire, inspecteur ecclésiastique et enfin membre du directoire et du consistoire général de l'Église de la confession d'Augsbourg (1803/1816)[3]. À cette place il contribue activement au recrutement et à la gestion du corps pastoral, réorganise le collège Saint-Guillaume et est le promoteur d'un nouveau recueil de cantiques et d'un catéchisme. Il reprend également sa chaire de théologie à l'Académie protestante de Strasbourg, préside la conférence pastorale, la Société biblique et l'œuvre de bienfaisance pour les pauvres honteux. Toute sa vie il a également entretenu une correspondance abondante avec des personnalités de son temps, comme l'abbé Grégoire et le pasteur Oberlin.

Il est inhumé auprès de son épouse au cimetière Saint-Gall de Koenigshoffen, un faubourg de Strasbourg[4].

Hommages[modifier | modifier le code]

Mémorial réalisé par L. Ohmacht, Temple-Neuf, Strasbourg.

Le Temple-Neuf abrite un monument à sa mémoire, exécuté par Landolin Ohmacht[5]. Une rue de Strasbourg porte son nom[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Discours prononcé à l'occasion de la translation du corps de M. le Maréchal de Saxe dans l'église St. Thomas le 20 août 1777
  • Leçons de psychologie pratique (1785)
  • Sermons (2 vol. 1825)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Johann Jacob Beck et Johann Georg Dahler, Gedaechtnissrede bei der Beerdigung der Frau Susanna Magdalena Beykert, Wittwe des Hrn. Blessig, und Worte an ihrem Grabe gesprochen, T. C. Heitz, Strasbourg, 1828, 22 p.
  2. Jean Philippe Beyckert (1713-1787) qui dirigea sa thèse de doctorat de théologie [1]
  3. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch. Delagrave, 1876, p.311
  4. Strasbourg-Koenigshoffen. Cimetière Saint-Gall, Ville de Strasbourg, 2008, p. 61
  5. Aloys Wilhelm Schreiber, Manuel des voyageurs sur le Rhin (tr. par l'abbé Henry), 1831 (4e éd.), p. 41
  6. Maurice Moszberger (dir.), Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), p. 181 (ISBN 9782845741393)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Marie-Joseph Bopp, Die Evangelischen Geistlichen und Theologen von der Reformation bis zur Gegenwart, Degener, Neustadt a. d. Aisch, 1959, n° 435, p. 65
  • (de) Edel, Erinnerung an Blessig, Heitz (Friedrich Karl), Strasbourg, 1842, 22 p.
  • (de) A. Froehlich, Dr. Johann Lorentz Blessig. Ein Vorkaempfer des religiœsen Liberalismus im Elsass, am Ende des vorigen und zu Anfang des jetzigen Jahrhunderts, J. H. Ed. Heitz (Heitz und Muendel), Strasbourg, 1891, 51 p.
  • (de) Paul Grünberg, Johann Lorenz Blessig : zum 100. Todestag des berühmten Strassburgers, Strasbourg, 1916
  • (de) E. Hertzog, « Johann Lorentz Blessig, Professor und Pfarrer in Strassburg », in Evangelische Lebensbilder aus dem Elsass, no 5, 1901, 32 p.
  • (de) Friedrich Riff, Das Vater Unser oder Dr. Blessig waehrend der Schreckenszeit, Schmidt, Strasbourg, 1883, 154 p.
  • Charles Frédéric Riff, Jean-Laurent Blessig, Mâcon, 1910
  • Marcel Thomann, « Jean Laurent Blessig », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 4, p. 249
  • Bernard Vogler, « Jean Laurent Blessig », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 320-321 (ISBN 978-2846211901)
  • Dictionnaire général de biographie et d'histoire, Delagrave, 1883, p. 311
  • Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Tome II, Beauchesne, p. 67-70

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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