Jean-Jacques et Mireille Le Goarnig

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La famille Le Goarnig a été à la pointe du combat pour l'identité bretonne pendant les décennies de l'après Seconde Guerre mondiale.

Les parents : Jean-Jacques et Mireille Manrot-Le Goarnig[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Manrot, dit Le Goarnig (Goarnig dérive de gouarn qui signifie "gouverner" en breton et le suffixe -ig est très fréquemment utilisé comme diminutif de noms communs et propres dans cette langue) et Mireille Manrot-Le Goarnig (née Lier) sont des militants bretons qui, habitant alors à Boulogne-sur-Seine (Jean-Jacques Manrot-Le Goarnig dirigeait une entreprise de travaux publics dans la Région parisienne) s'opposèrent légalement à l'État français, en particulier à l' article 1 de la loi du 11 germinal an XI (), afin d'obtenir le droit de donner à leurs enfants un prénom breton ou dans une autre langue régionale (Garlonn, Patrig, Katell, Yann, Morgann, Adraboran, Maïwenn, Gwendal, Sklérijenn, Gwenn, Diwenza)[1] . En effet, lors de la naissance d'Adraboran, le secrétaire de mairie de Boulogne-sur-Seine refusa d’inscrire l’enfant au registre de l’état civil, sous prétexte que le prénom choisi par les parents n’était pas un prénom français. Des poursuites judiciaires furent intentées contre les époux Manrot pour « non-déclaration d’enfants ». Rentrés en Bretagne (ils vécurent au manoir de Kertalg en Moëlan-sur-Mer) , les époux Manrot se virent refuser par la caisse d’allocations familiales de Landerneau les prestations concernant leurs six derniers enfants auxquels ils avaient attribués des prénoms bretons non reconnus par l'état-civil français[2]. En mars 1963, Mme Le Goarnig, trois jours après la naissance de son dernier enfant, et deux de ses fils, Garlonn et Patrig, sont même arrêtés pendant quelques jours[3].

La loi relative aux actes d'état-civil fut changée, devenant moins restrictive avec l'« Instruction générale relative à l'état-civil » du qui stipule : « La force de la coutume, en la matière, a sensiblement élargi les limites assignées à la recevabilité des prénoms par les prescriptions littérales de la loi du 11 germinal an XI ». La Cour de justice de l'Union européenne leur attribua une carte d'identité spéciale en tant que «citoyens européens de nationalité bretonne»[4]. Par exemple le prénom de Maïwenn, déclaré illicite en 1957, fut reconnu comme valable par arrêt de la Cour d'appel de Paris du la jeune Maïwenn Manrot ayant pu ainsi, 22 ans après sa naissance, être inscrite sur le registre d'état civil et... avoir une existence légale !

Jean-Jacques Manrot-Le Goarnig, qui fut par ailleurs conservateur du musée Paul-Gauguin de Pont-Aven, est décédé le [5].

Les enfants Le Goarnig[modifier | modifier le code]

Le couple a eu 12 enfants. Plusieurs d'entre eux ont acquis une certaine notoriété :

  • Patrig Ar Goarnig [né Patrick Manrot-Le Goarnig], sculpteur français, célèbre pour son œuvre "Morvarc'h Argol" dans la commune d'Argol qui représente le roi Gradlon[6] ; il est aussi le résident de l'association Ekolobreizh qui veut promouvoir un tourisme écologique en Bretagne[7].
  • Katell Le Goarnig [née Katheline Manrot Le Goarnig], graveuse, illustratrice et auteure française[8].
  • Garlonn Le Goarnig [née Garlone Manrot-Le Goarnig] (née en 1946 à Paris, décédée en juin 2014 à Paris), peintre française[9].
  • Diwezha Le Goarnig, gréeur.
  • Gwendal Le Goarnig, charpentier et musicien[10]
    • Aziliz Manrow (né Aziliz Manrot-Le Goarnig), musicienne française est une fille de Gwendal Le Goarnig[11].
  • Gwenn Le Goarnig, producteur de musique bretonne et organisateur du premier Festival de Kertalg[12].
  • Yseult Le Goarnig, écrivain français[13].

Une affaire analogue : le tilde pour le prénom Fañch[modifier | modifier le code]

L'affaire Fañch désigne une action en justice menée en 2017-2018 par un couple de Quimpérois contre l'État français et la controverse qu'elle a déclenchée, au sujet de l'enregistrement officiel du prénom traditionnel breton Fañch, à propos du tilde sur le "n", non reconnu dans un premier temps par l'état-civil français[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Jigourel, "Grands rebelles et révoltés de Bretagne" (chapitre "Le Goarnig Kozh : un combat pour des prénoms"), éditions Ouest-France, (ISBN 978-2-7373-6004-6).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Déniel, La longue affaire des prénoms bretons, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 1er février 2014, consultable https://www.letelegramme.fr/bretagne/la-longue-bataille-des-prenoms-bretons-01-02-2014-10014864.php.
  2. https://www.beljike.be/france-minorites-bretagne/
  3. Thierry Jigourel, "Grands rebelles et révoltés de Bretagne" (chapitre "Le Goarnig Kozh : un combat pour des prénoms"), éditions Ouest-France, (ISBN 978-2-7373-6004-6)
  4. Roccu Garoby, Citoyen européen de nationalité bretonne!, "Alliance libre européenne jeunesse, consultable https://efay.eu/2015/04/22/citoyen-europeen-de-nationalite-bretonne/ et https://www.breizh-info.com/2018/10/08/103538/prenoms-bretons-elle-raconte-le-combat-de-sa-famille-pour-obtenir-le-droit-de-les-porter
  5. Jean-Laurent Bras, Goarnig Kozh a livré son dernier combat, journal Ouest-France, n° du 2 octobre 2013, consultable https://www.ouest-france.fr/bretagne/goarnig-kozh-livre-son-dernier-combat-1448697
  6. Patrig Ar Goarnig, un rebelle toulours vert de rage, journal Ouest-France, n° du 11 octobre 2016, consultable https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/patrig-ar-goarnig-un-rebelle-toujours-vert-de-rage-4555549
  7. https://www.francebleu.fr/emissions/ils-sont-fous-ces-bretons/breizh-izel/padrig-et-sa-cabane-dans-les-arbres-pour-handicapes
  8. Katell Le Goarnig, une incroyable vie de peintre, journal Ouest-France, n° du 22 mai 2016, consultable https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/katell-le-goarnig-une-incroyable-vie-de-peintre-4247804 et Michel André, Katell Le Goarnig, polyphonie et contrepoint, galerie du Verneur, https://www.coop-breizh.fr/6912-katell-le-goarnig-polyphonie-et-contrepoints-2147483647.html
  9. https://fr.artprice.com/artiste/740622/garlonn-le-goarnig et journal Ouest-France , n° du 21 juin 2014, consultable https://www.ouest-france.fr/bretagne/moelan-sur-mer-29350/necrologie-le-peintre-garlonn-est-decedee-paris-2637724
  10. http://www.encyclopedisque.fr/artiste/9531.html
  11. Aziliz Manrow. un premier albumcountry-pop celtique, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, https://www.letelegramme.fr/soir/musique-aziliz-manrow-metisse-country-et-celte-05-04-2019-12251730.php, Aziliz Manrow, la chanteuse bretonne qui monte, journal Ouest-France, https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/26959/reader/reader.html#!preferred/1/package/26959/pub/39078/page/17 et https://www.azilizmanrow.com/
  12. https://www.youtube.com/watch?v=RlvFmYc4QfY et https://www.discogs.com/artist/1420549
  13. Yseult Le Goarnig, auteure aux deux visages, journal Ouest-France, n° du 27 septembre 2013, consultable https://www.ouest-france.fr/yseult-le-goarnig-auteure-aux-deux-visages-334195
  14. https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/11/22/le-parquet-general-se-pourvoit-en-cassation-contre-le-tilde-de-fanch_5387194_3224.html