Jean-Claude Larchet

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Jean-Claude Larchet
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Jean-Claude Larchet en février 2015.

Naissance
à Badonviller (Meurthe-et-Moselle)
Nationalité française
Pays de résidence France
Diplôme
Profession
Professeur honoraire
Activité principale
Philosophe, Théologien

Jean-Claude Larchet, né en 1949 à Badonviller (Meurthe-et-Moselle), est un patrologue et théologien orthodoxe français, docteur en philosophie (1987) et docteur en théologie de l’université de Strasbourg (1994), auteur de nombreux ouvrages[1] publiés aux éditions du Cerf et traduits dans dix-sept langues[2]. Il est notamment un spécialiste de Maxime le Confesseur, auquel il a consacré trois essais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1949 à Badonviller dans le nord-est de la France dans une famille catholique, c’est au cours de ses études de philosophie que la lecture des Pères grecs et de leurs commentateurs orthodoxes (en particulier Vladimir Lossky) l’a orienté vers l’Église orthodoxe, où il a été reçu en 1971 par celui qui allait être son père spirituel, le starets Serge Chévitch (1904-1987)[3], qui fut aussi le père spirituel du théologien Vladimir Lossky, du philosophe Nicolas Berdiaev et du moine iconographe Grégoire Krug.

De 1973 à 1979 il rencontre, en vue de recevoir leurs conseils, quelques-unes des personnalités spirituelles les plus connues de cette époque : l'Archimandrite (aujourd'hui saint) Justin Popović, l'Archimandrite Sophrony Sakharov et, au cours de deux longs séjours au mont Athos, les disciples du starets Joseph l'Hésychaste – l'Ancien Ephrem de Katounakia, l'Ancien Ephrem de Philotéhou, l'Ancien Charalampos – et surtout le starets (aujourd'hui saint) Païssios (Eznépidis) (en) avec qui il a de longs entretiens et dont le soutien aura pour la suite de sa vie une grande importance[4].

Docteur d’État en philosophie (1987), puis docteur en théologie de l’Université de Strasbourg (1994), il a été qualifié en 2005 par le Conseil national des universités comme professeur des universités. Enseignant la philosophie pendant près de trente-cinq ans, il a développé parallèlement une activité de chercheur et d’écrivain dans les domaines de la philosophie, et surtout de la théologie et de la patristique.

Il a publié vingt-cinq livres aux éditions du Cerf[1] (Paris) et aux éditions L'Âge d'Homme (Lausanne), une centaine d’articles dans divers ouvrages collectifs et revues internationales, et plus de six cents recensions dans plusieurs revues françaises et étrangères – dont la Revue d’histoire et de philosophie religieuses (Université de Strasbourg), la Revue d’histoire ecclésiastique (Université de Louvain) – et sur Internet (www.orthodoxie.com)[5].

Il a édité vingt-cinq livres dont il a écrit les introductions, en particulier les traductions françaises des œuvres majeures de saint Maxime le Confesseur, les Traités apodictiques de saint Grégoire Palamas, les œuvres théologiques de Grégoire de Chypre, et les volumes de la collection Grands spirituels du XXe siècle dont il est le fondateur et le directeur aux éditions L’Âge d’Homme.

Il a été invité à donner des cours et des conférences et à participer à des colloques dans de nombreux pays (France, Allemagne, Angleterre, Argentine, Belgique, Bulgarie, Canada, Chypre, Espagne, États-Unis, Géorgie, Grèce, Italie, Luxembourg, Monténégro, Pologne, Roumanie, Russie, Serbie, Slovaquie).

Son œuvre, actuellement traduite en dix-sept langues - allemand, anglais (États-Unis), arabe (Liban et Syrie), bulgare, coréen, espagnol, géorgien, grec, italien, macédonien, néerlandais, polonais, portugais (Portugal et Brésil, roumain, russe, tchèque, serbe -, lui a acquis une renommée internationale.

Il est actuellement considéré comme l’un des principaux théologiens orthodoxes[6] et comme l’un des meilleurs spécialistes de saint Maxime le Confesseur[7].

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Jean-Claude Larchet est dominée par les questions d’anthropologie et d’éthique, touchant en particulier à la santé, aux différentes formes de maladies et de thérapeutiques (spirituelles, psychiques et corporelles) et à leur interaction, au sens de la souffrance, à la place et à la valeur du corps, à l’amour et à la mort :

  • Théologie de la maladie, Cerf, Paris, 1991 ; 2e éd., 1994 ; 3e éd., 2001.
  • Thérapeutique des maladies mentales. L’expérience de l’Orient chrétien des premiers siècles, Éditions de l'Ancre, Paris-Suresnes, 1992 ; rééd. 2004, 2008.
  • Thérapeutique des maladies spirituelles. Une introduction à la tradition ascétique de l’Église Orthodoxe, Paris-Suresnes, Éd. de l’Ancre, 1991 ; 2e éd., 1993 ; Paris, Cerf, 3e éd., 1997 ; 4e éd., 2000 ; 5e éd., 2007 ; 6e éd. 2013.
  • Ceci est mon corps. Le sens chrétien du corps selon les Pères de l'Église, La Joie de Lire, Genève, 1996 ; 2e éd., revue et augmentée : Théologie du Corps, Cerf, Paris, 2009.
  • Dieu ne veut pas la souffrance des hommes, Cerf, Paris, 1999 ; 2e éd., revue et augmentée, 2008.
  • La vie après la mort selon la tradition orthodoxe, Cerf, Paris, 2001 ; rééd. 2004, 2011.
  • Le chrétien devant la maladie, la souffrance et la mort, Cerf, Paris, 2002 ; rééd. 2004, 2010.
  • L’inconscient spirituel, Cerf, Paris, 2005 ; rééd. 2008, 2011.

Dans le prolongement des questions précédentes, elle accorde un grand intérêt aux questions actuelles de bioéthique concernant le début et la fin de la vie, auxquelles elle apporte des réponses chrétiennes marquées par la spécificité de l’approche orthodoxe :

  • Pour une éthique de la procréation. Éléments d’anthropologie patristique, Cerf, Paris, 1998 ; rééd. 2009.
  • Une fin de vie paisible, sans douleur, sans honte… Un éclairage orthodoxe sur les questions éthiques liées à la fin de la vie, Cerf, Paris, 2010.

Pour traiter tous ces sujets, la réflexion de J.-C. Larchet fait appel à la théologie, à la philosophie, à la psychologie et à la médecine, mais s’appuie cependant de manière constante sur les écrits des Pères de l’Église, considérés comme ayant une valeur fondatrice et constituant une référence indispensable pour la réflexion chrétienne actuelle. À la différence de la méthodologie dominante qui privilégie les différences et les ascendances ou les filiations entre les auteurs, sa méthode s’attache à dégager la structure commune sous-jacente aux différentes expressions de la pensée patristique, celle-ci étant considérée comme constituant globalement un ensemble unifié et cohérent en raison de son rapport étroit et de sa fidélité à la Tradition ecclésiale, fil rouge qui unit le christianisme orthodoxe actuel au christianisme originel.

J.-C. Larchet s’est plus récemment intéressé à des questions de théologie dogmatique, avec un souci d’approfondissement et de dialogue sur des points où l’Orient et l’Occident chrétiens sont en désaccord :

  • La théologie des énergies divines. Des origines à saint Jean Damascène, Cerf, Paris, 2010.
  • Personne et nature. La Trinité – Le Christ – L’homme. Contributions aux dialogues interorthodoxes et interchrétiens contemporains, Cerf, Paris, 2011.

On trouve aussi chez lui un intérêt pour l’iconologie :

  • L’Iconographe et l’artiste, Cerf, Paris, 2008.

et pour l’ecclésiologie, à laquelle il a consacré une somme de 1500 pages :

  • L’Église, Corps du Christ, 1. Nature et structure, Cerf, Paris, 2012.
  • L’Église, Corps du Christ, 2. Les relations entre les Églises, Cerf, Paris, 2012.
  • La vie sacramentelle, Cerf, Paris, 2014.
  • La vie liturgique, Cerf, Paris, 2016.

Une autre partie importante de son œuvre est constituée par des monographies sur des Pères anciens. Il faut citer en premier lieu ses études sur saint Maxime le Confesseur, qui font autorité parmi les spécialistes du monde entier :

  • La divinisation de l’homme selon saint Maxime le Confesseur', Cerf, Paris, 1996 ; rééd. 2009.
  • Maxime le Confesseur, médiateur entre l’Orient et l’Occident, Cerf, Paris, 1998.
  • Saint Maxime le Confesseur (580-662), Cerf, Paris, 2003 ; rééd. 2011.
  • Introductions aux œuvres de saint Maxime : Ambigua, Éditions de l’Ancre, Paris-Suresnes, 1994 ; Lettres, Cerf, Paris, 1998 ; Opuscules théologiques et polémiques, Cerf, Paris, 1998 ; Questions et difficultés, Cerf, Paris, 1999 ; Questions à Thalassios, Cerf, Paris, coll. "Sources chrétiennes", t. 1, 2011 ; t. 2, 2012 ; t. 3, 2015.

Et aussi :

  • Introduction aux Traités apodictiques sur la procession du Saint-Esprit de saint Grégoire Palamas, Éditions de l’Ancre, Paris-Suresnes, 1995.
  • La Vie et l’œuvre de Grégoire II de Chypre (1241-1290), patriarche de Constantinople, Cerf, Paris, 2012 (éditeur et contributeur).

Son intérêt pour les grands spirituels orthodoxes modernes se manifeste dans :

  • Saint Silouane de l’Athos, Cerf, Paris, 2001, rééd. 2004.
  • Le Starets Serge, Cerf, Paris, 2004.
  • Le Patriarche Paul de Serbie. Un saint de notre temps, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2014.
  • Saint Gabriel, Fol-en-Christ de Géorgie, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2015.
  • ses introductions aux vingt et un volumes de la collection "Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle" qu’il a fondée et dirige aux éditions L’Âge d’Homme.

L’œuvre de J.-C. Larchet est globalement animée par le souci de répondre aux problèmes et aux besoins éthiques, spirituels et théologiques des hommes d’aujourd’hui en puisant dans les riches ressources de la tradition scripturaire, patristique, canonique et liturgique de l’Église orthodoxe. Elle se caractérise par une fidélité sans détour à la Tradition chrétienne, et par une union de la rigueur scientifique et de l’érudition à une expérience concrète de la vie ecclésiale et spirituelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Interviews[modifier | modifier le code]

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