Jamel Eddine Bencheikh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bencheikh.
Jamel Eddine Bencheikh
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
ToursVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Algeri (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
signature de Jamel Eddine Bencheikh

signature

Jamel Eddine Bencheikh est un écrivain algérien et un spécialiste de poétique arabe, né le [1] à Casablanca (Maroc) dans une famille algérienne de magistrats, mort d'un cancer le à Tours (France)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jamel Eddine Bencheikh grandit au Maroc (Casablanca puis Oujda), dans une famille de cinq enfants, dont il est le troisième. Après sa scolarité au lycée français, il part à Lyon pour commencer des études de médecine, qu'il interrompt au bout de deux ans. Il fait à Alger des études d'arabe et de droit[1]. Il se lie d'amitié avec le poète Jean Sénac auquel il consacre un texte après l'assassinat de ce dernier[1]. Il poursuit ses études d'arabe, enseigne et passe l'agrégation à Paris[1], de 1956 à 1962. Il regagne ensuite l'Algérie indépendante où il est assistant puis maître de conférences de littérature arabe médiévale à la faculté des lettres d'Alger[2]. Il publie La poésie algérienne d'expression française, 1945-1965, une anthologie qui reste une des références majeures de la poésie de cette période. Il tient également des chroniques littéraires et politiques, dans différents hebdomadaires, chroniques réunies en 2001 dans un recueil intitulé Écrits politiques[2] (1963-2000).

Jamel Eddine Bencheikh s’était imposé un « exil volontaire » en France pour protester contre les restrictions de libertés imposées par le régime de Houari Boumediène. Il devient chargé de recherches au C.N.R.S.[2] de 1969 à 1972 puis professeur à l'Université de Paris VIII[1], enfin à l'Université de Paris IV[2] jusqu'à sa retraite en juin 1997.

Il retourne à Alger en mars 1992 pour la dernière fois. Il a accompagné de ses prises de position et par des textes, la période de violence qu'a traversé l'Algérie depuis 1993. Il avait notamment pris position contre l’intégrisme, en dénonçant une « poignée qui parle au nom de l’Islam de telle manière qu’elle est en train d’approfondir l’incompréhension entre les musulmans et l’Occident »[3].

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Ses travaux de critique et d'érudition dans le domaine de la littérature arabe médiévale[1] firent de lui un de ses plus brillants érudits. Travaux concernant la poétique, l'esthétique et l'exégèse, qui ont permis à toute une génération d'étudiants et de chercheurs de progresser. Le Cahier no 13 des Études littéraires maghrébines est un hommage au professeur qu'il fut, prestigieux mais trop peu connu et à la réflexion qu'il permit quant à la présence maghrébine dans le champ littéraire et intellectuel français.

Il est surtout connu pour avoir traduit le célèbre conte des Mille et une nuits. Sa traduction en collaboration avec André Miquel[1] et son frère Touhami Bencheikh est la première traduction complète, avec la totalité des 1 205 poèmes, en français non censurée, fondée sur l’édition de Boulaq, du nom de la ville égyptienne où le texte a été imprimé pour la première fois en 1835.

«Décomplexer l'Orient de l'emprise de l'orientalisme occidental : voilà ce vers quoi tendait sa démarche. Les Mille et une nuits (dont le premier tome est paru en 2005 à la Pléiade dans sa nouvelle traduction) allaient lui offrir l'opportunité de réaliser ce projet d'édition et de critique. Loin des raccourcis sur un Orient infantile et oisif qui ne cesse de s'ébattre, selon une imagerie clinquante, dans le sang et les désirs charnels, il œuvre avec son ami André Miquel pour faire passer dans leur traduction un Orient complexe, vivier poétique mais également théâtre du tragique.» écrivait Maati Kabbal dans le journal Libération lors de sa disparition.

Trois siècles après celle d'Antoine Galland, cette traduction nouvelle restera incontournable.

Œuvres[4][modifier | modifier le code]

Signature de Jamel Eddine Bencheikh
  • Les poésies bachiques d’Abû Nuwâs (1964)
  • Le rationalisme d’Ibn Khaldoun (1965)
  • Sourate d'al-Kahf. Neuf traductions du Coran (Analyses Théorie, 1980)
  • Le silence s'est déjà tu (Rabat, SMER, 1981)
  • L'Homme poème, (Actes Sud, 1983)
  • États de l'aube (Rougerie, 1986)
  • Le Voyage nocturne de Muhammed, suivi de l’Aventure de la parole (1988)
  • Les Mémoires du sang (Rougerie, 1988)
  • Transparence à vif (Rougerie, 1990)
  • Alchimiques (Poëgram, 1991. Dessins de Sarah Wiame)
  • Déserts d'où je fus (Tétouan, 1994)
  • Lambeaux (Paris, 1995)
  • Parole montante (Tarabuste, 1997)
  • Cantate pour le pays des îles (Marsa Éditions, Paris, 1997)
  • Rose noire sans parfum, roman, (Paris, Stock, 1998)
  • Poétique arabe : essai sur un discours critique (1998)
  • L’Aveugle au visage de grêle (1999) adapté et mis en scène en 2003 par le poète Lionel Mazari
  • Parole montante, suivi de Écumes, dessins de Makhi Xenakis (Tarabuste, 1996)
  • Failles fertiles du poème (Tarabuste, 1999)
  • Les éditions Tarabuste ont publié, en 2002 et en 2003, deux volumes des œuvres poétiques complètes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h www.asile.org/meyssan, « Jamel-Eddine Bencheikh », sur www.bibliomonde.com (consulté le 6 décembre 2016)
  2. a, b, c et d Encyclopædia Universalis, « JAMEL EDDINE BENCHEIKH », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 6 décembre 2016)
  3. « L'écrivain algérien Jamal Eddine Bencheikh est mort », sur www.afrik.com (consulté le 6 décembre 2016)
  4. « Livres de Jamel-Eddine Bencheikh. - Babelio.com », sur www.babelio.com (consulté le 6 décembre 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990 (ISBN 2-253-05309-0)
  • Christiane Chaulet Achour, « Bencheikh Jamel Eddine », dans Christiane Chaulet Achour, avec la collaboration de Corinne Blanchaud (dir.), Dictionnaire des écrivains francophones classiques : Afrique subsaharienne, Caraïbe, Maghreb, Machrek, Océan Indien, H. Champion, Paris, 2010, p. 54-58 (ISBN 978-2-7453-2126-8)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]