Incendie du Laurier Palace

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Façade du Laurier Palace après l'incendie
La salle, le lendemain de la tragédie
Plaque apposée en mémoire des victimes
Campagne de prévention dans une école primaire, 1932
Monument commémoratif, cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal

L'incendie du Laurier Palace est l'une des pires tragédies du XXe siècle à Montréal. Le 9 janvier 1927, un incendie dans un cinéma cause la mort de 78 enfants[1],[2].

L'incendie[modifier | modifier le code]

Inauguré en 1912, situé au 3215 rue Saint-Catherine Est, dans le quartier ouvrier Hochelaga-Maisonneuve, le Laurier Palace offre alors des séances de cinéma. Il est commun de constater dans ce genre d'établissement des incendies puisque la pellicule est alors faite de celluloïd, un matériau très inflammable. Et, malgré l'interdiction de fumer la cigarette et l'obligation d'être accompagné par un adulte pour les moins de 16 ans de l'établissement, plusieurs ne se conforment pas. Le film à l'affiche est Get 'Em Young[3]. Près de 800 personnes passent le guichet ce dimanche-là. Cinq cents personnes s'installent au rez-de-chaussée et 300 autres, majoritairement des enfants, s'installent au balcon. L'enquête démontrera que la plupart d'entre eux n'ont pas eu la permission d'être au cinéma[4].

Lorsque le feu se déclare, la cohue est totale et chacun s'enfuit comme il peut. Les enfants installés au balcon ne peuvent sortir à cause d'une issue verrouillée et d'un employé peu avisé. Ils s'empilent tragiquement jusqu'au plafond dans la cage d'escalier en cherchant à évacuer l'endroit enfumé. Le projectionniste, Emile Massicotte, a traîné environ 30 d'enfants de la sortie verrouillée vers la cabine de projection anti-feu, puis les a fait passer par une fenêtre sur la chapiteau au-dessus du trottoir; Ils descendirent les échelles des pompiers vers la rue. Un huissier, Paul Champagne, est resté en service pour aider à évacuer à l'autre issue; lui et Massicotte ont été crédités d'empêcher un bilan beaucoup plus élevé. Ironiquement, le feu est maîtrisé en moins de 30 minutes par les pompiers de Montréal sans grande difficulté[5].

Les enquêtes[modifier | modifier le code]

Deux enquêtes ont lieu rapidement pour démêler les causes de la tragédie, soit l'enquête du coroner Edward McMahon et l'enquête du commissaire aux incendies Emmett Quinn. C'est l'avocat Antoine Chauvin, jeune substitut du procureur général qui représentera la Couronne dans ces deux enquêtes[6].

Les conclusions de ces enquêtes forceront la tenue d'une commission royale orchestrée par le juge Louis Boyer[7]. Ce dernier recommande notamment que la réglementation soit appliquée avec plus de vigueur. Les propriétaires, Najeeeb et Ameen Lawand, seront tenus non criminellement responsables mais des ententes hors cour surviendront en 1929 pour dédommager les parents[8].

L'accident provoque une colère collective qu'endiguent les autorités catholiques. On forme alors la Ligue de la sécurité de la province de Québec qui milite contre les accidents en proposant des programmes de sensibilisation dans les écoles[9].

Le fonds d’archives de la Commission royale d'enquête sur l'incendie du Laurier Palace et sur certaines autres matières est conservé au centre d’archives de Montréal de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[10]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Courtemanche, Le Feu sacré, Stromboli, Montréal, 2005
  • Le Devoir, 10 janvier 1927
  • André-G. Bourassa, Jean-Marc Larrue, Les Nuits de la Main, Montréal, VLB, 1993, p.273
  • Le Devoir : « Il y a 80 ans, le Laurier Palace brûlait », par Odile Tremblay
  • Magda Fahrni, « Parents, Children, and Commercial Leisure in Working-Class Montreal: the Laurier Palace Fire of 1927 », Communication présentée lors du colloque Labouring Feminism and Feminist Working-Class History in North America and Beyond, University of Toronto, 29 septembre au 2 octobre 2005, p. 1-19.
  • Magda Farhni, «Glimpsing Working-Class Childhood throught the Laurier Palace Fire of 1927: The Ordinary, the Tragic, and The Historian's Gaze», The Journal of the History of Childhood and Youth, Volume 8, Number 3, Fall 2015, pp.426-450

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://collections.banq.qc.ca/erezFullScreen?erezLang=english&fsiFile=http://collections.banq.qc.ca/fsi/87863.fsi
  2. http://news.google.com/newspapers?id=VW4tAAAAIBAJ&sjid=6osFAAAAIBAJ&pg=6113%2C2022339
  3. Get 'Em Young est un film sorti le 31 octobre 1926, mettant en vedette Stan Laurel. IMDb : Get 'Em Young
  4. (en) Magda Fahrni, « Glimpsing Working-Class Childhood through the Laurier Palace Fire of 1927: The Ordinary, the Tragic, and The Historian's Gaze », The Journal of the History of Childhood Youth,‎ fall 2015, p. 428
  5. Jean-François Courtemanche, Le Feu sacré, Montréal, Stromboli, 2005, p.152
  6. La Patrie (Montréal), 26 avril 1927, p. 1
  7. Rapport de l’honorable juge Louis Boyer sur les théâtres de la province de Québec à la suite de l’enquête sur les causes du cinéma Laurier Palace, 25 août 1927
  8. (en) Magda Farhni, « Glimpsing Working-Class Childhood through the Laurier Palace Fire of 1927: The Ordinary, the Tragic, and The Historian's Gaze », The Journal of the History of Childhood and Youth,‎ fall 2015, p. 440
  9. Marie-Claude Bourdon, Histoire des accidents, http://www.uqam.ca/entrevues/entrevue.php?id=466
  10. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Commission royale d'enquête sur l'incendie du Laurier Palace et sur certaines autres matières (E135) » (consulté le 7 février 2014)