Hyperinsulinisme

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On parle d'hyperinsulinisme quand les taux sanguins d'insuline dépassent la norme. La sécrétion normale d'insuline est étroitement liée au niveau de glucose dans le sang, de sorte qu'un niveau donné d'insuline peut être normal pour une glycémie donnée mais plus bas ou plus élevé pour une autre. L'hyperinsulinisme peut être associé à différents problèmes de santé classés, par simplification, en deux catégories distinctes : ceux qui conduisent à une réduction de la sensibilité à l'insuline alors que le taux sanguin de sucre est élevé (hyperglycémie), et ceux qui conduisent à une sécrétion excessive d'insuline et des faibles taux de glucose (hypoglycémie).

Hyperinsulinisme dû à une sensibilité diminuée, lié à un risque de diabète[modifier | modifier le code]

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Bien que de nombreux facteurs influencent la sécrétion d'insuline, le contrôle le plus important en est la quantité de sucre passant du sang vers les cellules β du pancréas. Chez les personnes en bonne santé, des augmentations même minimes de glycémie provoquent une sécrétion d'insuline. Tant que les cellules β du pancréas sont capables de détecter le niveau de glucose et de produire de l'insuline, la quantité d'insuline sécrétée est généralement la quantité nécessaire pour maintenir une glycémie à jeun comprise entre 70 et 100 mg·dL-1 (3,9-5,6 mmol·L-1) et une glycémie post-prandiale inférieure à 140 mg·dL-1 (<7,8 mmol·L-1).

Lorsque les cellules du foie et autres cellules de l'organisme qui stockent ou utilisent le glucose du sang deviennent moins sensibles ou plus résistantes à l'insuline, le pancréas augmente sa sécrétion et le taux d'insuline dans le sang augmente. Cette augmentation de la sécrétion peut compenser sur des années une sensibilité diminuée tout en maintenant des niveaux normaux de glycémie. Toutefois si cette insulino-résistance s'aggrave ou si la capacité de sécrétion d'insuline diminue, les taux de sucre vont commencer à augmenter. Une élévation persistante des taux de glycémie s'appelle le diabète.

Typiquement les niveaux d'insuline à jeun dans ce type d'hyperinsulinisme dépassent 20 μU·mL-1. En cas de résistance sévère, ces taux peuvent dépasser 100 μU·mL-1.

En plus d'être un facteur de risque de diabète de type 2, l'hyperinsulinisme dû à une insulinorésisistance peut augmenter la pression artérielle[1] et contribuer à l'hypertension artérielle par action directe sur les cellules endothéliales (les cellules de la paroi des vaisseaux sanguins)[réf. souhaitée]. L'hyperinsulinisme a également été mis en cause comme facteur contributif à la production excessive d'androgènes dans le syndrome des ovaires polykystiques[2],[3],[4].

Les principaux traitements de l'hyperinsulinisme lié à une insulinorésistance consistent à prendre toutes les mesures augmentant la sensibilité à l'insuline, telles que la perte de poids[5], l'exercice physique[6] et l'utilisation de médicaments tels que les glitazones ou la metformine[7].

Hyperinsulinisme lié à une sécrétion inappropriée, associé à une hypoglycémie[modifier | modifier le code]

L'hyperinsulinisme peut également faire référence à des formes d'hypoglycémies provoquées par une sécrétion excessive d'insuline. Chez les enfants comme chez les adultes en bonne santé, la sécrétion d'insuline devrait être minimale quand les taux de sucre circulant tombent sous 70 mg·dL-1 (3,9 mmol·L-1). Il existe plusieurs formes d'hypoglycémies hyperinsulinémiques (en) provoquées par des types variés d'excès d'insuline. Certains surviennent chez des nouveau-nés et des nourrissons : c'est l'hyperinsulinisme congénital. Chez les adultes, une hypoglycémie hyperinsulinémique sévère peut être due à un insulinome, une tumeur sécrétante du pancréas.

Les insulinémies supérieures à 3 μU·mL-1 sont inadaptées quand le taux de glucose est inférieur à 50 mg·dL-1 (2,8 mmol·L-1), indiquant alors que c'est potentiellement un hyperinsulinisme qui provoque l'hypoglycémie. Le traitement de cette forme d'hyperinsulinisme dépend de sa cause : exérèse chirurgicale de la source d'insuline, médicament tel que la diazoxide (Proglycem) ou l'octréotide (Sandostatine, Siroctid) qui réduisent la sécrétion d'insuline.

C'est le Dr Seale Harris (en) qui suggéra le premier en 1924 dans le Journal of the American Medical Association qu'un hyperinsulinisme spontané pourrait être la cause d'une hypoglycémie symptomatique[8]. Le Dr Seale Harris fit pour la première fois le diagnostic d'hyperinsulinisme en 1924[9], on lui doit également d'avoir distingué l'hypoglycémie spontanée[10].

Signes cliniques et symptômes[modifier | modifier le code]

L'hyperinsulinisme lié à une sensibilité réduite à l'insuline est habituellement asymptomatique[11]. En revanche l'hypoglycémie hyperinsulinémique peut provoquer toute une gamme de symptômes d'hypoglycémie : des tremblements, hypotonie jusqu'à des convulsions voire un coma[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Saad MF, Rewers M, Selby J, Howard G, Jinagouda S, Fahmi S, Zaccaro D, Bergman RN, Savage PJ, Haffner SM. « Insulin resistance and hypertension: the Insulin Resistance Atherosclerosis study » Hypertension 2004;43(6):1324-31. PMID 15123571
  2. (en) Barbieri RL, Hornstein MD. « Hyperinsulinemia and ovarian hyperandrogenism. Cause and effect » Endocrinol Metab Clin North Am. 1988;17(4):685-703. PMID 3058472
  3. Puder J, Pralong F. « Syndrome des ovaires polykystiques et résistance à l’insuline (Polycystic ovary syndrome and insulin resistance) » Rev Med Suisse 2009;5(198):779-82. PMID 19418980
  4. (en) Tosi F, Negri C, Brun E, Castello R, Faccini G, Bonora E, Muggeo M, Toscano V, Moghetti P. « Insulin enhances ACTH-stimulated androgen and glucocorticoid metabolism in hyperandrogenic women » Eur J Endocrinol. 2011;164(2):197-203. PMID 21059865 DOI:10.1530/EJE-10-0782
  5. (en) Mason C, Foster-Schubert KE, Imayama I, Kong A, Xiao L, Bain C, Campbell KL, Wang CY, Duggan CR, Ulrich CM, Alfano CM, Blackburn GL, McTiernan A. « Dietary weight loss and exercise effects on insulin resistance in postmenopausal women » Am J Prev Med. 2011;41(4):366-75. PMID 21961463 DOI:10.1016/j.amepre.2011.06.042
  6. (en) Mackenzie R, Maxwell N, Castle P, Elliott B, Brickley G, Watt P. « Intermittent exercise with and without hypoxia improves insulin sensitivity in individuals with type 2 diabetes » J Clin Endocrinol Metab. 2012;97(4):E546-55. PMID 22278428 DOI:10.1210/jc.2011-2829
  7. (en) Pavo I, Jermendy G, Varkonyi TT, Kerenyi Z, Gyimesi A, Shoustov S, Shestakova M, Herz M, Johns D, Schluchter BJ, Festa A, Tan MH. « Effect of pioglitazone compared with metformin on glycemic control and indicators of insulin sensitivity in recently diagnosed patients with type 2 diabetes » J Clin Endocrinol Metab. 2003;88(4):1637-45. PMID 12679450
  8. (en) Seale Harris, « Hyperinsulinism and disinsulinism », Journal of the American Medical Association, vol. 83, no 10,‎ , p. 729–33 (ISSN 0098-7484, DOI 10.1001/jama.1924.02660100003002, résumé, lire en ligne [PDF])
    « Conclusions:
    1. Hyperinsulinism is a condition, perhaps a disease entity, with definite symptoms; i.e. those described as being due to hypoglycemia.
    2. It seems probable that one of the causes of hyperinsulinism is the excessive ingestion of glucose-forming foods [...]
     »
  9. (en) « Restore Your Health Safely and Sensibly », sur Liteforlife.com (consulté le 24 février 2007)
  10. (en) « Seale Harris », sur Alabama State Archives (consulté le 24 février 2007)
  11. « NIH », sur NIH
  12. « Hyperinsulinism », sur NIH

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]