Herbes de la Saint-Jean

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« Herbe de la saint-Jean » désignait autrefois le Millepertuis perforé, alors que « les herbes de la Saint-Jean » (au pluriel) comprenaient aussi ou parfois les espèces de plantes listées ci-dessous.

Les herbes de la Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Orpin acre (Sedum acre), l'une des plus petites des herbes de la Saint-Jean, dont la fleur peut, en juin, évoquer un petit soleil.
Le lierre terrestre (Glechoma hederacea), l'une des autres herbes de Saint-Jean.
Grande Marguerite (Leucanthemum vulgare).

Elles pouvaient comprendre (avec des variantes régionales ou selon les époques) :

Histoire et traditions[modifier | modifier le code]

Au moins jusqu'au XIXe siècle dans certaines régions et divers pays d’Europe, on croyait que cueillir ces simples dites dites « herbes de la Saint-Jean », la veille, le matin ou le soir du solstice d'été augmentait magiquement leur vertus protectrice[6],[7].

« Comme au jour de la Saint-Jean, en raison de l'allégresse générale, de nombreux actes de piété sont accomplis par les fidèles, notamment la sonnerie des cloches et les Jeux de joie (ignés jucunditatis) ; de même, ils sortent de grand matin pour cueillir des herbes odoriférantes et excellentes et salutaires par leur nature et la plénitude de leurs vertus suivant la saison… Les uns allument des feux aux points de croisement des chemins, dans les champs, pour empêcher que les sorcières et magiciennes n'y passent pendant cette nuit ; d'autres, comme je l'ai vu de mes propres yeux, brûlent les herbes cueillies le jour de la Saint-Jean, contre la foudre, le tonnerre, les orages, et croient écarter par leurs fumigations les démons et les tempêtes »[8],[5].

Les herbes de la Saint-Jean prenait aussi une valeur médicinale, propre à favoriser la fécondité féminine. Ainsi, selon Laurent Joubert (1579)[9], cité par E.H Guitard dans la Revue d'histoire de la pharmacie[6] : « Le vulgaire ignorant ha opinion que les fames ne sont stériles, sinon pour une occasion, qui est la froideur de leur matrice. Dont pour devenir grosses, elles se bagnent et rebagnent, souvant, de certaine décoccion de toutes herbes chaudes, qu'elles peuvent recouvrer : et sont pour la plupart, celles de la S. Jan, dont les bonnes fames se ceignent aussi les reins à ce jour-là, desdistes herbes, comme ayans propriété de les randre ou antretenir fécondes, mesme étant mises par-dessus la robbe »[9].

Au XIXe siècle, parfois des rameaux de châtaignier ou de noyer étaient substitués aux herbes. Une fois passé au-dessus du feu, ils étaient considérés par certains chrétiens comme bénits. Ils étaient alors conservés « pieusement dans leurs demeures comme une sauvegarde contre les dangers d'épidémie ou de maladie pour eux, pour leur famille et leurs troupeaux »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Marcel Coquillat, « Les Herbes de la Saint Jean », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, vol. 15, no 7,‎ , p. 47-48 (e-ISSN 2613-2958, lire en ligne).
  2. Berner L (1947) A propos des herbes de la Saint-Jean. Publications de la Société Linnéenne de Lyon, 16(6), 126-127.
  3. Dupont M (2006) Les plantes magiques occidentales (étude des utilisations ancestrales et thérapeutiques de certaines Solanacées, du Millepertuis, de la Menthe poivrée et de la Verveine officinale) (Doctoral dissertation) (résumé).
  4. Marcel Coquillat, « Les Herbes de la Saint Jean (suite) », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, vol. 15, no 8,‎ , p. 54-56 (e-ISSN 2613-2958, lire en ligne).
  5. a b et c Maximin Deloche, « La procession de la Lunade et les feux de la Saint-Jean à Tulle. La fête du solstice d'été et le commencement de la période diurne chez les Gaulois », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 32, no 3,‎ , p. 187-189 (lire en ligne)
  6. a et b Vacher, R., & Guitard, E. H. (1955) Question XLVI,(posée par le Dr J. Quebec). D'où vient l'expression:«Toutes les herbes de la Saint-Jean»?. Revue d'histoire de la pharmacie, 43(144), 55-55.
  7. Claire Torreilles, « Les mots de la religion et de la superstition dans le Dictionnaire Languedocien d’Augustin Bonet (XVIIIe siècle) », Revue des langues romanes, t. CXXII, no 2,‎ , p. 273–296 (ISSN 0223-3711 et 2391-114X, DOI 10.4000/rlr.941, lire en ligne, consulté le )
  8. « Cum in die S. Joannis, propter jucunditatem, multa pie aguntur a fidelibus, puta pulsatio campanario et ignes jucunditatis, similer summo mane exeunt ad colligendas herbas odoriferas et optimas et medicinales ex suia natura et plenitudine virtutum propter tempus… Quidam ignes accendunt in compitis viarum, in agris, ne inde sortilegae et maleficiae illa nocte transitum faciant, et, ut ego propriis oculis vidi, alii herbas collectas in die S. Joannis incendentes contra fulgura, tonitrua et tempestates, credunt suis fumigationibus arcere daemones et tempestates » / Tractatus tractatuum, édit. de Lyon, 1544, IX, 133
  9. a et b Traité de Laurent Joubert, sur les erreurs populaires 2e édition, imprimée à Bordeaux chez Millanges, en 1579, voir chapitre XI du livre II

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élie Fleur, « Les feux de la Saint-Jean à Metz » dans L’Austrasie, juillet 1909, 12, p. 380-400.
  • Arnold Van Gennep, Manuel du folklore français contemporain, 1938.
  • « Dissertation sur l’ancien usage des feux de la Saint-Jean, et d’y brûler les chats à Metz, un inédit de dom Jean François » dans Cahiers Élie Fleur no 11, édité par Marie-Claire Mangin, 1995, p. 49-72.
  • B. Coussée, La Saint-Jean, la canicule et les moissons, Paris, Picard, 1987, 112 p.
  • Maximin Deloche, « La procession de la Lunade et les feux de la Saint-Jean à Tulle. La fête du solstice d'été et le commencement de la période diurne chez les Gaulois », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 32, no 3,‎ , p. 187-189 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]