Groupe Roullier

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Groupe Roullier
logo de Groupe Roullier

Création 1959
Fondateurs Daniel Roullier
Slogan Pour que la terre et les hommes produisent le meilleur
Siège social Saint-Malo
Drapeau de France France
Direction Sébastien Chauffaut
Actionnaires Famille Roullier
Activité Chimie, Agrofourniture, Agro-alimentaire, Magnésie, Service aux entreprises
Filiales Agriplas, Compagnie Armoricaine de Navigation, Maison Colibri, Florendi, Grassland Agro, Ker Cadelac, Le Guillou, Magna, Magnesium do Brasil, Nuwen, Phosphea, Timab, TimacAgro, Vitas
Effectif 8000 collaborateurs (2017)
Site web www.roullier.com

Chiffre d’affaires 2,5 milliards € (2017)

Le Groupe Roullier est une société fondée en 1959 à Saint-Malo par Daniel Roullier. Elle est spécialisée dans la production et la transformation chimique de nutriments et d'aliments pour les plantes, les animaux et les hommes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Exploitation des gisements de Maërl en Bretagne[modifier | modifier le code]

Le Groupe Roullier est né en 1959 à Saint-Malo avec la création d'une usine de broyage de Maërl par son fondateur Daniel Roullier. Le Maërl est une ressource naturellement calcaire que les agriculteurs bretons utilisaient de manière traditionnelle[1] comme amendement de leurs sols généralement acides[2]. Cette première société a pour nom TIMAC, un acronyme qui décrit cette activité : Traitement Industriel du Maërl en Amendements Calcaires[3]. Le passage d’une exploitation artisanale du Maërl à une échelle industrielle a permis de développer une nouvelle offre à destination des agriculteurs à la recherche d’engrais chimiques pour améliorer leur rendement.

Durant la décennie suivante, l’activité de la TIMAC est dynamisée par le développement de nouvelles formules chimiques qui associent le maërl avec le phosphate. De cette manière, plusieurs produits sont créés pour respecter la diversité des sols et des problématiques de rendement différentes auxquelles les agriculteurs font face[4].

En 1972, le Groupe Roullier construit sa première usine de compactage des engrais[5] qui permet d’améliorer le stockage et la livraison sur le marché agricole.

Développement à l’international[modifier | modifier le code]

Si la Bretagne possède les plus importantes accumulations de maërl, plus de la moitié des fonds marins en contiennent et d’autres gisement existent au niveau international[2]. Une fois l’activité établie et ses débouchés reconnus, Daniel Roullier développe à la fin des années 70 son activité en Europe, en Amérique du Sud et en Amérique du Nord[4]. En 2018, le groupe a des activités d’exploitation dans plus de 35 pays, 2/3 de ses collaborateurs travaillent hors de France[6] et il réalise plus de 50 % de son chiffre d’affaires à l’international[7].

Croissance externe et diversification des activités[modifier | modifier le code]

Les années 80 et 90 marquent la diversification des activités du Groupe toujours sur le principe de la valorisation ou la réutilisation de richesse naturelles, issues ou à destination du monde agricole. La diversification des activités du Groupe est ainsi conduite sur deux axes distincts : une diversification liée aux activités de distribution et de commercialisation du Groupe pour développer ses ressources ou ses activités en propre (plasturgie, transport maritime) ; une diversification liée au métier initial de valorisation des ressources naturelles (terre, végétal ou animal)[4]. En 1988, le Groupe Roullier lance son activité de plasturgie avec Agriplas[8] pour, au départ, rationaliser tous les emballages et contenants utilisés dans l’agrofourniture[4]. Dans le même temps, le Groupe développe des produits à destination des animaux en particulier des compléments alimentaires[9]. Dans les années 2000, le Groupe Roullier s’associe à Louis Dreyfus pour développer également une activité d’armateur[10] en lien avec ses propres activités industrielles.

La recherche et développement comme relais de croissance[modifier | modifier le code]

Si l’investissement dans les activités de recherche et le développement est déjà présent dès les années 80[11], le Groupe Roullier décide au tournant des années 2000 de les renforcer. En 2005, il crée le CERA (Centre d’Etudes et de Recherches Appliquées) à Dinard[12]. Ce centre intègre un laboratoire d’analyse et une usine pilote à taille réduite. Au service des différentes filiales, ce centre a permis de développer de nombreuses améliorations de l’outil industriel du Groupe (économie d’énergie, réduction des nuisances, valorisation des déchets, par exemple[13]). En 2015, le Groupe Roullier ouvre son Centre Mondial de d’Innovation[14] avec l’objectif de développer de nouvelles solutions en matière de nutrition végétale et de nutrition animale.

En 2017, après l’ouverture du CMI, le Groupe a lancé les « Innovation Awards Roullier »[15]. Ce concours international dédié à la nutrition végétale est ouvert aux chercheurs travaillant sur des problématiques spécifiques telles que la nutrition des plantes, la biostimulation ou encore les biotechnologies. Il récompense annuellement deux projets avec une dotation de 60 000 € chacun ainsi qu’un contrat de recherche d’un an[16].

Activités[modifier | modifier le code]

Le Groupe Roullier s'organise autour de cinq types d'activités : l'agrofourniture (en particulier les fertilisants), les phosphates alimentaires, la magnésie, les produits industriels et l'agroalimentaire. Les ¾ du chiffre d’affaires du Groupe sont réalisés par ses activités en matière d’agrofournitures et de phosphates alimentaires. L’agrofourniture est étroitement liée à la nutrition végétale à travers les produits d’amendements des sols pour améliorer leur fertilité, les produits fertilisants destinés aux plantes ainsi que les biostimulants racinaires et foliaires[17] qui agissent au niveau physiologique de la plante. L’activité de production de phosphate répond aux différents besoins nutritionnels et sanitaires des animaux.

Agrofourniture[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de l’agrofourniture, le Groupe Roullier dispose de quatre filiales :

  • Société historique du groupe Roullier, Timac Agro a pour cœur de métier la fertilisation et les compléments alimentaires pour animaux
  • Grassland Agro une filiale à 50 % du groupe dont l’activité de fertilisants est principalement basée en Irlande.
  • Vitas, une filiale dédiée au marché portugais
  • William Houde, une filiale basée au Canada,

Les Phosphates alimentaires[modifier | modifier le code]

Cette activité de transformation et de production de Phosphates pour la Nutrition Animale est portée par une seule filiale, Phosphea créée en 1976 par le Groupe Roullier. Leader du marché européen, cette filiale est présente dans plus de 100 pays[18].

L'activité majoritaire étant la production de fertilisants qui représente 64 % du chiffre d'affaires de l'année 2016.

Production de Magnésie[modifier | modifier le code]

La production de magnésie au sein du groupe est répartie en quatre filiales distinctes :

  • Magnesitas Navarras est une filiale espagnole dont l’activité d’origine résidait dans l’exploitation de mines dans la région de Navarre. Ses activités se sont étendus aux Etats-Unis ainsi qu’au Mexique.
  • Magnesium do Brasil  est une filiale brésilienne dans laquelle le Groupe Roullier est associé à parts égales avec le fondateur Germano Paulo Franck. La société est spécialisée dans l’exploitation de gisements de Magnésium sur le territoire brésilien.
  • Timab Magnesium est orientée sur le négoce de spécialités magnésiennes pour des applications agricoles.
  • Van Mannekus, société néerlandaise, commercialise des produits à base de magnésium pour des applications industrielles, environnementales et agricoles. Elle est détenue à 50 % par Grecian Magnesite et à 50 % par le Groupe Roullier.

Produits à usages industriels[modifier | modifier le code]

Trois filiales portent l’activité autour des produits industriels : Agriplas, Nuwen et Florendi.

  • Agriplas est spécialisée dans les emballages plastiques à usages industriels, agricoles, sanitaires et agro-alimentaires[19].
  • Nuwen importe et produit des matières premières minérales et des ingrédients fonctionnels dans les domaines de la nutrition, du bien-être et de l’environnement.
  • Florendi commercialise des engrais et autres produits de jardin pour le marché Grand Public

Production agro-alimentaire[modifier | modifier le code]

Le Groupe Roullier a investi dans trois pâtisseries et biscuiteries. La maison Colibri est spécialisée dans la production de Madeleines[20]. Ker Cadelac et Le Guillou sont des pâtisseries qui proposent des produits issus du terroir breton[21].

Il assure ainsi la production de produits minéraux industriels, de produits pour le jardin, de phosphates alimentaires, les biotechnologies marines ou encore dans l'exploitation et la transformation des algues.

Organisation et gouvernance[modifier | modifier le code]

Daniel Roullier avec sa famille détient 100 % du capital du Groupe Roullier[22]. Daniel Roullier et sa famille sont classés 29e fortune de France avec 1 800 M€ de fortune[23].

Les instances décisionnaires du groupe sont les suivantes :

  • un conseil stratégique décide à moyen et long terme des orientations du Groupe
  • le directoire est lui chargé de la mise en œuvre opérationnelle en lien avec un Président et un Directeur Général qui encadrent l’équipe de direction (DRH, DAF, etc.)
  • un conseil de surveillance est, de son côté, chargé de contrôler les actions et les opérations mises en œuvre par le directoire.

En janvier 2018, Daniel Roullier et Henri Boyer, président du directoire du Groupe quittent leurs fonctions respectives[24]. Sébastien Chauffaut est le président du directoire depuis janvier 2018 et succède à Henri Boyer. Sophie Bigaignon, est présidente du Conseil de surveillance depuis janvier 2018[25]. Elle succède à Daniel Roullier qui prend la présidence de la société familiale propriétaire du groupe[26].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Condamnation pour entente sur les prix du phosphate[modifier | modifier le code]

L'affaire concerne une entente sur les prix du phosphate destiné à l'alimentation animale entre six sociétés durant trente ans. En 2010, la Commission européenne inflige une amende aux six groupes de producteurs. À travers les activités de ses filiales Timab Industries et la CFPR (Compagnie Financière de Participation Roullier) pour avoir participé à cette entente de 1993 à 2004,  le Groupe Roullier s'est vu infliger une amende de 60 millions d'euros. Le Groupe Roullier n'avait pas souhaité conclure une transaction spécifique et avait déposé un recours auprès de la Commission européenne[27] pour contester la décision. Ce recours est rejeté en mai 2015[28]. En janvier 2017, la Cour de Justice de l'Union Européenne rejette le pourvoi du groupe et confirme son amende de près de 60 millions d'euros infligée par la Commission[29].

Extraction de sable[modifier | modifier le code]

Le groupe Roullier exploite plusieurs gisements de sable coquillier via sa filiale, la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), pour remplacer l'exploitation de Maërl, interdite en 2003. La demande d'autorisation est déposée en 2009 par le Groupe Roullier pour exploiter une dune sous-marine située entre deux sites classées Natura 2000[30] en baie de Lannion dans les Cotes d'Armor. Le projet a suscité la mobilisation de nombreux riverains, hommes politiques collectivités, associations et pêcheurs[31].

Le décret d'autorisation du 14 septembre 2015[32] , signé par Emmanuel Macron alors Ministre de l’Économie, de l'Industrie et du Numérique, est publié au Journal Officiel n°0214. L'autorisation porte sur un secteur de 4 km2 et pour une durée de 15 ans. La quantité extractible autorisée est limitée pendant les 5 premières années pour atteindre un maximum de 250 000 m3 de sable par an.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Sable et maërl - 1850 l’exploitation des bancs de maërl en Bretagne Nord », sur histoiremaritimebretagnenord.fr (consulté le 3 décembre 2017)
  2. a et b Claude Augris et Patrick Berthous, Les Gisements de Maërl en Bretagne, IFREMER (lire en ligne)
  3. « Timac Agro associe compactage et granulation », sur lejournalduvrac.com (consulté le 2 décembre 2017)
  4. a, b, c et d Bruno D. Cot, « Ce monsieur de Saint-Malo », L'Express,‎ (lire en ligne)
  5. Les gisements de Maerl en Bretagne, Ifremer (lire en ligne)
  6. « Tout roule pour Roullier ! », Bretagne Innovation,‎ (lire en ligne)
  7. « Roullier, une PME bretonne devenue une multinationale », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  8. « Agriplas acquiert la société Sotralentz Packaging », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  9. « Histoire - Timacagro », sur https://www.timacagro.fr/
  10. « Le groupe Roullier s’associe à Louis Dreyfus pour devenir armateur », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  11. « Historique - Groupe Roullier », sur http://www.roullier.com/
  12. « Un nouveau centre de recherche pour le groupe Roullier », Rennes Atalante,‎ (lire en ligne)
  13. « L'usine de la Timac dévoile ses coulisses », Ma Ville,‎ (lire en ligne)
  14. « Roullier : les salariés s'installent au CMI », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  15. Isabelle LÊ, « Le groupe Roullier lance un concours d'innovation doté de 120 000€ », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  16. « Le groupe Roullier soutient la recherche en nutrition végétale », Saint-Malo Développement,‎ (lire en ligne)
  17. Les Biostiumulants (lire en ligne)
  18. « Timab phosphates devient Phosphea »
  19. « Agriplas affiche ses ambitions », Emballages Magazine,‎ (lire en ligne)
  20. « Un nouvel envol pour l'entreprise Colibri », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  21. Stanislas du Guerny, « Roullier reprend Ker Cadelac », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  22. Bertrand Le Balc'h, « Roullier, une PME bretonne devenue une multinationale », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  23. « Daniel Roullier et sa famille », Challenges,‎ (lire en ligne)
  24. Stanislas du Guerny, « Le fondateur de Roullier transmet le groupe à ses enfants et petits-enfants », Les Echose,‎ (lire en ligne)
  25. « Des changements à la tête du groupe Ro », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  26. Nicolas Carnec, « Groupe Roullier. Sophie Bigaignon, présidente du conseil de surveillance », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  27. (en) « EUR-Lex - 62010TN0456 - EN - EUR-Lex », sur eur-lex.europa.eu (consulté le 2 janvier 2018)
  28. (en) « EUR-Lex - 62010TA0456 - EN - EUR-Lex », sur eur-lex.europa.eu (consulté le 2 janvier 2018)
  29. « Communiqué de presse - La Cour confirme l’amende de près de 60 millions d’euros infligée au groupe Roullier dans le cadre de l’entente sur les phosphates », sur curia.europe.eu, (consulté le 2 janvier 2018)
  30. « Baie de Lannion : le groupe Roullier poursuit l'extraction de sable coquiller, les opposants révoltés », sur media-web.fr, (consulté le 28 décembre 2016).
  31. « Le bras de fer continue entre le Peuple des dunes en Trégor et la CAN », sur lepeuplebreton.bzh, (consulté le 4 avril 2017).
  32. « Décret du 14 septembre 2015 accordant la concession de sables calcaires coquilliers dite « concession de la Pointe d'Armor » à la Compagnie armoricaine de navigation | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 2 janvier 2018)