Megas archon

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Le titre de megas archon (en grec : μέγας ἄρχων, « grand archonte ») est un titre byzantin de cour aux XIIIe siècle et XIVe siècle.

Histoire et fonctions[modifier | modifier le code]

Le titre apparaît à l'origine en tant que traduction de titres étrangers, signifiant alors « grand prince ». Ainsi, au milieu du Xe siècle, l'empereur Constantin VII Porphyrogénète parle du chef hongrois Árpád comme du grand-prince de Hongrie (en grec : ὁ μέγας Τουρκίας ἄρχων).

Le grand archonte devient un titre de cour sous l'empereur de Nicée Théodore II Lascaris, désignant alors le plus haut officier de la suite impériale. Toutefois, quand Pseudo-Kodinos écrit son Livre des Offices au milieu du XIVe siècle, ce n'est plus qu'une dignité honorifique dont la collation n'entraîne pas de fonctions spécifiques[1],[2],[3]. Le grand archonte est classé à la 35e place dans la hiérarchie impériale, entre le protospathaire et le tatas tes aules[2],[4]. Néanmoins, d'autres listes de titres impériaux, comme l'appendice de l' Hexabible, écrit par Constantin Harménopoulos et qui reflète l'état des dignités sous les règnes d'Andronic II Paléologue et d'Andronic III Paléologue, le placent à la 38e place[5]. Le texte intitulé Xeropot. 191 le situe à la 34e place[6], tandis que la liste présente dans le manuscrit Paris. gr. 1783 du XVe siècle ne le mentionne pas[7]. Pseudo-Kodinos décrit ainsi le costume cérémoniel porté par le grand archonte : un chapeau (skiadion) brodé d'or, un kabbadion (manteau) de soie et un skaranikon fait de soie jaune et dorée, décoré de fils d'or et d'images de l'empereur à l'avant et à l'arrière, respectivement sur le trône et à cheval[2],[8].

Détenteurs connus[modifier | modifier le code]

Nom Dates Nommé par Notes Références
Constantin Margaritès ca. 1254–1258 Théodore II Lascaris Premier détenteur de ce titre, créé pour lui par Théodore II. Avant cela, il a détenu les titres de tzaousios, megas tzaousios et archonte de l'allagion. [2]
Michel ca. 1284 Andronic II Paléologue Mentionné comme pansebastos, grand archonte d'Orient et képhale de Rhodes et des Cyclades. [9]
Ange Doukas Comnène Tarchaniotès ca. 1295 – ca. 1332 Andronic II Paléologue Général avant de devenir moine, il est connu au travers de deux oraisons funèbres composées pour lui par Manuel Philès. [10]
Maroulès ca. 1303–1305 Andronic II Paléologue Général, il est à la tête des troupes byzantines qui accompagnent la compagnie catalane dans sa campagne contre les Turcs en Asie Mineure, sous le commandement de Roger de Flor. Par la suite, il est promu au rang d’epi tou stratou. Après que les Catalans se sont retournés contre les Byzantins, il les combat en Thrace en 1306-1308. [11]
Alexis Raoul ca. 1321 Andronic II Paléologue Général, il correspond avec Michel Gabras et Manuel Philès. [12][13]
Demetrios Ange ca. 1332 Andronic III Paléologue Oikeios de l'empereur, il est attesté comme l'un des témoins du traité de paix signé avec la République de Venise en novembre 1332. [14][15]
Jean Parasphondylos ca. 1342 Jean V Paléologue Attesté comme l'un des témoins du renouvellement du traité de paix avec Venise en mars 1342. [14][16]
Demetrios Doukas Kabasilas ca. 1369 Jean V Paléologue Partisan de Jean VI Cantacuzène lors de la guerre civile byzantine de 1341-1347, c'est un propriétaire terrien en Chalcidique. Il détient le titre de megas papias et est mentionné comme grand archonte dans un acte de mars 1369 portant sur un titre de propriété. [14][16]
Kabasilas ca. 1377 Inconnu Attesté comme grand archonte à Serres, il pourrait être le fils de Démétrios Doukas Kabasilas. [17]
[Antonios] Mandromenos ca. 1383 Inconnu Attesté dans un seul manuscrit, il pourrait s'agir du grand archonte et moine Antonios Mandromenos ou au moine Antonios, domestique du grande archonte Mandromenos. [18]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bartusis 1997, p. 382.
  2. a, b, c et d Guilland 1960, p. 87.
  3. Verpeaux 1966, p. 182.
  4. Verpeaux 1966, p. 138.
  5. Verpeaux 1966, p. 300, 307, 321, 335.
  6. Verpeaux 1966, p. 309.
  7. Verpeaux 1966, p. 303-306.
  8. Verpeaux 1966, p. 161.
  9. PLP, 19060. Μιχαήλ.
  10. PLP, 27473. Ταρχανειώτης, Ἂγγελος ∆ούκας Κομνηνός.
  11. Guilland 1960, p. 87–88.
  12. Guilland 1960, p. 89.
  13. PLP, 24108. Ῥαοὺλ Ἀλέξιος.
  14. a, b et c Guilland 1960, p. 88.
  15. PLP, 190. Ἂγγελος ∆ημήτριος.
  16. a et b PLP, 21911. Παρασφόνδυλος Ἰωάννης.
  17. PLP, (10072) → 92224. Καβάσιλας.
  18. PLP, 16621. Μανδρομηνὸς Ἀντώνιος.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark C. Bartusis, The Last Byzantine Army: Arms and Society, 1204-1453, University of Pennsylvania Press, (ISBN 0-8122-1620-2)
  • Rodolphe Guilland, « Études sur l'histoire administrative de l'empire byzantin : les commandants de la garde impériale, l'ἐπὶ τοῦ στρατοῦ et le juge de l'armée », Revue des études byzantines, vol. 18,‎ (lire en ligne)
  • Jean Verpeaux, Pseudo-Kodinos, Traité des Offices, Centre national de la recherche scientifique,