Grand-duc d'Amérique

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Bubo virginianus

Grand-duc d'Amérique ou Bubo virginianus
Description de l'image Bubo virginianus (Grand-duc d'Amérique).jpg.
Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Strigiformes
Famille Strigidae
Genre Bubo

Nom binominal

Bubo virginianus
(Gmelin, 1788)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 12/06/2013

Le Grand-duc d'Amérique ou grand-duc de Virginie (Bubo virginianus) est une espèce de rapaces nocturnes appartenant à la famille des Strigidae et à la sous-famille des Striginae.

Généralités et description[modifier | modifier le code]

Cet oiseau aux aigrettes caractéristiques est le plus grand des hiboux d'Amérique ; sa taille varie cependant significativement selon son habitat et l'abondance de la nourriture[1].

Avec un bec crochu, de grandes ailes, des serres puissantes, le grand-duc est parfaitement adapté à la chasse nocturne d'animaux de petite taille. Ses yeux jaunes perçants et ses aigrettes en font un oiseau impressionnant pour l'homme.

Cet oiseau mesure 45 à 63 cm de longueur pour une envergure de 90 à 162 cm et une masse de 675 g à 2,5 kg. Il ne présente pas de dimorphisme sexuel.

Il a la gorge blanche.

Répartition[modifier | modifier le code]

Répartition

Cette espèce vit sur tout le continent nord-américain.

Habitat[modifier | modifier le code]

Cet oiseau est présent dans des habitats variés de la forêt (dont la taïga) au nord aux déserts du sud, en passant par la montagne (où on a même récemment identifié une sous-espèce nouvelle[2]).

Éthologie et reproduction[modifier | modifier le code]

Généralement sédentaire, cet oiseau défend son territoire, surtout en période de reproduction, avec toutefois des jeunes ayant un comportement non territorial[3].
Vocalisations : Très bruyant à la saison de reproduction, il émet un hululement puissant[4], typique du chant des hiboux[5].
Il niche dans d'anciens nids d'autres grands oiseaux, dans des trous d'arbres, des corniches de falaise et même au sol.

Habituellement le plus actif au crépuscule et à l'aube, c'est un chasseur efficace. Il bénéficie d'une bonne vision nocturne et d'une bonne acuité visuelle[6] ainsi que d'une ouïe particulièrement développée.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Il capture surtout de petits mammifères (campagnols, etc.) dont certains ont développé des "comportements anti-prédateurs"[7], des insectes, des reptiles, des amphibiens et des oiseaux (y compris d'autres rapaces nocturnes et des gélinottes).

Il peut chasser et manger les moufettes, grâce à son odorat très peu développé. La prédation a été observée sur tous les types de mouffettes nord américaines, dans certains cas sur des animaux au moins 3 fois plus gros que le grand-duc prédateur [8], [9], [10], et un nid a été trouvé contenant les restes de 57 mouffettes de tous types [11]. Une conséquence est que les nids de grand-ducs ont tendance à manifester une forte odeur de mouffette [12], [13].

Déplacements et migrations[modifier | modifier le code]

Cet oiseau est sédentaire. Après leur émancipation, les jeunes explorent leur environnement pour trouver un territoire disponible et leur convenant et s'y établir.

Menaces[modifier | modifier le code]

L'espèce est en régression, probablement à cause de la destruction, fragmentation et régression de ses habitats, et à cause d'une dégradation de la qualité de certaines de ses proies, contaminées par des pesticides, métaux lourds (plomb notamment, qui est cause de saturnisme aviaire[14]. Des parasitoses ou attaques des jeunes au nid par des tiques ou mouches hématophages peuvent affaiblir les jeunes et faciliter certaines maladies (leucocytozoonoses)[15].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baumgartner, F. (1938) Courtship and nesting of the great horned owls. The Wilson Bulletin, 50/4: 274-285.
  • Braekevelt, C. (1993) Fine structure of the pecten oculi in the great horned owl. Histology and Histopathology, 8/1: 9-15.
  • Brown, R., J. Baumel, R. Klemm. (1994) Anatomy of the propatagium: The great horned owl. Journal of Morphology, 219/2: 205-224.
  • Cawthorn, R., P. Stockdale. (1982) The developmental cycle of Caryospora bubonis Cawthorn and Stockdale 1981 (Protozoa: Eimeriidae) in the great horned owl, Bubo virginianus (Gmelin) Canadian Journal of Zoology, 60/2: 152-157.
  • Houston, C. (1975), Reproductive performance of great horned owls in Saskatchewan. Bird Banding, 46/4: 302-304.
  • Maclaren, N., S. Krohne, R. Porter Jr., M. Ringle, D. Lindley. (1995) Corynenbacterium endophthalmitis, glaucoma, and sceral ossicle osteomyelitis in a great horned owl (Bubo virgininanus). Journal of Zoo and Wildlife Medicine, 26/3: 453-459.
  • Morrell, T. (1993) Status and Habitat Characteristics of the Great Horned Owl in South-Central Pennsylvania. Ann Arbor, MI: Proquest Dissertations and Thèses.
  • Rohner, C., C. Krebs, B. Hunter, D. Currie. (2000) Roost site selection of great horned owls in relation to black fly activity: An anti-parasite behavior?. The Condor, 102/4: 950-955.
  • Rohner, C., J. Smith. (1996) Brood size manipulations in great horned owls Bubo virgininanus: Are predators food limited at the peak of prey cycles?. The International Journal of Avian Science, 138/2: 236-242.
  • Rudolph, S. (1970) Predation ecology of coexisting great horned and barn owls. The Wilson Bulletin, 90/1: 134-137.
  • Rusch, D., E. Meslow, P. Doerr, L. Keith. (1972) Response of great horned owl populations to changing prey densities. The Journal of Wildlife Management, 36/2: 202-296.
  • Smith, D. (2002) Great Horned Owl. Mechanicsburg, PA: Stackpole Books.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. McGillivray, B. (1989), Geographic variation in size and reserve size dimorphism of the great horned owl in North America. The Condor, 91: 777-786.
  2. Dickerman, R., A. Johnson( 2008), Notes on great horned owls nesting in the Rocky Mountains, with a description of a new subspecies. Journal of Raptor Research, 42/1: 20-28.
  3. Rohner, C. (2001), Non-territorial floaters in great horned owls (Bubo virginianus). 2d Owl Symposium: 347-362. (résumé)
  4. Kinstler, K. (2009) Great horned owl Bubo virginianus vocalizations and associated behaviours. Ardea, 97/4: 413-420
  5. Miller, A. (1934), The vocal apparatus of some North American owls. The Condor, 36/5: 204-213
  6. Fite, K. (1973), Anatomical and behavioral correlates of visual acuity in the great horned owl. Vision Research, 13/2: 219-230
  7. Rohner, C., C. Krebs. (1996) Owl predation on snowshoe hares: Consequences of Antipredator Behaviour. Oecologia, 108/2: 303-310
  8. Bent, A. C. 1938. Life histories of North American birds of prey, Part 2. U.S. National Museum Bulletin 170:295-357.
  9. Cromrich, L. A., Holt, D. W., & Leasure, S. M. (2002). Trophic niche of North American great horned owls. Journal of Raptor Research, 36(1), 58-65.
  10. Huey, L. M. (1931). Skunks as Prey for Owls. The Wilson Bulletin, 224-224
  11. Hunter, Carnivores of the World, Princeton, NJ, Princeton University Press, (ISBN 9780691152288)
  12. Houston, C. Stuart, Dwight G. Smith and Christoph Rohner. 1998. Great Horned Owl (Bubo virginianus), The Birds of North America Online (A. Poole, Ed.)
  13. Crocoll, S. T. (1984). Breeding biology of broad-winged and red-shouldered hawks in western New York (Doctoral dissertation, State University of New York at Fredonia, 1984--Department of Biology.)
  14. Weir, D., Hanson, A. (1989), Food habits of great horned owls (Bubo virginianus) in the Northern Taiga of the Yukon Territory and Alaska. Can. Field Nat. 103, 12–17 résumé
  15. Hunter, D., C. Rohner, D. Currie. (1997), Mortality in fledgling great horned owls from black fly hematophaga and leucocytozoonosis. Journal of Wildlife Diseases, 33/3: 486-491