Gislebert de Lotharingie
| Abbé de Saint-Maximin de Trèves | |
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| - | |
| Abbé d'Echternach | |
| à partir de | |
| Abbé de Stavelot | |
| - | |
| Duc de Lorraine |
| Comte de Maasgau | |
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| Prédécesseur | |
| Duc de Lotharingie | |
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| Successeur | |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Activité | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Alberade von Kleve (d) |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Gerberge de Saxe (à partir de ) |
| Enfants |
Hedwige de Nordgau (en) Hedwige de Lotharingie (d) Henri de Lotharingie (d) Gerberge de Lotharingie Alberade de Lotharingie (d) |
Gislebert de Lotharingie[1], né vers 885/900, mort le , noyé dans le Rhin lors de la bataille d'Andernach, est un comte de Maasgau et un haut dignitaire lotharingien qui se forge dès 919 une véritable petite principauté indépendante. D'abord s'imposant en partisan de la restauration de l'imperium menée par le royaume saxon, il est appelé à la dignité ducale en Lotharingie. Mais épris d'indépendance, il cherche à poursuivre la formation territoriale de sa petite principauté, ce qui cause sa perte.
Ce prince est le fils aîné de Régnier Ier "au Long Col", puissant comte de Hainaut et de Maasgau, et d'Albérade. Il possède la charge honorifique et lucrative d'abbé laïc de Stavelot et de Saint-Maximin de Trèves.
Un comte en rébellion
[modifier | modifier le code]En 915/916, Gislebert hérite des biens et possessions propres de son père Régnier, le plus puissant des comtes de Lotharingie et haut dignitaire du royaume lotharingien. Il obtient du roi ses fonctions comtales succédant à son père à tête du riche comté de Maasgau.
Mais Charles III le Simple, roi de Francie occidentale et de Lotharingie, influencé par sa cour, refuse de lui conférer les honneurs attribués à son père. En Lotharingie, le pouvoir est détenu par le comte palatin Wigéric de Bidgau et surtout par les influents conseillers de la cour dirigés par Haganon. Revenu dans ses terres familiales où il doit exercer sous surveillance sa fonction comtale, Gislebert devient ainsi un ennemi acharné du roi de Lotharingie.
En 918, en quête d'indépendance, il se révolte contre Charles le Simple et cherche appui chez Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie. En 919, la relation de confiance qu'il entretient avec le souverain saxon garantit l'immunité de ses possessions en toutes circonstances. Aussi Charles III le Simple engage contre le souverain de Germanie une guerre préventive à Worms et réussit à signer un excellent traité à Bonn en 921. Henri Ier l'Oiseleur se voit reconnaître une tutelle imprécise sur la Lotharingie et s'empresse de signifier à Gislebert la soumission à son roi légitime[réf. nécessaire]. Au traité de Bonn, le , Charles III accepte de reconnaître la royauté d'Henri Ier, ce qui vaut pour sa part renonciation à l'héritage germanique auquel il pouvait prétendre en tant que dernier représentant de la dynastie carolingienne. Mais en échange, il se voit reconnaître par son suzerain la possession de la Lotharingie et reçoit la soumission du duc Gislebert. Ainsi, grâce au soutien actif de l'archevêque Hervé de Reims, et probablement aussi du marquis Robert de Neustrie, le Carolingien a pu redresser une situation qui, quelques mois plus tôt, semblait désespérée[2].
Un prince habile en politique
[modifier | modifier le code]Gislebert se soumet avec condescendance à Charles III le Simple.passage à sourcer[réf. nécessaire] Mais il se tourne immédiatement vers les Robertiens qui n'acceptent pas plus que lui la tutelle régalienne du Carolingien et surtout le contrôle des hommes d'Haganon. La révolte des Robertiens le comble et il soutient en première ligne les révoltés. Il se joint aux aristocrates coalisés qui, le , élisent roi de Francie occidentale, Robert Ier, frère du roi Eudes (888-898). Pendant la préparation de la guerre en Lotharingie, Gislebert se fait oublier, et cherche à coaliser Robert Ier et Henri Ier l'Oiseleur. Une conférence tenue sur la rivière Roer rend, dans les faits, caduc l'accord de défense réciproque de Bonn en , avant des hostilités prévisibles[réf. nécessaire].
Après la capture de Charles III le Simple par Herbert II de Vermandois, Gislebert conduit en l'armée lotharingienne selon un accord de principe d’entraide signé avec le royaume de Germanie. Il mène aussi les armées du roi de Germanie Henri Ier l'Oiseleur contre Raoul de Francie occidentale. Ce dernier vient d'être élu roi de Francie en remplacement de Robert Ier, beau-père d'Herbert II, tué à la bataille de Soissons qu'il a dirigée contre Charles III le Simple. Or, cette seconde campagne n'a abouti à aucun résultat tangible.En secret, Gislebert négocie la cession définitive de la Lotharingie au roi de Germanie car Raoul, successeur de Robert, n'a pas les moyens de se faire reconnaître en Lotharingie[réf. nécessaire]. L'intervention saxonne en 925 n'est troublée que par la résistance surprise et vigoureuse de Metz sous l'égide de son évêque Wigeric. Les autres comtes apprécient l'efficace maîtrise de Régnier, pour préserver leur dignité bafouée par les souverains présomptueux de Lotharingie. Gislebert leur inspire une semblable confiance et obtient leur ralliement.[réf. nécessaire]
Duc de Lotharingie et conspirateur contre son suzerain
[modifier | modifier le code]À partir de 928, Gislebert est nommé duc de Lotharingie par le roi Henri Ier de Germanie qui lui accorde en mariage sa fille Gerberge[3].
Intégrer une famille royale, en l'occurrence la dynastie saxonne, impose des devoirs rigoureux. Le fils de Régnier Ier qui bénéficie d'une grande liberté d'action est satisfait de sa bonne fortune. Les marques de confiance des souverains saxons confortent son autorité dont il abuse. Aussi les rappels à l'ordre constants du fils d'Henri, son beau-frère Otton Ier, roi de Germanie l'indisposent et leurs rapports se distancient. (Mais l'oncle à la mode saxonne doit protéger les enfants du clan familial. Incompréhensible comportement s'il cherche à leur nuire.[réf. nécessaire] texte peu clair à modifier)
Gislebert fréquente les mécontents ou les fidèles du régime carolingien et favorise en 936 le retour de Louis IV d'Outremer. En 939, Louis IV accepte de conduire l'opposition au nouveau roi Otton Ier dans des circonstances très favorables, puisqu'une fraction des dignitaires civils et religieux de Germanie entrent simultanément en révolte. Gislebert, le duc Eberhard de Franconie, et même Henri, le propre frère d'Otton Ier se joignent aux mécontents. Mais leur armée est vaincue le au bord du Rhin à Andernach au cours d'une sévère bataille[4].
La consigne donnée par Otton à ses guerriers saxons est catégorique. Les grands aristocrates ou séditieux auteurs de la révolte doivent payer de leur vie les trahisons qui ont mis en péril l'autorité royale. Périr sur le champ de bataille est un dernier honneur à leur rendre[réf. nécessaire]. Avec l'armée en déroute, Gislebert et Eberhard se retirent avec des lambeaux de leur armée éparpillée, c'est dans ce fleuve qu'ils meurent noyés avec leurs guerriers mosans et franconiens. La consigne royale est ainsi clairement appliquée.
Vie familiale
[modifier | modifier le code]Il épouse en 928 Gerberge de Saxe, fille d'Henri Ier, qui le fait duc de Lotharingie. Avec Gerberge il a quatre enfants connus :
- Alberade, mariée à Renaud, comte de Roucy ;
- Hedwige ;
- Henri, confié à Otton de Verdun, duc de Lotharingie, il meurt en 944 ;
- Gerberge mariée à Albert Ier le Pieux († 987), comte de Vermandois.
Gerberge se remarie à la fin de l'année 939 avec Louis IV d'Outremer, fils de Charles le Simple. La tradition lorraine affirme que Gerberge fut séduite par Louis IV d'Outremer, menacé du terrible courroux du roi saxon. En lui donnant aussitôt un enfant, elle lui sauve par là-même et la vie et la carrière royale. Le protecteur de l'enfant ne peut trucider de bonne foi le père dudit enfant.
Sur le nom latin Gislebertus
[modifier | modifier le code]Le prénom de ce duc de Lotharingie a évolué ensuite dans les manuscrits en ancien français en Gillebert, qui a donné le prénom français Gilbert usité jusqu'au XXe siècle.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle Histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), Villeneuve-d'Ascq, éd. Patrick van Kerrebrouck, , 545 p. (ISBN 978-2-95015-093-6).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Généalogie de Gislebert sur le site Medieval Lands.
- ↑ Yves Sassier, Hugues Capet, Fayard, 1986, p. 82.
- ↑ Paul Bertrand, Bruno Dumézil, Xavier Hélary, Sylvie Joye, Charles Mériaux et Isabelle Rosé, Pouvoirs, Église et société dans les royaumes de France, de Bourgogne et de Germanie aux Xe et XIe siècles (888-vers 1110), Ellipses, 2008, p. 12.
- ↑ Robert Folz La naissance du Saint-Empire Albin Michel Paris Le Mémorial des Siècles (1967) p. 82.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
