Germán Busch

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Germán Busch
Illustration.
Fonctions
Président de la République de Bolivie
Prédécesseur David Toro
Successeur Carlos Quintanilla
Président de la République de Bolivie
Prédécesseur José Luis Tejada Sorzano
Successeur David Toro
Biographie
Nom de naissance Germán Busch Becerra
Date de naissance
Lieu de naissance San Javier (Bolivie)
Date de décès (à 35 ans)
Lieu de décès La Paz (Bolivie)
Nationalité bolivienne

Germán Busch
Présidents de Bolivie

Germán Busch Becerra (San Javier, Santa Cruz ou El Carmen de Itenez, Beni, Bolivie, 23 mars 1904 – 23 août 1939) était un ancien officier militaire bolivien, héros de la Guerre du Chaco (1932–1935, durant laquelle la Bolivie fut battue par le Paraguay), et président de Bolivie entre 1937 et 1939. Il avait été également président durant le mois de mai 1936 (trois jours).

Biographie[modifier | modifier le code]

Le lieu de naissance de Germán Busch est toujours discuté, certains historiens le disant né à San Javier, dans la région chaude, fertile et centrale de Bolivie où pousse du café, tandis que d'autres penchent pour El Carmen de Itenez, dans une région plus au nord où on élève du bétail. Son père était un physicien issu de l'immigration allemande, mais sa mère avait des origines italiennes[1]. À un moment donné de son enfance, son père retourna en Allemagne, tandis que le jeune garçon et sa mère allèrent vivre à Trinidad. Il suivit l'école provinciale à cet endroit et entra au collège militaire à l'âge de dix-huit ans[2].

Sans peur et téméraire, connu pour son tempérament torride, il sembla dominer l'armée bolivienne par la seule force de sa personnalité (en plus de ses faits de bravoure sur le champ de bataille), nonobstant un rang relativement peu élevé. Dans les premiers temps de la Guerre du Chaco, il sauva une division entière de la destruction[2] durant la bataille de Gondra, en étant membre de son propre régiment de cavalerie, combattant à pied, qu'il mena en dehors de la poche de Campo Vía[3]. En tant que major, il prit part et porta la plus grande part de responsabilité dans le hautement controversé coup d'État qui renversa le président légitime Daniel Salamanca en novembre 1934, au milieu de la guerre et au cœur du théâtre des opérations. La raison en était qu'il butait sans cesse contre le haut commandement sur la conduite de la guerre, notamment les avancements militaires et les promotions. Busch conspira encore en 1936, cette fois contre le successeur de Salamanca et son ancien vice-président, José Luis Tejada, et il installa son ami haut gradé et camarade David Toro comme président de fait. Toro tenta une expérience de présidence réformiste appelée le Socialisme militaire (défendu par Busch) pendant un peu plus d'un an, avant que Busch ne prenne la place de Toro et s'installa lui-même au Palacio Quemado en juillet 1937, alléguant que Toro et ses anciens liens, son passé controversé avec le régime ne convenait pas et qu'il dirigerait mieux que lui.

Toujours orageux et volatile, Busch était empli de grandes idées qu'il sembla incapable de mettre en œuvre dans le contexte de la polarisation du paysage politique bolivien de la fin des années 1930. Il appela une assemblée constituante et restaura la constitution qui fut suspendue après le coup d'État de 1936. En 1938, il se fit même proclamer président constitutionnel par l'Assemblée. Il fit également diverses tentatives pour restaurer l'économie bolivienne dévastée. Plus tard encore, il devint fatigué du « jeu politique » et complètement mal formé à l'art du compromis, se déclara lui-même dictateur, annulant ainsi l'ordre très politique qu'il avait minutieusement créé. Poursuivi pendant la majeure partie de sa présidence dans les aspects procéduraux de l'adoption d'un nouveau cadre politique (l'Assemblée, la nouvelle constitution), il ne fut pas capable de mener d'importantes réformes, bien que son but initial fut l'approfondissement du Socialisme militaire de Toro. Historiquement, l'armée bolivienne contenait certains conseillers allemands et des soldats entraînés à l'allemande, Busch (ayant une ascendance à moitié allemande par son père) fut suspecté d'avoir des accointances nazies ; cela fut renforcé par le fait qu'un officier allemand avait servi dans l'armée bolivienne durant la Guerre du Chaco (le major Achim R. von Kries) pour former le Landesgruppe-Bolivie du NSDAP-OA à La Paz, en compagnie d'autres Allemands expatriés. Il a également été suggéré que la gestion allemande des services de voyage aérien de l'époque était une preuve du soutien nazi[4] Toutefois, Busch a fortement nié cela, arguant que son régime était « uniquement bolivien » En réalité la seule relation entre Busch et les dirigeants nazis était une voiture (une Mercedes-Benz noire Cabriolet 770K Series II - W150) envoyée comme cadeau par Adolf Hitler au début de 1939, dont Busch ne s'est jamais servi. En réalité, la voiture resta abandonnée dans une décharge jusqu'aux années 1970, date à laquelle un citoyen la découvrit et la restaura. La voiture se trouve actuellement à San José (Costa Rica).

À la mesure de la nature volcanique et imprévisible de Busch, il a amené un des écrivains les plus importants de la Bolivie et des intellectuels du 20e siècle, Alcides Arguedas, à son bureau, et a commencé à le battre physiquement pour une colonne critique de son régime. Arguedas était alors âgé de 60 ans et Busch 35.

Incapable de contrôler les événements dans le sens qu'il aurait voulu, le président Busch se suicida vers cinq heures du matin, le 23 août 1939, se tirant lui-même dans la tempe droite. Bien que certains[Qui ?] considèrent qu'il s'agirait d'un meurtre, l'explication suicidaire est généralement acceptée par le plus grand nombre.

À la suite de la mort du président, les éléments les plus conservateurs et pro-oligarchiques en profitèrent pour en conclure que le réformisme était allé trop loin. Depuis que Busch s'était proclamé dictateur, il n'y avait pas moyen de parler de succession constitutionnelle, et le général Carlos Quintanilla fut proclamé président par la force armée. Il fut chargé de convoquer de nouvelles élections et les choses revinrent au statu quo d'avant Toro.

Le colonel Alberto Natusch Busch, un futur dirigeant de la Bolivie, était son neveu.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Helen Miller Bailey, Abraham Phineas Nasatir, Latin America: The Development of Its Civilization, Prentice-Hall, 1968, p. 639.
  2. a et b (en) « Busch Putsch », Time Magazine, 8 mai 1939 [1].
  3. (en)Bruce W. Farcau, The Chaco War: Bolivia and Paraguay, 1932-1935, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 157. (ISBN 0-275-95218-5)
  4. (en)« Nazi Intrigue in Bolivia »Pittsburgh Post-Gazette, 22 juillet 1941 [2].

Source[modifier | modifier le code]