Friedrich Alfred Krupp

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Friedrich Alfred Krupp
KRUPP, FRIEDRICH ALFRED (1854-1902) nel 1900.jpg

Friedrich Alfred Krupp (1900).

Fonctions
Membre du Reichstag de l'Empire allemand
Membre de la Chambre des seigneurs de Prusse
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
EssenVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Lieu de travail
Activité
Père
Conjoint
Margarethe Krupp (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Barbara Krupp (d)
Bertha KruppVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Friedrich Alfred Krupp Grabmal.JPG

sépulture

Friedrich Alfred Krupp, né le à Essen, et mort le dans la même ville, est un industriel et homme politique allemand. Il est le fils d'Alfred Krupp, dont il hérita les fonderies en 1887.

Biographie[modifier | modifier le code]

Statue de Friedrich Alfred Krupp devant le musée Krupp (à la Villa Hügel)

L'héritage[modifier | modifier le code]

Friedrich Alfred Krupp reçut une formation de lettres classiques au Lycée du Château d'Essen. Il fit de l'entreprise Krupp un groupe industriel de stature mondiale, qui aujourd'hui constitue le noyau de ThyssenKrupp. L'entreprise, renforcée par les ateliers métallurgiques de Duisburg-Rheinhausen, produisait surtout pour le secteur de l'armement. En 1893, soutenu par le gouvernement allemand, il fusionne son empire avec celui de son principal concurrent Hermann Gruson.

Sous son mandat, le nombre d'ouvriers doubla pratiquement jusqu'à atteindre 45 000. Il multiplia les mesures paternalistes d'aide et de promotion de la condition de ses employés. Son engagement social était pour l'époque révolutionnaire, par exemple en ouvrant l'un des premiers villages de vacances, celui d'Altenhof à Essen-Rüttenscheid. Les employés de la société pouvaient venir en vacances et habiter ces maisons d'architectes gratuitement, afin de rompre avec la grisaille de leur ville industrielle. Par l’achat d'autres entreprises comme les chantiers navals Germania de Kiel (1896-1902), il était en 1902 à la tête d'une entreprise forte de 70 000 ouvriers et salariés.

De 1893 à 1898, Friedrich Alfred Krupp fut député de la circonscription d’Essen au Reichstag. Il y siégeait avec les Conservateurs. Il n'hésitait pas à faire pression sur les autorités allemandes pour obtenir des commandes de matériels militaires.

Friedrich Alfred Krupp épousa en 1882 Margarethe von Ende qui lui donna deux filles, Bertha et Barbara.

Le refuge de Capri[modifier | modifier le code]

Via Krupp à Capri.

Krupp était un fervent adepte des séjours à Capri, où il passa les mois d'hiver de 1899 à 1902. Il y fit tracer un chemin escarpé au milieu des rochers, l'actuelle Via Krupp, devenue une curiosité touristique. La recherche océanographique était la principale activité du chevalier d'industrie à Capri. Il recevait dans son domaine des naturalistes aussi célèbres que Felix Anton Dohrn et Ignazio Cerio (en), et il y possédait deux yachts, Maja et Puritan[1].

Rumeurs et mort[modifier | modifier le code]

Les soupçons de pédérastie envers Friedrich Alfred Krupp remontent à ses séjours à l'hôtel Bristol de Berlin[2]. À Capri, durant l’hiver 1901-02, il s’était fait aménager une grotte près de Marina Piccola pour s’y recueillir et aussi pour y mener diverses festivités avec un cercle d’amis, la Congrega di Fra Felice[3]. On ne sait s’il y a réellement organisé des orgies avec de jeunes amants, ou si cette accusation reflète un chantage[4],[5], dans le contexte des luttes politiques locales[6]. Krupp découvrit ces rumeurs en juin 1902[7]. Les 15 et 20 octobre 1902, le journal socialiste napolitain Propaganda le traitait de « dégénéré sexuel »[8],[9]. Le 15 novembre, le journal social-démocrate allemand Vorwärts le dépeignait comme un homosexuel, et soulignait qu'il était passible du paragraphe 175.

Peu après, le 22 novembre, Krupp mourait dans la villa Hügel d’Essen. On parla officiellement d’une hémorragie cérébrale[10] ou d'une défaillance cardiaque[11], mais une partie de la presse n’hésitait pas à évoquer un suicide. Lors de ses obsèques à Essen, le cortège funéraire fut suivi par Guillaume II[12] : l'empereur dénonça les socialistes.

Krupp avait demandé par testament que l’entreprise familiale soit transformée en société par actions, sa fille aînée Bertha héritant de toutes les actions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dieter Richter, « Bruder Glücklichs trauriges Ende », sur www.kirche-capri.de (consulté le 1er novembre 2016)
  2. Giovanni Dall'Orto, « Storia gay - Friedrich Alfred Krupp (1854-1902), l'omosessualità e lo scandalo di Capri », sur www.giovannidallorto.com (consulté le 29 octobre 2016)
  3. D'après Dieter Richter, in Michael Epkenhans, Ralf Stremmel (éd.), Friedrich Alfred Krupp. Ein Unternehmer im Kaiserreich, Munich, Beck, (ISBN 978-3-406-60670-0), « Krupp auf Capri. Ein Skandal und seine Geschichte », p. 166-168.
  4. Norman Douglas, Rückblick. Eine Reise in meine Vergangenheit, p. 198-199.
  5. Diana Maria Friz, Margarethe Krupp, Munich, dtv, 2008 (ISBN 978-3-423-24703-0) (OCLC 316276410), p. 342.
  6. (it) Carlo Knight, Krupp a Capri, Naples, 1989.
  7. Richter, op. cit., p. 169-174.
  8. Giovanni Dall'Orto, « Testi di storia gay - Il caso Krupp - La Propaganda 15-10-1902 », sur www.giovannidallorto.com (consulté le 29 octobre 2016)
  9. Giovanni Dall'Orto, « Testi di storia gay - Il caso Krupp - La Propaganda 20-10-1902 », sur www.giovannidallorto.com (consulté le 29 octobre 2016)
  10. Diana Maria Friz, Margarethe Krupp, Munich, dtv, 2008 (ISBN 978-3-423-24703-0) (OCLC 316276410), p. 361.
  11. Douwe Draaisma, Quand l'esprit s'égare, Seuil, (ISBN 9782021186147, lire en ligne)
  12. Frank Stenglein, « Der einsame Tod des Friedrich Alfred Krupp | WAZ.de », sur www.derwesten.de (consulté le 31 octobre 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]