Francisca Saperas

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Francesca Saperas i Miró
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
BarceloneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Francesca Saperas i MiróVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Parentèle
Autres informations
Mouvement

Francisca Saperas Mirò est une anarchiste et anarcho syndicaliste espagnole née le à Barcelone et morte le . Elle est connue pour avoir hébergé des anarchistes recherchés par la police[1],[2],[3]. Antònia Fontanillas Borràs est sa petite fille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents sont Maria Mirò de Montblanc et Isidro Saperas tisserand de l'Espugla de Francoli, tous deux originaires de la province de Tarragone[4]. Elle épouse Martin Borràs Jover cordonnier d'Igualada le le 19 octobre 1869. Ils sont tous deux issus de familles catholiques. Elle a une dizaine d'enfants mais seules 5 filles restent en vie : Salud, Antonietta, Mercedes, Maria et Estrella.

Débuts anarchistes[modifier | modifier le code]

Le couple est pauvre et Martin travaille à domicile comme tisserand. Gracia, centre industriel du textile est une ville de 34000 habitants en 1877, dont beaucoup d'ouvriers. La ville devient un centre du militantisme syndical. Le couple fait partie de la première internationale espagnole. Giuseppe Fanelli se rend à Barcelone et Madrid entre 1868 et 1869 impulsant la naissance des premières sections ouvrières de l'Alliance International du Travail et l'Alliance de la démocratie socialiste. Le couple adhère à ces mouvements d'essence anarchiste[4].

En 1885 elle dénonce dans une pétition avec 28 ouvrières les violences policières causant la fausse couche d'une jeune femme dont le domicile est perquisitionné à Madrid[5]. Les forces de l'ordre visent le compagnon de cette jeune femme, Victoriano Matinez éditeur de Bandera Social.

Le couple Saperas est athée et ne baptise pas ses filles.

Francisca et Martin adhèrent aux thèses des communistes anarchistes, qui s'opposent alors au courant collectiviste de la Fédération des travailleurs de la région espagnole (FRTE). Francesca et Martin dénoncent la centralisation et le manque d'autonomie des sections de la FRTE[6]. Ils lisent Le Révolté et le Forçat du Travail. Ils publient deux journaux eux-mêmes La Justicia Humana et Tierra y Libertad. Ils y affirment leur position de communistes anarchistes et illégalistes. Ils défendent une organisation ouvrière par groupes informels sans structures. émanant de quartiers mais aussi de la famille. En conséquence, Francesca Saperas ouvre son foyer aux fugitifs sans moyens, ce qui lui vaut le surnom de mère des anarchistes selon Federica Montseny[7].

Arrestation et suicide de Martin Borras[modifier | modifier le code]

Suite à l'explosion de la bombe de Paulino Pallás (ca) le 24 septembre 1893 visant le défilé militaire d'Arsenio Martinez Campos, Martin Borràs est arrêté le 25 septembre. Pallas est exécuté le 29 septembre. Bien que Martin Borras soit blanchi de toute inculpation dans l'attentat du 24 septembre 1893, il est mis en cause dans l'explosion du théâtre de Liceu, qui survient le 7 novembre 1893 alors qu'il est emprisonné[4]. Il se suicide alors en mai 1894 en avalant du soufre[2].

Conséquences de l'attentat de la rue Cambios Nuevos[modifier | modifier le code]

Trois ans après la mort de Martin, Francesca Saperas se lie alors avec Thomas Ascheri, qui a déserté l'armée française et également anarchiste. Il travaille aux côtés de Michele Angiolillo à la revue Ciencia Social[4].

Le 7 juin 1896 un attentat à la bombe est commis rue Cambios Nuevos pendant une procession religieuse. 400 arrestations ont lieu, parmi lesquelles 15 de femmes compagnes d'anarchistes. Teresa Claramunt est elle aussi arrêtée. Thomas Ascheri[8], Francesca et sa fille Solud, ses gendres Luis Màs et Juan Botista Ollé sont arrêtés, et Thomas et Luis sont fusillés le 4 mai 1897 malgré le manque de preuves de leur implication dans l'attentat.

Francesca et sa fille Solud sont emprisonnés dans la prison de Reina Amalia. Les hommes quant à eux, ainsi que Teresa Claramunt sont à Montjuich, où ils subissent des tortures qui rendent Luis Màs fou. Antonietta, compagne de Juan Botista Ollé part vivre avec ses sœurs, les trois plus jeunes filles de Francesca, Maria, Mercedes et Estrella, mais faute de moyens elles sont contraintes de céder leur logement. Elles vivent dans une pauvreté qui finit par émouvoir l'opinion publique, et Maria et Mercedes sont placées dans un foyer, tandis qu'Estrella reste avec Antonietta.

Dans la prison Reina Amalia, tenue par des religieuses, Solud accouche d'un bébé qu'elle n'a pas la force de nourrir, et qui lui est enlevé quand elle le donne à une autre femme, Assumpcio Valvé pour l'allaiter. Le bébé d'Assumpcio lui est également enlevé. ensuite, on oblige Francesca et Solud à se marier religieusement avec leurs compagnons le 3 mai 1897, juste avant de les exécuter.

Francesca et Solud sont condamnées à être exilées sans avoir été jugées et conduites à la frontière. Elles s'installent à Marseille. Les autorités barcelonaises, invoquant leur inconduite, refusent de leur rendre leurs enfants.

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ca) « Francesca Saperas Mirò », sur Diccionari biogràfic de dones, (consulté le 16 août 2017)
  2. a et b Collectif Sarka-SPIP, « SAPERAS MIRÓ, Francisca - Dictionnaire international des militants anarchistes », sur www.militants-anarchistes.info (consulté le 16 août 2017)
  3. « saperas », sur www.estelnegre.org (consulté le 16 août 2017)
  4. a b c et d Hélène Finet, Libertarias, Paris, Nada, (ISBN 9791092457155), p 19 à 57
  5. (es) Protesta de la oberas madres de familia, Madrid, Bandra Social,
  6. Max Netlau, La première internationale en Espagne (1868-1888), D.Reidel publishing company, , p 353
  7. Fran Fernández, « Francesca Saperas Miró (1851-1933). ¿La madre de los anarquistas? », sur Ser Histórico. Portal de Historia, (consulté le 16 août 2017)
  8. (en) « Journal de Genève - 10.09.1896 - Pages 2/3 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le 16 août 2017)