Force de soutien stratégique de l'Armée populaire de libération

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Force de soutien stratégique de l'Armée populaire de libération
中国人民解放军战略支援部队
Image illustrative de l’article Force de soutien stratégique de l'Armée populaire de libération
Emblème de la force de soutien stratégique de l'APL

Création
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Allégeance Parti communiste chinois
Type Force stratégique
Rôle Guerre électronique, cyberguerre, opérations militaires spatiales
Fait partie de Flag of the People's Liberation Army.svg Armée populaire de libération
Commandant Général Gao Jin (Commandant en chef)
Général Zheng Weiping (Commissaire politique)
Emblème PLASSF.svg

La Force de soutien stratégique de l'Armée populaire de libération, ou (en) People's Liberation Army Strategic Support Force (PLASSF) est une composante de l'armée chinoise, mise en place fin 2015 et responsable de missions dans les domaines spatial, cyber, informationnel et guerre électronique.

Historique[modifier | modifier le code]

Fin 2015, aboutit une grande réforme militaire entamée en septembre de la même année[1] qui conduit à la création de trois nouvelles entités au sein de l'Armée populaire de libération (APL). Ainsi, aux côtés de la Force des Missiles Stratégiques et du poste de chef du commandement général pour la composante terrestre, le Président de la république populaire de Chine, Xi Jinping, crée la Force de soutien stratégique (FSS) le [2].

La FSS rassemblerait plusieurs unités et départements en lien avec les domaines cyber, spatial et guerre électronique[3].

Missions[modifier | modifier le code]

Cette FSS est une nouvelle branche de l'APL, au même titre que les composantes terrestre, aérienne et navale. Elle a pour but de disposer d'une force capable d'agir dans les nouveaux milieux où se développe la guerre - espace, cyberespace, information, spectre électromagnétique et opérations psychologiques[2] - afin d'y obtenir et de "maintenir un avantage local" dans le temps ou sur une zone[4].

Composition[modifier | modifier le code]

A travers la réforme de 2015, un des objectifs est de consolider et d'améliorer l'intégration des systèmes de haute technologie de l'APL[5].

Selon les informations disponibles[3],[5], en dehors d'entités organisationnelles et logistiques, cette FSS serait composée :

  • d'un département des systèmes spatiaux, qui serait responsable principalement des systèmes spatiaux C4ISR de l'APL
  • d'un département des systèmes de réseaux (ou cyber), qui aurait la charge d'intégrer des capacités de lutte informatique offensive et défensive, de guerre électronique, de guerre psychologique et de guerre de l'information.

Département des systèmes spatiaux[modifier | modifier le code]

Issu de la partie spatiale du Département Général des armements de l'Armée Populaire de Libération et d'une partie des unités et missions du Département de politique générale de l'Armée Populaire de Libération désormais dissous, le département des systèmes spatiaux consolide en son sein tous les aspects en lien avec :

  • les opérations spatiales : lancement, soutien, TT&C (télémétrie, tracking et contrôle),
  • l'ISR (Intelligence, surveillance and reconnaissance, c'est-à-dire l'acquisition et l'exploitation coordonnées d'informations et de renseignements).

Ainsi, ce département est responsable des sites de lancement, des unités TT&C, ISR et R&D en lien avec le domaine spatial[3].

Sites de lancement[modifier | modifier le code]

  • La base de lancement de Jiuquan connue également sous le nom de "Base 20" ou de "20e base de test et d’entraînement", située dans le nord de la Chine dans le désert de Gobi. Ce centre est dédié aux lancement des vols spatiaux habités et des satellites en orbite basse.
  • La base de lancement de Taiyuan ("Base 25", "25e base de test et d’entraînement"), située dans la province du Shanxi. Cette base est utilisée pour lancer les satellites placés en orbite basse et en orbite héliosynchrone.
  • La base de lancement de Xichang ("Base 27", "27e base de test et d’entraînement"), située dans la province du Sichuan.
  • La base de lancement de Wenchang, opérationnelle depuis 2016 et située au sud de la Chine sur l'île de Hainan. Sa situation en bord de mer et au Sud de la Chine est favorable aux tirs de satellites géostationnaires.

Unités de télémétrie, suivi et de contrôle[modifier | modifier le code]

Autres unités[modifier | modifier le code]

  • à vocation de renseignement, le département est responsable des moyens spatiaux ISR comme les satellites Yaogan à travers :
    • l'Aerospace Reconnaissance Bureau (ARB)
    • le Satellite Main Station (SMS)
  • recherche et développement :
    • Le centre de recherche et de développement aérospatial ("29e base de test et d’entraînement")
    • la Base d'essais nucléaires ("21e base de test et d’entraînement")
    • le Project Design Research Center

Outre la gestion des moyens de renseignement par satellites, la FSS dispose de capacités pour mener des opérations offensives ou défensives avec des moyens spatiaux ou terrestres afin d'obtenir une supériorité dans l'espace pour une certaine durée ou une certaine position, comme ce fût démontré notamment en 2007 avec un tir de missile antisatellite et plus tard en 2013 avec trois satellites menant des opérations à proximité dont l'un équipé d'un bras robotique[6].

Il semble également que le département ait pris un rôle central dans la gestion du système de positionnement par satellite Beidou[5].

Département des systèmes de réseaux[modifier | modifier le code]

Le Département des systèmes de réseaux serait responsable de la cyberguerre en Chine et disposerait de capacités de guerre électronique et de moyens pour réaliser des opérations de guerre psychologique et de l'information.

Capacités cyberguerre[modifier | modifier le code]

Au titre de la cyberguerre, le département semble avoir récupéré à ce titre la capacité d'espionnage cyber du département de politique générale de l'APL[5], incluant entre autres l'unité 61398 appelée TRB (Technical reconnaissance bureau)[4].

Il disposerait aussi de moyens de lutte informatique tant offensive que défensive[3], avec notamment l'unité dénommée CNA (Computer network attack)[4].

Capacités dans le spectre électromagnétique et informationnel[modifier | modifier le code]

Le département aurait également intégré des capacités militaires dans le domaine électromagnétique[5], des opérations de guerre psychologique et de la guerre de l'information[7] en constituant le noyau clef de la capacité chinoise dans ce cadre[4].

La FSS assure aussi un soutien des forces dans le domaine de l'information, en leurs assurant des informations précises, efficaces et fiables[4].

Commandants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Chine réorganise la structure de ses forces armées », sur Opex360,
  2. a et b (en) « China upgrades missile force, adds space and cyber war forces », sur Ministère de la Défense nationale, (consulté le 29 juin 2018)
  3. a b c et d (en) « The Strategic Support Force: Update and Overview », sur The Jamestown foundation, (consulté le 29 juin 2018)
  4. a b c d et e (en) « The Strategic Support Force: China’s Information Warfare Service », sur The Jamestown foundation,
  5. a b c d et e (en) « PLA Strategic Support Force: The 'Information Umbrella' for China's Military », sur The Diplomat, (consulté le 30 juin 2018)
  6. (en) « The Creation of the PLA Strategic Support Force and Its Implications for Chinese Military Space Operations », sur RAND Corporation, (consulté le 29 juin 2018)
  7. (en) « The dragon reorganizes for space », sur SpaceNews,
  8. (en) « 3 new military branches created in key PLA reform », sur China Daily Asia, (consulté le 30 juin 2018)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]