Flexibilité du travail

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La flexibilité du travail est l'un des moyens permettant à une entreprise de s'adapter aux évolutions de sa demande et de son environnement. Cette flexibilité est une des composantes de sa réactivité industrielle. Elle implique toutes les ressources de l'entreprise et en particulier son personnel, par ses modes de gestion des ressources humaines.

La flexibilité du travail implique donc la remise en cause de l'organisation du travail au sein de l'entreprise ou de la société, afin de s'adapter aux contraintes du marché.

La flexibilisation de l'outil de production est une tendance lourde de l'évolution industrielle. En effet, les acteurs économiques tendent à passer de la bureaucratie, mécaniste ou professionnelle (logique productiviste), voire de la technocratie (logique qualitative) à l'adhocratie (adaptation à la demande).

On dénote principalement trois formes de flexibilité.

Flexibilité quantitative[modifier | modifier le code]

  • La flexibilité quantitative externe. L'entreprise fait varier le volume de sa main-d’œuvre en recourant au marché du travail. La flexibilité externe se fait par apport de tiers à l'entreprise. Ces tiers sécrètent la sur-activité instable. Les effectifs varient en fonction des besoins de l'entreprise : c'est le cas classique d'embauche de personnel sous contrat à durée déterminée ou de salariés intérimaires en cas de progression des ventes de l'entreprise, et de non prolongement de leurs contrats en cas de baisse de la demande.
  • La flexibilité quantitative interne. Elle consiste en une variation du temps de travail annuel au sein de l'entreprise, c'est donc le module du nombre d'heures, et non du nombre de salariés.
  • L'externalisation. L'entreprise fait appel à d'autres entreprises pour y sous-traiter toute ou une partie de sa production.
  • La flexibilité fonctionnelle, désigne l'aptitude des salariés à changer de poste de travail sans coûts supplémentaires (d'où polyvalence).

Flexibilité salariale[modifier | modifier le code]

C'est un salaire révisable sous conditions de performance[1].
La flexibilité des rémunérations permet de faire varier à travers la rémunération des salariés. Dans ce cas-là le salaire brut peut être peu important, mais celui-ci est majoré de manière importante sous forme de primes. Ainsi, lorsque l'entreprise va mal, elle peut supprimer les primes pour n'avoir qu'à payer des salaires faibles.

Pourquoi une telle recherche de flexibilité ?[modifier | modifier le code]

La flexibilité possède des avantages supposés :

La flexibilité du travail et des rémunérations réagit contre la tendance à la transformation des coûts salariaux en coûts fixes indépendants du volume de la production et des résultats de l'entreprise.

Le modèle de gestion de la main d'œuvre qui s'était imposé lors des Trente Glorieuses était caractérisé par des rigidités structurelles et institutionnelles (mise en place du SMIG en 1950, poids des syndicats, législation du travail contraignante). Le contrat à durée indéterminée (CDI) était la norme.

La croissance du chômage et le renouveau des idées libérales matérialisé par Ronald Reagan aux États-Unis entre 1980 et 1988 et Margaret Thatcher au Royaume-Uni entre 1979 et 1990 ont conduit à remettre en cause ce mode de gestion de la main d'œuvre : il s'agit de donner aux entreprises un meilleur équilibre offre-demande de travail et donc une baisse du chômage.

Aux États-Unis et au Royaume-Uni, les taux de chômage sont généralement plus faibles qu'en France (aux alentours de 5 % contre près de 9 % en données BIT depuis 2000).

Avec la flexibilité, l'entreprise a donc la possibilité de s'adapter à la conjoncture. L'emploi devient une variable d'ajustement avec cependant un risque accru : le développement de la précarité.

Conséquences sociales[modifier | modifier le code]

La flexibilité peut amener les entreprises à embaucher ou à licencier (flexibilité quantitative externe). La flexibilité des effectifs peut aussi être obtenue en proposant des contrats de travail limités dans le temps ou facilement révocables.

La recherche de flexibilité quantitative interne peut parfois inciter les entreprises à proposer des contrats avec un faible revenu fixe, et une part variable importante (travail à la pièce). Toutefois, ce mode de rémunération tend à disparaître. Elle est aussi la raison du fort développement des société de services, notamment dans le domaine des secteurs à haute valeur ajoutée comme le secteur informatique (SSII).

Depuis les années 1980, la recherche de flexibilité quantitative externe a conduit au développement des agences d'intérim. Les intérimaires ont souvent des missions précaires, parfois d'une journée, ils ont remplacé les "journaliers" autrefois recrutés dans les bourses du travail. Ces personnes peuvent, dans certain pays, avoir des difficultés à trouver un logement ou à construire des projets à long terme, familiaux et autres (scolariser ses enfants, obtenir un prêt immobilier) ceux-ci nécessitant une certaine stabilité financière et géographique.

La flexibilité du temps de travail (flexibilité quantitative interne) entraîne des périodes de travail irrégulières. Cela peut être le cas à la journée, comme les personnes employées aux caisses de la grande distribution, qui ont des horaires modulés selon la fréquentation du magasin, et des périodes de pause non rémunérées pendant les heures de basses fréquentations. C'est aussi le cas des chauffeurs routiers. Les horaires variables pouvant rendre l'occupation d'un autre emploi impossible, cela peut engendrer un travailleur pauvre.

Le changement de poste (flexibilité fonctionnelle) peut parfois être mal vécu et donner l'impression au salarié d'être une «personne à tout faire», dont l'activité varie au jour le jour.

En outre, les garanties du travailleur en CDI ne s'appliquent pas toujours au travail précaire, ni aux heures supplémentaires (maladies, fériés, chômage technique… sont autant d'imprévus à assumer pour le travailleur).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brunhes B. (1989), La Flexibilité du travail : réflexions sur les modèles européens, Paris : Droit Social . 1989, n° 3
  • Film documentaire, 2009, Le travail en miettes.

Références[modifier | modifier le code]