Faux-gavial de Malaisie

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Tomistoma schlegelii

Tomistoma schlegelii
Description de cette image, également commentée ci-après
Faux-gavial de Malaisie
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Reptilia
Sous-classe Archosauromorpha
Ordre Crocodilia
Famille Gavialidae
Sous-famille Tomistominae

Genre

Tomistoma
Müller, 1846

Espèce

Tomistoma schlegelii
(Müller, 1838)

Synonymes

  • Crocodilus schlegelii Müller, 1838

Statut de conservation UICN

( EN)
ENA2cd : En danger

Statut CITES

Sur l'annexe I de la CITES Annexe I , Rév. du 01/07/1975

Tomistoma schlegelii, unique représentant du genre Tomistoma, est une espèce de crocodiliens de la famille des Gavialidae[1].

En français cette espèce est appelée Faux-gavial de Malaisie ou Gavial de Schlegel. Son nom est donné à la base en raison de sa ressemblance avec le Gavial du Gange, espèce appartenant a la famille des Gavialidae, dans laquelle il était inclus avant d’être exclu et mis dans celui des Crocodylidae, avant que des analyses génétiques ne le replacent dans sa famille originelle[1],[2]. Son existence dans cette famille (bien que ne faisant pas partie du genre Gavialis de la sous-famille des Gavialinae mais de la sous-famille à part des Tomistominae et du genre à part Tomistoma) fait que, ironiquement, malgré son nom, il soit un vrai gavial. De fait, on pourrait techniquement l'appeler simplement Gavial de Malaisie.

Répartition[modifier | modifier le code]

Distribution

Cette espèce se rencontre[3] :

Le Gavial de Schlegel vit dans les vastes marais.

Description[modifier | modifier le code]

Tomistoma schlegelii
Tomistoma schlegelii

Le faux-gavial de Malaisie peut atteindre cinq à six mètres[4]. Malgré sa taille impressionnante, il est généralement inoffensif pour l'homme : sa grande taille et ses dents acérées peuvent être dangereuses mais l'animal n'attaque que pour se défendre et non pour capturer un humain. Il se nourrit presque exclusivement de poisson.

Comme beaucoup de crocodiles, il a longtemps été massacré pour sa peau par les hommes et l'industrie du cuir de luxe[5].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

La position familiale de cette espèce est discutée, traditionnellement placé dans les Crocodylidae, des analyses génétiques récentes la rapproche des Gavialidae[6].

Conservation[modifier | modifier le code]

Les effectifs de l'espèce sont estimés à 2 500 individus. Des programmes d'élevage ont été lancés en Europe et aux États-Unis.

Étymologie[modifier | modifier le code]

  • Le nom du genre, Tomistoma, vient du grec tomos (pointu) et de stoma (bouche), pour évoquer la forme de la bouche.
  • Le nom de l'espèce, schlegelii, commémore le zoologiste allemand Hermann Schlegel (1804-1884).

Convergence évolutive[modifier | modifier le code]

Le Faux-gavial de Malaisie partage comme principale similitude avec le Gavial du Gange un museau plus long et fin que les autres espèces de crocodiles, trait physique également remarqué chez le Faux-gavial d'Afrique, bien que celui du Faux-gavial de Malaisie et celui d'Afrique soit moins long. Étant avec le Gavial du Gange dans une famille différente du Faux-Gavial d'Afrique, cette particularité s'explique par un phénomène de convergence évolutive, dont le résultat est l'acquisition d'un trait caractéristique à plusieurs êtres vivants, mais non hérité d'un ancêtre commun à ces derniers, mais qui a évolué de façon indépendante. Il faut cependant noté que c'est dans l'ordre des Gavialoidae que cette particularité physique est la plus dominante dans son histoire évolutive et poussé à l'extrême.

Ce phénomène a pu être favorisé par le régime alimentaire, car celui des trois espèces de crocodiles se compose principalement, uniquement même pour le vrai gavial, de poissons, car le museau serait trop fragile pour s'en prendre à des créatures plus grosse. De par le fait, il s'agirait là aussi d'une spécialisation évolutive. Cependant, ce genre de phénomène peut être néfaste à long terme, car n'étant spécialisées que dans la pêche, ces trois espèces pourrait disparaître si leur seules proies de prédilections venaient à disparaitre elles aussi, ce qui est déjà en partie l'une des causes de leur raréfaction en raison de l'activité humaine.

Publications originales[modifier | modifier le code]

  • Müller, 1838 : Waarnemingen over de Indische Krokodillen en Beschrijving Van Enne Nieuwe Soort. Tijdschrift voor Natuurlijke Geschiedenis en Physiologie, Amsterdam and Leyden, vol. 5, p. 61-87 (texte intégral).
  • Müller, 1846 : Über den Charakter der Thierwelt auf den Inseln des indischen Archipels, ein Beitrag zur zoologischen Geographie. Archiv fur Naturgeschichte, vol. 12, no 1, p. 109-128 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jorge Gatesy, Amato, G., Norell, M., DeSalle, R. et Hayashi, C., « Combined support for wholesale taxic atavism in gavialine crocodylians », Systematic Biology, vol. 52, no 3,‎ , p. 403–422 (DOI 10.1080/10635150309329, lire en ligne)
  2. R. E. Willis, L. R. McAliley, E. D. Neeley et L. D. Densmore Ld, « Evidence for placing the false gharial (Tomistoma schlegelii) into the family Gavialidae: Inferences from nuclear gene sequences », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 43, no 3,‎ , p. 787–794 (PMID 17433721, DOI 10.1016/j.ympev.2007.02.005)
  3. UICN, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  4. Crocodile Specialist Group Newsletter vol. 28, no 1 (texte intégral)
  5. J. et K. MacKinnon (trad. Janine Cyrot), Les animaux d'Asie : Écologie de la région indo-malaise, Fernand Nathan, , 172 p., Gavial de Schlegel pages 74, 75 et 76
  6. Willis, McAliley, Neeley & Densmore, 2007 : Evidence for placing the false gharial (Tomistoma schlegelii) into the family Gavialidae: Inferences from nuclear gene sequences. Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 43, n. 3, p. 787-794.