Edmond Duthoit

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Edmond Duthoit
Image illustrative de l’article Edmond Duthoit
Edmond Duthoit en médaillon, Basilique Notre-Dame de Brebières, Albert (Somme)
Présentation
Naissance
Amiens, Somme
Décès (à 52 ans)
Amiens
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Architecte, dessinateur, archéologue
Formation École supérieure des beaux-arts d'Amiens
Œuvre
Réalisations basilique Notre-Dame de Brebières restauration du Château de Roquetaillade (Gironde)
Distinctions chevalier de la Légion d'honneur
officier de l'ordre du Médjidié
Entourage familial
Père Aimé Duthoit - Frères Duthoit
Famille Rosalie Paillat (femme)
Compléments
père de Louis Duthoit

Edmond Clément Marie Duthoit (1837-1889) est un architecte français du XIXe siècle, issu d'une famille d'artistes amiénois. Il est le fils d'Aimé Duthoit, le neveu de Louis Duthoit, dessinateurs et sculpteurs picards du XIXe siècle et le père de l'architecte Louis Duthoit.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Edmond Duthoit est né le à Amiens[1], fils d'Aimé Adrien Duthoit et de Joséphine Geneviève Pauchot[2].

Il se marie avec Rosalie Esther Adolphine Paillat, née en 1845 et ont ensemble un fils Louis Duthoit qui devient architecte comme son père.

Il décède le (à 52 ans), à Amiens[3].

Une carrière dans l'ombre d'un grand architecte[modifier | modifier le code]

Édmond Duthoit fut l'un des plus fidèles élèves d'Eugène Viollet-le-Duc qui l'appelait : « mon jeune aide de camp », avec qui Aimé et Louis Duthoit, ses père et oncle, travaillèrent également. Il avait la charge, entre autres, de s'occuper de certains bâtiments, sur place, alors que son maître était obligé de faire continuellement des « tours » de France pour visiter chaque site.

C'est au château de Roquetaillade qu'il fit ses plus belles interventions, en collaboration étroite avec Viollet-le-Duc. Il suivit sur place, pour son maître, les travaux de décoration et la création du mobilier de 1864 jusqu'à la chute de Napoléon III en 1870, date à laquelle, faute d'argent, le chantier s'arrêta. Edmond Duthoit finit le chantier de 1875 à 1878, notamment les décors de la chapelle du XIIe siècle. Les décors de Roquetaillade sont uniques car ils sont certainement le seul exemple en France d'un travail complet de Viollet-le-Duc : architecture, restauration, décoration, mobilier et objets[4].

Une ouverture vers l'art oriental[modifier | modifier le code]

Durant ses voyages d'adolescence en Espagne du Sud, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, Edmond Duthoit découvrit l'art mauresque. Chargé de mission en Orient, il a accompagné en 1861-1863 et 1862-1864, en Syrie et à Chypre, le comte Melchior de Vogüé, dont il collabora à la publication de l'Architecture civile et religieuse du Ier au VIIe siècle en Syrie, d'où le nom de la salle des antiquités chypriotes au Louvre : Voguë-Duthoit[5]. Il réalisa une série impressionnante de dessins sur les monuments du Proche Orient et d'Agérie. Il fut chargé par le gouvernement français d'arbitrer un conflit qui opposait en 1872, la municipalité de Tlemcen et la population au sujet d'un aménagement urbain portant atteinte à la Grande mosquée de la ville[6]. Il fut de 1880 à sa mort, architecte en chef des monuments historiques d'Algérie[5] et participa à la mise en place des fouilles archéologiques des sites romains de Tipaza, Timgad, Djémila en Algérie et d'autres en Tunisie.

Nommé en 1866 inspecteur des Monuments historiques des départements de l'Oise et de la Somme, il s'installa à Amiens en 1870 et partagea son temps entre la Picardie et l'Agérie. C'est à partir de 1884, qu'il réalisa son chef-d’œuvre, la basilique Notre-Dame de Brebières à Albert dans la Somme, monument majestueux, inspiré à la fois de l'art byzantin et de l'art mauresque[Note 1] où l'on peut déceler l'influence de l'architecte Léon Vaudoyer[6].

Il fut membre de la Société des antiquaires de Picardie[7].

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Restauration[modifier | modifier le code]

Construction et décoration[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

  • Un Amiénois en Orient, Edmond Duthoit, architecte 1837-1889, 1936

Hommage et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B. Bergdoll, "The Synthesis of all I Have Seen: The Architecture of Edmond Duthoit (1837-1889)" in Middlerton R. (Ed.), The Beaux-Arts and Nimeteenth Century French Architecture, Cambridge, Mass., The Mit Press, 1982 p. 217-275.
  • Jean-Charles Cappronnier, Frédéric Fournis, Alexandra Gérard, Pascale Touzet, "L’art sacré entre les deux guerres : aspects de la Première Reconstruction en Picardie" dans In Situ, revue des patrimoines [2]
  • A. Koumas et L. Nafa, L'Algérie et son patrimoine. Dessins français au XIXe siècle, Momum / Patrimoine, 2003.
  • Pierre Laboureyras, La ville d'Albert avant et pendant la guerre 1914-1915, la destruction d'une cité picarde et d'une basilique mariale, 1916.
  • Claude Laroche, "Les enjeux multiples de l’architecture religieuse du second XIXe siècle en France : un essai de litanies" dans, In Situ, revue des patrimoines, [3]
  • Françoise Le Guet-Tully, Jean Davoigneau, L’inventaire et le patrimoine de l’astronomie, l’exemple des cercles méridiens et de leurs abris (In Situ, revue des patrimoines) [4]
  • Nabila Oulebsir, « La découverte des monuments de l’Algérie. Les missions d’Amable Ravoisié et d’Edmond Duthoit (1840-1880)», dans Figures de l’orientalisme en architecture (édité par C. Bruant, S. Leprun et M. Volait), REMMM, no 73-74 [1994], p. 57-76.
  • Nabila Oulebsir, « Edmond Duthoit», dans Allgemeines Künstler-Lexikon (World Biographical Dictionary of Artists), Munich/Leipzig, 2002, K.G. Saur Verlag, vol. 31 p. 195-197.
  • Nabila Oulebsir, « Edmond Duthoit. Un architecte néogothique et moderne, entre Picardie et Méditerranée », dans Nabila Oulebsir et Mercedes Volait (dir.), L’Orientalisme architectural entre imaginaires et savoirs, Paris, 2009, Éditions Picard/CNRS InVisu, collection « D’une rive, l’autre », p. 155-176.
  • Nabila Oulebsir, Les Usages du patrimoine, monuments, musées et politique coloniale en Algérie (1830-1930), Paris, MSH, 2004.
  • Nabila Oulebsir - Figures de l'orientalisme en architecture, « La découverte des monuments de l'Algérie. Les missions d'Amable Ravoisié et d'Edmond Duthoit (1840-1880) » (consulté le 21 mars 2008)
  • François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, Éditions Karthala, 2008.
  • Bernard Toulier, Un parfum d’Orient au cœur des villes d’eaux (In Situ, revue des patrimoines) [5]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. l'édifice détruit pendant la Première Guerre mondiale fut reconstruite à l'identique par son fils, l'architecte Louis Duthoit.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « 5MI_D6 - Amiens : tables décennales (naissances) (1832-1842) », sur archives.somme.fr (consulté en 16 février 2015=)
  2. « 5MI_D177 - Amiens : naissances (1837) », sur archives.somme.fr (consulté en 16 février 2015=)
  3. « 5MI_D11 - Amiens : tables décennales (décès) (1883-1892) », sur archives.somme.fr (consulté en 16 février 2015=)
  4. Jean-Claude Lasserre, 2002 (Le Festin) En Bazadais un château décoré par Viollet-le-Duc et Edmond Duthoit [1]
  5. a b et c Pierre Laboureyras, La ville d'Albert avant et pendant la guerre 1914-1915, la destruction d'une cité picarde et d'une basilique mariale, 1916
  6. a et b François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, Éditions Karthala, 2008
  7. « 2 E 21/1056 - Amiens : décès (1889) », sur archives.somme.fr (consulté en 16 février 2015=)