Émond Auger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Edmond Auger)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Auger.
Émond Auger
Description de cette image, également commentée ci-après
Émond Auger.
Paris, BnF, département des estampes, fin du XVIe siècle.
Naissance vers 1530
Sézanne Drapeau de la France France
Décès
Côme Drapeau de l'Italie Italie
Nationalité française
Pays de résidence Angleterre
Profession
Activité principale
Prédicateur, écrivain
Autres activités
Confesseur du roi
Formation
Lettres, philosophie et théologie

Émond Auger, né en 1530 à Sézanne[1], près de Troyes (France) et mort le 19 janvier 1591[2] à Côme (Italie), est un prêtre jésuite français, prédicateur, confesseur du roi Henri III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un pauvre laboureur, il se rend à Rome, n'ayant d'autre ressource que de mendier, travaille chez les Jésuites de cette ville comme garçon de cuisine, et fut admis dans l'Ordre par Ignace de Loyola lui-même.

Sa formation religieuse et intellectuelle terminée, il rentra en France, et bientôt se distingua par son talent et zèle pour la prédication et ramena à la foi catholique un grand nombre de Protestants du midi. Tombé entre les mains du baron des Adrets, chef des Protestants, il allait être mis à mort quand son éloquence le sauva.

En 1568, il prêcha à la cour devant le roi Charles IX et le duc d'Anjou. Il est possible qu'il soit à l'origine de la dévotion particulière qu'avait Henri III pour le Saint-Esprit.

Après la paix de Saint-Germain, Auger poursuivit son apostolat en essayant de développer les confréries de pénitents à l'image de celles qui existaient en Italie. Il a aidé à créer celles de Toulouse en 1575, de Lyon et de Dôle en rédigeant leurs règle et statuts. Celle de Lyon s'agrégea à l'Archiconfrérie du Gonfalon de Rome. Il voulait promouvoir la réforme de la vie des fidèles et en particulier des nobles qui deviendraient ainsi des exemples pour le peuple.

Henri III l'avait connu dès 1568 et le choisit comme confesseur juste avant la bataille de Jarnac. Il l'avait accompagné dans son voyage d'Avignon à la fin de 1574 et avait participé avec lui à la procession des confréries de pénitents dans cette ville peu avant Noël. Quand en mars 1583 il se sépara de son confesseur, le père Claude Mathieu, provincial de France des jésuites, qu'il jugeait trop proche des intérêts espagnols, il le choisit pour son confesseur; il est le second Jésuite qui ait rempli cette fonction délicate. Il aida le roi qui avait des penchants mystiques à créer des confréries de Pénitents à Paris.

Les contemporains, la reine mère, les ministres, le pape et le nonce trouvaient excessive la dévotion du roi. On a reproché à Auger d'être à l'origine de ces excès de piété, ce qu'il a nié. Malgré son action pour promouvoir les congrégations de pénitents, il était convaincu qu'il était nécessaire d'essayer de vivre en paix avec les réformés dès 1583[3].

Dans la Métanœelogie il faisait du roi l'image parfaite de la divinité. Il voyait en Henri III le guide spirituel du royaume animé par le saint Esprit conduisant la « nation françoise » sur le chemin du salut éternel. C'était « celui qui donne loi à toutes les actions des inférieurs et qu'il est telle la tête, celui qui en nostre corps préside et donne le mouvement à tout le reste[4]. »

Les Ligueurs l'éloignèrent de la personne du roi. En mars 1589, il est à Lyon au moment où le duc de Nemours entre dans la ville. Il y fait des prédications enflammées qui étaient jugées par le consulat de la ville au cours de la réunion du 20 mars comme apportant « beaucoup de mauvais offices à la cause de la saincte Union des catholicques par les pourparlers et conférences qu’il a avec plusieurs et par ses lettres missives et encores par les exhortations qu’il peut faire en la confession auriculaire et par le moyen d’icelle. » Le consulat s'inquiétant de ses actions lui enjoint de ne plus intervenir par ses prédications ou ses écrits, ou ses confessions « d'autant que par la grace de dieu cette ville est très peuplée d’aultres bons confesseurs[5]. »

Il se retira en Italie après la mort d'Henri III et mourut à Côme.

Écrits[modifier | modifier le code]

Il a laissé quelques ouvrages de piété :

  • Traité de la vraie, réelle et corporelle présence de Jésus-Christ au sacrement de l'autel (1566).
  • Traité du sacrifice de la messe (1566).
  • Pégagogue d'armes, pour instruire un prince chrétien à bien entreprendre et heureusement achever une bonne guerre, pour être victorieux de tous les ennemis de son état et de l'Église catholique (1568) dans lequel il décrivait les devoirs d'un prince chrétien et justifiait sa lutte contre des sujets rebelles.
  • Métanœlogie sur le sujet de la congrégation des pénitens & de toutes les autres dévotieuse Assemblées en l'église Sainte, ou Discours sur la pénitence (1584).
  • et un Catéchisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacqueline Boucher, Histoire et Dictionnaire des Guerres de Religion, 1998, p.683
  2. Journal des savants, volume 60, 1716, p. 418
  3. Pierre Chevallier, Henri III : roi shakespearien, Paris, Fayard, , 751 p. (ISBN 2-213-01583-X, présentation en ligne), p. 275 ; 384 ; 499 ; 544-548 ; 550-552 ; 544.
  4. Pierre 2004, p. 10.
  5. Nicolas Le Roux, Un régicide au nom de Dieu : l'assassinat d'Henri III, 1er août 1589, Paris, Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », , 451 p. (ISBN 2-07-073529-X, présentation en ligne), p. 194.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Gianclaudio Civale, « Religione e mestiere delle armi nella Francia dei primi torbidi religiosi : il Pédagogue d'armes del Gesuita Emond Auger (1568) », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, Genève, Droz, t. LXXIV, no 3,‎ , p. 505-533 (lire en ligne).
  • Jean Dorigny, La vie du Père Émond Auger, de la Compagnie de Jésus, Lyon, Laurens, 1716.
  • Jean Dorigny, La vie du Père Émond Auger, de la Compagnie de Jésus. Nouvelle édition augmentée de l'opuscule des Jésuites ligueurs et complices de Barrière et de Jean Châtel, par l'abbé Dazès, Avignon, Seguin aîné, 1828.
  • Paul Deslandres, « Le père Émond Auger, confesseur d'Henri III (1530-1591) », Revue des études historiques, Paris, Librairie Auguste Picard,‎ , p. 28-38 (lire en ligne).
  • François Kurris, « Le Narré dans la vie du Père Émond Auger : traité ou document humain (1530-1591) », Archivum Historicum Societatis Iesu, vol. 81, no 162,‎ , p. 533-550.
  • Nicolas Le Roux, « Le glaive et la chair : le pouvoir et son incarnation au temps des derniers Valois », Chrétiens et sociétés, XVIe-XXIe siècles, no 2 hors-série « La vocation du Prince »,‎ , p. 61-83 (DOI 10.4000/chretienssocietes.3453, lire en ligne).
  • (en) A. Lynn Martin, Henry III and the Jesuit Politicians, Genève, Librairie Droz, coll. « Travaux d'humanisme et Renaissance » (no 137), , 263 p. (présentation en ligne).
  • (en) A. Lynn Martin, « The Jesuit Emond Auger and the Saint Bartolomew’s Massacre at Bordeaux : The Final Word », dans John Friedman (dir.), Regnum, Religio et Ratio : Essays, Kirksville, Sixteenth Century Essays & Studies, , p. 117-124
  • Michel Pernot, « L'univers spirituel du père Émond Auger, S.J. confesseur du roi Henri III », Revue d'histoire de l'Église de France, Paris, Société d'histoire religieuse de la France, t. 75, no 194 « Les débuts de la réforme catholique dans les pays de langue française (1560-1620) »,‎ , p. 103-114 (lire en ligne).
  • Benoist Pierre, « Le corps pénitent et l'ordre social chez les religieux parisiens de la fin du XVIe siècle », Mémoires de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Île-de-France, t. 55,‎ , p. 1-15 (lire en ligne).
  • Benoist Pierre, La bure et le sceptre : la congrégation des Feuillants dans l'affirmation des États et des pouvoirs princiers (vers 1560-vers 1660), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire moderne » (no 47), , 590 p. (ISBN 2-85944-543-9, présentation en ligne), [présentation en ligne].

Liens externes[modifier | modifier le code]