E-gold

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e-gold était une e-devise ou devise en or numérique. Son ambition fut de mettre en place une monnaie mondiale alternative convertible en or par Gold & Silver Reserve Inc. L'e-devise e-gold est à 100 % convertible en tout temps et garantie sur de l'or physique stocké dans différentes places (Londres, Zurich, Canada...).

Principe[modifier | modifier le code]

La mission première de e-gold est de faciliter les paiements, en or, entre deux titulaires d'un compte e-gold. La deuxième fonction est d'offrir un nouveau moyen de paiement sur Internet (pour les achats de biens et de services en ligne). Une fois la transaction faite, l'or change de propriétaire, même si physiquement les lingots d'or garantissant l'e-devise restent à la même place.

Pour alimenter son compte e-gold, il est nécessaire de recourir à un échangeur dédié à l'arbitrage de cette e-devise comme Goldtotem. e-gold collecte 1% des transactions effectuées via son service[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

e-gold est créé en novembre 1996 par e-gold Ltd, société fondée par Douglas Jackson[2]. Douglas Jackson est alors oncologiste. Il pense qu'un système monétaire basé sur l'or a plus d'attrait dans le cadre d'échanges internationaux, et se dévoue alors, le soir, à la programmation d'un logiciel dédié à cette idée. Lancé quelques mois plus tard, le site e-gold.com propose des virements basés sur une monnaie internationale, indépendante d'un État, et basée sur l'or. Le service permet également d'ouvrir des comptes anonymement. Son fondateur est alors convaincu de changer le monde de la finance à tout jamais[1].

En novembre 2000, e-gold a opéré un total d'1 million de transactions, et compte 20 employés. En 2001, le nombre de clients passe à 288 000 avec un dépôt total de $16 millions. En 2003, e-gold améliore ses performances serveur face à la croissance d'utilisateurs, mais une attaque de phishing mène au vol de nombreux comptes utilisateurs, une faille qui sera complètement patchée fin 2004[1].

En 2005, e-gold compte 3,5 millions d'utilisateurs dans 165 pays, et se place second derrière Paypal dans les solutions de transfert d'argent par internet[1].

Dès 2003, le FBI s'intéresse à e-gold dans le cadre de son enquête sur le site de pirates informatiques Shadowcrew. Les feds découvrent qu'e-gold est l'un des services de transfert d'argent préférés des pirates. En octobre 2004, la justice américaine évince Shadowcrew et se tourne ensuite vers le cas e-gold qui ne s'est pas enregistré auprès du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN). En décembre 2005, lors de l'opération "Goldwire", le FBI saisit tous les actifs d'e-gold aux États-Unis. C'est à ce moment-là que Douglas Jackson s'est rendu de l'instrumentalisation de son système à des fins illicites. Il commence alors à collaborer avec les autorités pour démontrer sa bonne foi et permet le démantèlement de nombreux réseaux internationaux de vols de cartes bancaires[1],[3].

En janvier 2007, les réserves des émetteurs de devises en or numérique étaient de 9,5 tonnes d'or. En avril 2007, la justice américaine se retourne cependant contre Douglas Jackson pour blanchiment d'argent, complot et absence de licence pour un service de transfert d'argent, accusant le système e-gold d'avoir permis un nombre incalculable d'opérations frauduleuses[1],[4].

En 2009, Douglas Jackson est condamné à 36 mois de liberté conditionnelle, dont 6 mois en résidence surveillée après avoir plaidé coupable aux chefs d'inculpation suivants : blanchiment d'argent et opérer une activité illégale de transfert d'argent[5]. Il écope également de 300 heures de travaux d'intérêt général, d'une amende de $1,2 millions à régler à la justice américaine, couplée d'une amende de $300 000. Douglas Jackson aligne alors e-gold sur les exigences du Trésor américain pour le légaliser[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) Kim Zetter, « Bullion and bandits: the improbable rise and fall of e-gold », sur Wired.com,‎ (consulté le 28 juillet 2016)
  2. « L'or, nouvelle devise universelle de l'e-commerce ? », sur O1net.com,‎ (consulté le 28 juillet 2016)
  3. (en) Kim Setter, « e-gold gets tough on crime », sur Wired.com,‎ (consulté le 29 juillet 2016)
  4. (en) Kim Zetter, « e-gold founder call indictment a farce », sur Wired.com,‎ (consulté le 29 juillet 2016)
  5. (en) Kim Zetter, « e-gold founder pleads guilty to money laundering », sur Wired.com,‎ (consulté le 29 juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]