Denys d'Héraclée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Denys.
Denys d'Héraclée
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Activité
Père
Conjoint
Enfants
Clearco II de Heracleia Pôntica (d)
Oxyathres of Heraclea (en)
Amastris (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Dionysios ou Denys d'Héraclée (en grec Διoνυσιoς) fut un tyran d'Héraclée du Pont, sur le Pont-Euxin ou mer Noire. Il est né en environ 351 av. J.-C. et mort en 306 av. J.-C..

Biographie[modifier | modifier le code]

Il profita de la décadence des Perses, après qu'ils eurent perdu contre Alexandre le Grand la bataille du Granique. Il n'avait osé s'agrandir pendant qu'il les avait redoutés[réf. nécessaire] : il ne les craignit plus quand il les vit engagés dans une guerre où la fortune se déclara pour les Macédoniens : mais il se trouva bientôt déchu des espérances qu'il avait fondées sur l'affaiblissement de la monarchie persane. Il eut plus de sujet de redouter le vainqueur, qu'il n'en avait eu de craindre la Cour de Perse. Ceux qui avaient été bannis d'Heraclée recoururent à la protection d'Alexandre, et le trouvèrent si favorable à leurs intérêts, que peu s'en fallut que pour l'amour d'eux il ne détrônât Denys. La chose n'aurait pas manqué d'arriver, si Denys n'avait esquivé le coup par mille souplesses politiques, parmi lesquelles il faut compter son application à s'attirer la bienveillance de Cléopâtre de Macédoine, sœur d'Alexandre.

Il se vit délivré d'inquiétude en apprenant la mort d'Alexandre. Cette nouvelle, à force d'être agréable, lui pensa faire tourner l'esprit. Perdiccas après la mort d'Alexandre n'eut pas de moins bonnes intentions pour les exilés d'Heraclée ; de sorte que Denys se vit obligé de nouveau à recourir à mille artifices, afin de conjurer la tempête qui le menaçait. Mais cet embarras fut de courte durée, parce que Perdiccas fut bientôt tué.

Depuis ce temps là, les affaires de Denys allèrent toujours en prospérant, à quoi son mariage avec Amastris en 322 av. J.-C. le servit beaucoup. En naquirent trois enfants : Cléarque, Oxyathres, et Amastris.

D'abord disciple de Zénon de Cition, il se convertit ensuite à l'hédonisme à la suite d'une maladie qui l'amena à contester la thèse stoïcienne de l'indifférence à la douleur[1]. La vie voluptueuse que mena alors Denys le fit devenir si gras, qu'il ne faisait presque que dormir ; et son assoupissement était si profond, qu'il n'y avait point d'autre moyen de l'éveiller que de lui ficher de longues aiguilles dans le corps : à peine pouvait-on en venir à bout par cette voie. Denys avait honte de sa grosseur, et c'est pour cela que lorsqu'il donnait audience, ou lorsqu'il rendait justice, il se mettait dans quelque armoire, qui faisait qu'on ne lui voyait que le visage. Quelques bannis d'Heraclée l'appellent le gros pourceau dans l'une des comédies de Ménandre.

Il mourut âgé de cinquante-cinq ans dont trente de règne, étouffé par la graisse[2]. Ses sujets le regrettèrent beaucoup, car il les avait traités avec douceur.

Il laissa sa femme tutrice de ses enfants, et régente de l'état. C'est elle qui fit bâtir la ville d'Amastris (aujourd'hui Amasra, en Turquie), sur la côte de Paphlagonie.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire historique et critique par Mr Pierre Bayle, sixième édition, à Basle, chez Jean Louis Brandmuller, 1741.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Stoïciens, textes traduit par Emile Bréhier, édités sous la direction de Pierre-Maxime Schuhl, Bibliothèque de la Pléïade, Gallimard (1962), note p.1278
  2. Les monstres de Martin Monestier, p.73