Héraclée du Pont

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41° 17′ 05″ N 31° 24′ 53″ E / 41.28472, 31.41472

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Drachme du royaume de Bithynie à l'effigie d'Héraclée pontique.Date : c. 345-337 AC

Héraclée du Pont ou Héraclée Pontique (en grec ancien Ηράκλεια Ποντική, et en latin Heraclea Pontica) était une ville grecque de Bithynie située sur le Pont-Euxin. Elle a fait place à l'actuelle ville de Karadeniz Ereğli (Ereğli de la Mer Noire) dans la province de Zonguldak en Turquie.

Située à environ 200 km à l'est du Bosphore, la ville fut fondée vers le VIe siècle av. J.-C. (-560/-558) par des colons de Mégare[1] et de Béotie[2] et fut nommée d'après Héraclès, dont les Grecs pensaient qu'il pénétra dans les Enfers via une grotte par laquelle l'Achéron les rejoignait.

La ville devint rapidement prospère et établit ses propres colonies, dont Callatis, Chersonèse et Cidros - suscitant la convoitise de la Bithynie et de la Galatie voisines. Alliée de Rome en -185, elle souffrit grandement des guerres de Mithridate. Prise et détruite par le proconsul Marcus Aurelius Cotta en -73, puis reconstruite, elle ne recouvra jamais sa prospérité d'antan.

Lieu de naissance du philosophe Héraclide du Pont, elle fit l'objet d'une Histoire dont il est auteur, en au moins seize livres, et un autre ouvrage homonyme de Memnon d'Héraclée. Cette œuvre à présent disparue ne subsiste que sous la forme d'un résumé des livres 9 à 16 dans la Bibliothèque de Photios. Ce résumé couvre la période s'étalant de la tyrannie de Cléarque (vers -364 ou -353) aux dernières années de Jules César.

Liste des tyrans d'Héraclée du Pont[modifier | modifier le code]

En -322, après la mort d'Alexandre le Grand, Denys épousa Amastris († -284), sœur de Roxane, qui avait été répudiée par son premier époux, Cratère, celui-ci lui préférant Phila, fille d'Antipatros. De cette union naquirent trois enfants : Cléarque, Oxyathres et Amastris.

À sa mort en -306, Denys laissa la tutelle de ses enfants et la régence de la cité à son épouse Amastris.

  • -306--284 : Oxyathrès († -284) : fils du précédent. Il règne conjointement avec son frère Cléarque sous la tutelle de leur mère Amastris.
  • -306--284 : Cléarque II († -284) : frère du précédent. Il règne conjointement avec son frère Oxyathrès sous la tutelle de leur mère Amastris. En -302, Amastris épousa en troisième noces Lysimaque, roi de Thrace, après la mort de sa première épouse Nikaia, une autre fille d'Antipatros. Mais elle fut rapidement répudiée (-299) au profit de la belle Arsinoé, la fille de Ptolémée Ier Sôter, roi d'Égypte. Amastris se retira alors à Héraclée du Pont, qu'elle gouvernait toujours au nom de ses fils.

En -284, Amastris mourut noyée par ses deux fils, Oxyathrès et Cléarque II, probablement à l'instigation de Lysimaque, entre-temps devenu roi de Macédoine en -285. Cet événement donna l'occasion à Lysimaque d'intervenir et de s'emparer de la ville après avoir fait exécuter les deux assassins. Ainsi prit fin la tyrannie à Héraclée du Pont, qui intégra le royaume de Lysimaque. À la mort de celui-ci, tué par Séleucos Ier Nicatôr, roi de Syrie, à la bataille de Couroupédion en -281, Héraclée du Pont s'émancipa à nouveau et s'associa à Byzance et à Chalcédoine dans une Ligue du Nord qui échappa à l'autorité séleucide. Vers -300, Amastris avait fondé la cité de Sesamos sur la côte de Paphlagonie ; cette cité allait rapidement prendre son nom, Amastris, avant d'être rebaptisée Amasra à l'époque ottomane (1460).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Anabase de Xénophon (Livre VI, ch. II)
  2. Sur la colonisation béotienne, voir Pausanias 5.26.7