Démocide

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« Démocide » est, comme Politicide, un néologisme, rarement usité en français. « Démocide » a été créé par le politologue Rudolph Joseph Rummel pour disposer d'un concept plus large que celui de génocide, limité aux massacres de masse commis exclusivement sur critères ethniques et/ou religieux.

Définition[modifier | modifier le code]

Pour Rummel, le génocide a trois sens différents :

  • dans un sens commun, c'est le meurtre par le gouvernement d'une population en raison de son appartenance nationale, ethnique, raciale, ou religieuse ;
  • dans le sens juridique, un « génocide » est défini par le traité international de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Il inclut aussi les actes non fatals qui finissent par entraîner la mort du groupe, comme les avortements ou stérilisations forcés, ou qui transfère de force les enfants de cette population à une autre. Le sens plus général du génocide est identique au sens commun mais inclut aussi les assassinats politiques ou meurtres intentionnels par le gouvernement. C'est pour éviter la confusion entre ces trois significations que Rummel a créé le mot « démocide » désignant exclusivement ce dernier sens, et faisant double-emploi avec « politicide », créé pour les mêmes raisons par deux chercheurs américains, Barbara Harff (en) et Ted Robert Gurr, dans un article de 1988 intitulé Toward Empirical Theory of Genocides and Politicides (« Vers une définition empirique des génocides et des politicides »)[1].

Pour créer ce néologisme de « démocide » avec un sens qu'il veut différencier de « génocide », Rummel s'appuie sur la distinction de sens entre les mots grecs genos, peuple (au sens d'ethnie ou de nation) et demos, population (au sens de masse d'individus).

Toutefois en voulant d'emblée élargir son concept, Rummel introduit aussitôt une confusion entre les trois notions de « démocide », « politicide » et « génocide » en définissant explicitement le démocide comme « le meurtre d'une personne ou d'une population par un gouvernement, y compris le génocide, le politicide, et les exécutions de masse ». Par exemple, le meurtre initié ou ordonné par un gouvernement pour des raisons politiques devrait être considéré comme un démocide. Le démocide peut aussi inclure les morts induites par « l'irrespect intentionnel, ou consciemment cruel et ignoble pour la vie humaine »; ce qui permet de prendre en compte de nombreuses morts dues à des abus divers et à des négligences volontaires, comme les famines organisées.

En revanche, Rummel exclut clairement de sa définition les batailles entre soldats, la peine capitale, les actions entreprises contre les civils armés lors des répressions d'émeutes ou de manifestations violentes, et les morts de non-combattants lors des attaques sur des cibles stratégiques militaires (dommage collatéral)[2].

Rummel ajoute : « J'utilise la définition civile du meurtre, qui dit que quelqu'un peut être coupable de meurtre s'il est responsable de la perte d'une vie à cause d'un irrespect conscient pour cette vie, comme lors de l'enfermement de gens dans des camps où ils meurent rapidement de malnutrition, de maladies non soignées, et d'épuisement dans des travaux forcés, ou par la déportation vers des terres désolées où ils risquent de mourir rapidement d'exposition aux intempéries et de maladie ».

Les exemples de démocide proposés incluent les Grandes Purges perpétrées par Joseph Staline en Union soviétique, les morts dues aux politiques coloniales dans l'État indépendant du Congo, et le « Grand Bond en avant » de Mao Zedong provoquant en une famine qui tua des millions de Chinois. Ces exemples ne sont pas des génocides mais des politicides, car les victimes n'en ont pas été sélectionnées suivant un critère racial ou ethnique, mais ont été tuées par l'exercice des politiques gouvernementales. La famine est classée par Rummel comme démocide si elle remplit la définition ci-dessus.

Rummel n'avait initialement pas classé le « Grand Bond en Avant » comme démocide, pensant que les politiques de Mao étaient bien largement responsables de la famine, mais de manière involontaire ou par erreur, et que le « Grand Timonier » avait changé de politique après avoir appris leur résultat, or une famine non-intentionnelle ne constitue pas un démocide. Mais les révélations de l'ouvrage Mao : l'histoire inconnue indiquent que Mao anticipait la famine dès le début de l'application de son programme et n'a consenti à changer de politique que par la réunion de 7 000 hauts-membres du Parti communiste chinois. Rummel admit donc la famine était bien intentionnelle et peut être qualifiée de démocide.

Recherches de Rummel sur le démocide[modifier | modifier le code]

Les accusations d'exécutions de masse par un gouvernement sont assez courantes. Les cas moins courants sont les accusations documentées et appuyées par des preuves tangibles, car les gouvernements criminogènes prennent soin de détruire les preuves de leurs intentions et décisions, et d'effacer les traces de la mémoire collective. Pratiquement toutes les accusations de démocide ou politicide sont disputées, mais la solidité des preuves varie au cas par cas.

Les sources utilisées par Rummel incluent des études académiques, des témoignages de réfugiés, des mémoires, des biographies, des analyses historiques, des décomptes d'exhumations de corps, des traces écrites tenues par les meurtriers eux-mêmes, etc. En bref les données utilisées sont toutes les estimations disponibles en anglais pour toutes les nations sur la durée d'un siècle, et accessibles dans les bibliothèques que Rummel a explorées, y compris la Bibliothèque du Congrès.

Le résultat de cette analyse est l'estimation la plus probable avec une fourchette décrivant les maxima et minima plausibles de morts, et encadrent donc probablement le véritable décompte. Afin de définir ces maxima et minima, Rummel a inclus des estimations qui peuvent parfois être considérées comme fantaisistes. De nombreuses sources historiques ont été ajoutées après la publication de ses livres sur le sujet.

Son décompte de 43 millions de morts par démocide pendant le régime de Staline comprend les morts en Union Soviétique et dans les pays satellites. C'est un nombre bien plus élevé que le chiffre plus souvent avancé académiquement de 20 millions. Rummel a expliqué cette large différence par l'utilisation d'une estimation tirée du livre de Robert Conquest, The Great Terror publié en 1968 et qu'il n'a pas tenu compte du qualificatif « très certainement en dessous de la vérité » utilisé fréquemment par Conquest. Les décomptes de Conquest excluent les morts des camps après 1950, et avant 1936; les exécutions de 1939-53, les vastes déportations des populations des nations sous domination soviétique et leurs morts sur la période 1939-1953, la déportation massive de membres de minorités à l'intérieur de l'Union soviétique dans les années 1941-1944 et leurs exécutions, et les assassinats perpétrés par l'Armée rouge et la Police secrète en Europe de l'Est sur les années 1944-1945. De plus, l'Holodomor qui a tué 5 millions de gens de 1932 à 1934 n'est pas compté.

De même, les chiffres évoqués pour le Congo sont manifestement erronés, et correspondent à ceux avancés alors par certains Britanniques, qui étaient par ailleurs les principaux "concurrents" de Léopold II dans la colonisation du Congo. Selon de nombreuses sources, le nombre de 10.000.000 de victimes seraient supérieur à la population totale du Congo à l'époque.

En outre, il convient de rappeler qu'il n'est en aucun cas établi que ce soit sur ordre du roi Léopold II que les massacres aient été commis (ce dernier ayant toujours, dans sa correspondance, exigé que les abus soient réprimés) mais du fait des agents européens (plus d'une dizaine de nationalités) œuvrant pour l'EIC (donc pour Léopold II), et des soldats indigènes enrôlés (souvent de force) impayés et parfois livrés à eux-mêmes.

À l'inverse, on peut s'interroger sur l'absence de références chez Rummel du massacre des populations indigènes en Amérique du Nord, ou aux victimes de la colonisation anglaise, portugaise, française ou hollandaise.

La recherche de Rummel montre que le nombre de morts par démocide est bien plus important que le nombre de morts du aux guerres. Après avoir analysé 8 000 rapports de morts causées par des gouvernements, Rummel estime qu'il y a eu 262 millions de victimes de démocide au cours du XXe siècle. D'après ces chiffres, six fois plus de gens sont morts de causes dues aux actions des personnes travaillant pour un gouvernement que n'en sont morts lors des batailles.

Une des conclusions de Rummel est que les démocraties libérales ont causé moins de démocides que les régimes autoritaires[3]. Il explique qu'il y a une relation entre pouvoir politique et démocide : le meurtre de masse pour raison politique devient de plus en plus facile à mesure que le pouvoir politique n'est plus contrebalancé par des sociétés civiles structurées. À l'opposé, plus ce pouvoir est limité et contrebalancé, plus la violence est rare. D'après Rummel, « plus un régime politique a du pouvoir, plus son peuple risque d'être tué. C'est une raison majeure de promouvoir les libertés ». Rummel conclut : « la concentration des pouvoirs politiques est la plus grande cause de meurtre sur Terre ».

Plusieurs autres chercheurs ont obtenu des résultats similaires. Selon le CIDCM, « les normes et les structures politiques démocratiques limitent les décisions que peut prendre l'élite quant à l'utilisation de la répression contre les citoyens, alors que les élites autocratiques ne sont pas soumises à ces limitations. Une fois en place, les institutions démocratiques - même partielles - réduisent le risque de conflit armé et de génocide / politicide »[4].

Exemples de démocides selon Rummel[modifier | modifier le code]

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Antérieurs au XXe siècle[5][modifier | modifier le code]

Événements Période Nombre de victimes
Croisades 1095-1272 1 000 000
Croisade des Albigeois 1208-1249 200 000
Par l'invasion des Mongols XIVe-XVe siècle 39 927 000
Par l'occupation des Aztèques Plusieurs siècles 1 000 000
Guerre de Trente Ans 1618-1648 5 750 000
Chasse aux sorcières XVe-XVIIe siècle 100 000
Inquisition espagnole XVIe-XVIIIe siècle 350 000
Guerre de Cent Ans XIVe-XVe 25 000 000[6]
En Chine 221 av. J.-C.-XIXe siècle 33 519 000
En Iran Ve-XIXe siècle 2 000 000
En Russie Xe-XIXe siècle 1 007 000
Empire ottoman XIIe-XIXe siècle 2 000 000
En Inde XIIIe-XIXe siècle 4 511 000
Au Japon 1570-XIXe siècle 1 500 000
Timourides 1369-1507 17 000 000
Démocides contre les Amérindiens (total) XVIe-XIXe siècle 13 778 000
Révolution française 1793-1794 263 000

Démocides du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Ces démocides ont causé la mort de plus de 260 millions de personnes[7]:

État Période Nombre de victimes
Colonialisme 1900-Indépendance 50 000 000
Flag of Congo Free State.svg Congo 1885-1908 3 480 000[8]
Flag of German Reich (1935–1945).svg Allemagne 1933-1945 20 946 000
dont Génocide juif 1938-1945 5 500 000
Drapeau du Japon Japon 1936-1945 5 964 000
Drapeau du Pakistan Pakistan 1958-1987 1 503 000
Drapeau du Mexique Mexique 1900-1920 1 417 000
Drapeau de la Russie Russie 1900-1917 1 066 000
Flag of the Republic of China.svg Chine 1928-1949 10 075 000
Drapeau de la Turquie Turquie 1909-1918 1 883 000
dont Génocide arménien 1915-1923 1 200 000
Drapeau de l'URSS Union soviétique 1917-1991 61 911 000
dont Holodomor 1932-1933 4 000 000
Drapeau de la Pologne Pologne 1945-1988 1 585 000
Flag of Romania (1965-1989).svg Roumanie 1945-1989 2 306 000[9]
Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie (Tito) 1944-1980 1 072 000
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1949-1987 77 277 000
Flag of the Chinese Communist Party.svg Communistes de Chine 1923-1949 3 465 000
Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord 1948 à aujourd'hui 1 563 000

Génocides et politicides de 1955 à 2001[10][modifier | modifier le code]

État Période Nombre de victimes (estimation basse) Nombre de victimes (estimation haute)
Drapeau du Soudan Soudan 1956-1972 400 000 600 000
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam[11] 1955-1985 250 000 350 000
Drapeau de la République du Sud-Viêt Nam République du Viêt Nam 1965-1975 100 000 150 000
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1959 65 000 65 000
Drapeau de l'Irak Irak 1963-1975 30 000 60 000
Drapeau de l'Algérie Algérie 1962 300 000 1 500 000
Drapeau du Rwanda Rwanda 1964 12 000 20 000
Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 1964 1 000 10 000
Drapeau du Burundi Burundi 1965-1973 140 000 140 000
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 1966 500 000 1 000 000
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1966-1975 400 000 850 000
Drapeau du Guatemala Guatemala 1978-1996 60 000 200 000
Drapeau du Pakistan Pakistan 1971 1 000 000 3 000 000
Drapeau de l'Ouganda Ouganda 1972-1979 50 000 400 000
Drapeau des Philippines Philippines 1972-1976 60 000 60 000
Drapeau du Pakistan Pakistan 1973-1977 5 000 10 000
Drapeau du Chili Chili 1973-1976 5 000 10 000
Drapeau de l'Angola Angola 1975-2001 500 000 500 000
Drapeau du Cambodge Cambodge 1975-1979 2 035 000 3 500 000
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 1975-1992 100 000 200 000
Drapeau de l'Argentine Argentine 1976-1982 9 000[10]-10 000[12] 10 000-20 000[10]
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 1976-1979 10 000 10 000
Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 1977-1979 3 000 4 000
Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 1978-1992 1 800 000 1 800 000
Drapeau de la Birmanie Birmanie 1978 5 000 5 000
Drapeau du Salvador Salvador 1980-1989 40 000 60 000
Drapeau de l'Ouganda Ouganda 1980-1986 200 000 500 000
Drapeau de la Syrie Syrie 1981 (avril)-1982 (février) 5 000 30 000
Drapeau de l'Iran Iran 1981-1992 10 000 20 000
Drapeau du Soudan Soudan 1983-2003 2 000 000 2 000 000
Drapeau de l'Irak Irak 1988-1991 180 000 180 000
Drapeau de la Somalie Somalie 1988-1991 15 000 50 000
Drapeau du Burundi Burundi 1988 5 000 20 000
Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka 1989 (septembre)-1990 (janvier) 13 000 30 000
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 1992-1995 225 000 225 000
Drapeau du Burundi Burundi 1993 (octobre)-1994 (mai) 50 000 50 000
Drapeau du Rwanda Rwanda 1994 500 000 1 000 000
Drapeau de la Serbie Serbie 1999 10 000 10 000

Dirigeants les plus criminogènes du millénaire[modifier | modifier le code]

Personnalité[13] Période de pouvoir Nombre de victimes
Mao Zedong 1923-1976 52 000 000[14]
Joseph Staline 1929-1953 43 000 000
Genghis Khan 1215-1233 30 000 000[15]
Adolf Hitler 1933-1945 21 000 000
Kubilai Khan 1252-1279 19 000 000
Tamerlan 1369-1405 17 000 000
Dynastie Qing, principa-
lement l'impératrice Cixi
1859-1864[16] 12 000 000
Tchang Kaï-chek (si on le tient pour unique responsable de la guerre civile) 1927-1949 10 000 000
Hideki Tojo 1941-1945 4 000 000
Pol Pot 1975-1979 2 000 000

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Barbara Harff (en) et Ted Robert Gurr, « Toward Empirical Theory of Genocides and Politicides : Identification and Measurement of Cases Since 1945 », International Studies Quarterly, John Wiley & Sons, vol. 32, no 3,‎ , p. 359-371 (JSTOR 2600447, lire en ligne)
  2. Définition du démocide.
  3. Les démocraties libérales moins meurtrières que les régimes autoritaires
  4. La démocratie réduit le risque de démocide
  5. Rudolph J. Rummel, Death by Government,‎ (lire en ligne), dont democide : murder by government.
  6. À cause de la peste noire (Bruno Halioua, Histoire de la médecine, Masson,‎ , 272 p. (ISBN 2294010566, lire en ligne), « La grande peste ou peste noire », p. 103).
  7. Rudolph J. Rummel, Death by Government,‎ (lire en ligne), dont 20th century democide (ces estimations sont disputées)
  8. 3 480 000 au XXe siècle, au total 10 000 000 (non démontré, et peu plausible, sachant qu'au moment de l'indépendance en 1960, la population totale du territoire était d'environ 12 000 000 personnes, et avait sensiblement augmenté depuis la reprise de la tutelle sur le territoire par la Belgique en 1908).
  9. Conclusions de l'institut national de recherche historique sur les crimes du régime communiste, créé par la loi no 1-724 du 21 décembre 2005, sur [1]
  10. a, b et c Barbara Harff, « No Lessons Learned from the Holocaust ? Assessing Risks of Genocide and Political Mass Murder since 1955 », American Political Science Review, vol. 97, no 1,‎ (lire en ligne) (ces estimations sont disputées).
  11. (en) « Vietnam, post-war Communist regime (1975 et seq.): 365,000 », Secondary Wars and Atrocities of the Twentieth Century,‎ (consulté le 27 mai 2008)
  12. Estimation du nombre de personnes « disparues » ou assassinées, par (es) Graciela Fernandez Meijide / Ricardo Snitcofsky, Elisa Somoilovich, Jorge Pusajo, Las Cifras de la Guerra Sucia : investigacion a cargo, Asamblea Permanente para los Derechos Humanos, Buenos Aires,‎ , 58 p., p. 33, cité par Hobsbawn in Eric Hobsbawn, L'âge des extrêmes : Histoire du court XXe siècle, coédition Complexes/Le Monde Diplomatique,‎ , 810 p. (ISBN 2870277458), p. 752
  13. Rudolph J. Rummel, Death by Government,‎ (lire en ligne), dont Statistics.
  14. Jung Chang et Jon Halliday, Mao, Gallimard, Paris, 2006, p. 477
  15. Rudolph J. Rummel, Death by Government,‎ (lire en ligne), dont Genocide : Meaning and Definition.
  16. Rébellion Taiping

Liens externes[modifier | modifier le code]