Cujus regio, ejus religio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant la politique
Cet article est une ébauche concernant la politique.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Cujus regio, ejus religio (littéralement « À chaque région sa religion ») est une maxime latine soulignant le principe politique, défendu au XVIe siècle, suivant lequel la religion d'un peuple est nécessairement celle de son souverain, ce qui a rapidement été compris comme donnant au souverain le droit d'imposer sa religion à ses sujets[réf. nécessaire].

Au XVIIe siècle, à l'issue de la Guerre de Trente ans, cette formule devenue célèbre jusqu'à nos jours marque en réalité une volonté de compromis.

Ainsi ce principe est différent de la formule : « Un roi, une religion, une loi ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Si la pratique du Cujus regio, ejus religio est très ancienne et présente dans toutes les civilisations - la religion étant presque toujours un ciment d'unité nationale - la défense du principe comme tel apparaît pour la première fois pendant la Réforme luthérienne pour régler la question religieuse, lors de la paix d'Augsbourg en Allemagne, en 1555. La phrase exacte fut prononcée par le juriste Joachim Stephani en 1612. Elle marque un tournant de la Réforme dans le Saint Empire, les contentieux étant désormais réglés sur le plan civil et non par des tentatives de conciliation doctrinale.

Cette doctrine est d'origine protestante et ne correspond pas à la conception catholique du gouvernement civil. En effet, la doctrine catholique exigeait que les souverains soient soumis au pape, ce qui favorisait l'unité religieuse des royaumes. De surcroît, elle confirme la fin de l'unité confessionnelle de l'Empire, chaque Kurfürst (prince-électeur) ayant désormais libre choix de se déclarer catholique ou protestant.

Elle s'est manifestée dans le principe absolutiste en France, le roi catholique imposant sa religion à toute la population. Toutefois, la politique royale s'inspirait d'abord du gallicanisme catholique et s'opposait en même temps à l'ultramontanisme[1] du pape.

Ce principe s'oppose aux principes de liberté de conscience et de tolérance religieuse. La doctrine du Cujus regio, ejus religio est apparentée à l'erastianisme, doctrine née au XVIe siècle, qui proclame la supériorité du temporel sur le spirituel. Elle était déjà connue dans l'Empire byzantin à l'époque des querelles entre le pape Grégoire le Grand, l'empereur et le patriarche de Constantinople.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « De l'autre côté des monts », donc en Italie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]