Corentin Louis Kervran

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Corentin Louis Kervran
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Nom de naissance Corentin Louis Pierre Marie Kervran
Naissance
Quimper
Décès (à 81 ans)
Quimperlé
Nationalité Flag of France.svg Français
Profession

Corentin Louis Kervran est un fonctionnaire, un ingénieur et un scientifique français né le à Quimper et mort le à Quimperlé[1]. Scientifique chargé de l'étude des effets radiologiques pour la médecine du travail, Maître de conférences de l'Université de Paris et membre de la commission du Conseil supérieur de la recherche scientifique, il est surtout connu pour ses théories sur la transmutation biologique des éléments chimiques[2]. Ces derniers travaux ont été et sont toujours considérés aujourd'hui comme de la pseudo-science, voire de l'alchimie, ce qui lui a fait attribuer le prix parodique Ig Nobel en 1993.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Kervran est né à Quimper, en Bretagne, le 3 mars 1901[1],[2]. Après l'école, il étudie la physique et obtient son diplôme d'ingénieur en 1925[3]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut actif dans la résistance. Capturé par la Gestapo en 1940, il fut emprisonné à Lyon pendant plusieurs années[3].

Après 1945, il est devenu un fonctionnaire dans différents ministères du gouvernement français. Ses postes les plus importants comprenaient[3] :

  • Directeur des Conférences de l'Université de Paris
  • Membre du Conseil d'Hygiène de la Seine

Kervran a pris sa retraite de la fonction publique en 1966. Il est décédé le 2 février 1983[1],[2],[3].

Théories[modifier | modifier le code]

Dès son enfance, Kervran s'intéresse à l'explication de certains phénomènes physiques par des hypothèses non conventionnelles. Ainsi en 1936, il publie un article dans lequel il tentait de démontrer que l'électricité circulant dans le corps humain n'obéit pas à la loi d'Ohm[3]. Devenu fonctionnaire de l'État français après 1945, il s'occupe des effets radiologiques pour la médecine du travail. Il doit sa notoriété à son engagement dans l'hypothèse d'une transmutation biologique des éléments chimiques au sein des êtres vivants, dite transmutation nucléaire à froid ou Effet Kervran.

Ce type de théories a déjà été formulé depuis le XIXe siècle mais n'a toujours pas été prouvé à la satisfaction de la communauté scientifique[4],[5]. Pour ses hypothèses, Kervran était en relation dans les derniers temps avec le physicien Olivier Costa de Beauregard, connu par ailleurs pour sa théorie de la causalité rétrograde et son soutien à la psychokinèse, la télépathie et la précognition, toutes trois toujours non validées jusqu'ici par des expériences scientifiques.

Louis Kervran publie plusieurs ouvrages, mais aucun article dans des revues scientifiques d'envergure. Les seules sources le concernant sont quelques phrases dans des sources peu fiables et ce qu'il dit de lui-même dans ses écrits[6][réf. insuffisante].

Effet Kervran[modifier | modifier le code]

Son hypothèse serait issue d'une confrontation avec des cas d'intoxication à l'oxyde de carbone (carboxémie) chez les ouvriers soudeurs en 1935 et 1936 alors qu'il est membre du comité d'hygiène de la Seine. Devant l'impossibilité, à la suite de nombreux contrôles et expériences, de trouver une source d'oxyde de carbone, il en vient à conclure que la production d'oxyde de carbone serait endogène : l'azote N2 (poids atomique 28=14+14) de l'air, « dynamisé » par la chaleur intense de la soudure, se transformerait en CO (poids atomique 28=12+16) à l'intérieur de l'organisme. La solution du problème consistera à fournir des masques avec un tuyau permettant de respirer l'air à l'arrière du soudeur, donc éloigné de la source d'azote « dynamisé »[7].

En 1959, Kervran imagine que plusieurs autres observations s'expliqueraient par les transmutations biologiques, mais il ne s'attribue pas cette découverte et l'exprime ainsi : « l'aspect de la matière que nous avons mis en évidence en 1959. » (PB[8] p. 13). Kervran explique ensuite le résultat de certaines observations par la fusion ou la fission d’atomes, sans radioactivité détectable, pour des êtres vivants ou en géologie. Par exemple, le calcium des os viendrait du magnésium absorbé. L'interprétation de ces observations est réfutée ou ignorée par la majorité de la communauté scientifique[réf. nécessaire].

En 1993 à titre posthume, il reçoit le prix parodique Ig Nobel « pour sa conclusion que le calcium des coquilles d'œufs de poule est créé par un processus de fusion froide. »[9]. Le prix Ig Nobel (nommé ainsi par jeu de mots entre « prix Nobel » et l'adjectif ignoble) est un prix décerné à des personnes dont les « découvertes » ou les « accomplissements » peuvent apparaître bizarres, drôles ou absurdes. Parfois dépréciatifs et critiques, les prix sont destinés à célébrer l'insolite, honorer l'imagination et stimuler l'intérêt dans les sciences, la médecine, et la technologie.

Publications[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Bilans Métaboliques Anormaux et transmutations biologiques », Revue Générale des Sciences, vol. 67,‎ , p. 193-206.
  • Aimé Michel, « La vie est une alchimie », Science et Vie, Paris, no 519,‎
  • « Les intoxications par l'oxyde de carbone dans les ateliers de soudure ou de traitement thermique des métaux », L'usine Nouvelle, Paris,‎
  • « Matière vivante et transmutation », Planète, no 4,‎
  • Aimé Michel, « La vie défie les lois de l'atome », Science et Vie, Paris, no 544,‎
  • « Un effet accélérateur du magnésium sur l'accroissement du phosphore et du calcium chez l'animal », Comptes Rendus de l'académie d'agriculture de France,‎
  • « Bilans non nuls du calcium, du phosphore et du cuivre chez le homard », Revue de pathologique comparée,‎
  • « Augmentation du calcium et du phosphore chez l'animal par une surcharge alimentaire en magnésium », Revue de pathologique comparée,‎
  • « Bilans du calcium, du phosphore et du cuivre chez un animal en milieu fermé enrichi en magnésium », Comptes Rendus de l'académie d'agriculture de France,‎ , p. 671-678
as part of "Additif au compte Rendu de la séance du 25 février 1970", pp. 670-689.
  • (en) « Increase in phosphorus and copper in the lobster after moulding », The Journal of the Soil Association, vol. 16,‎ , p. 21
  • « Altérations métamorphiques de certaines roches applications à des minéraux alumino-siliceux notamment », Comm. 1erCongr. intern. sur la détérioration des pierres en œuvre,‎
  • « À propos de l'agriculture biologique », Bulletin intérieur de l'INRA, no 74,‎
  • « Chimie et Synthèse », Agriculture et Vie, no 101,‎
  • (nl) « Geen leven zonder kosmische energie » (trad. Engels, H.), Natura docet, Nederlandse Tijdschrift voor Natuurgeneeskunde 27 (3): 81-85,‎
  • « Transmutations a faible énergie en biologie (Réponse) », Rivista di Biologia (Perugia), vol. 73,‎ , p. 574-583

Livres[modifier | modifier le code]

  • Transmutations Biologiques, Métabolismes Aberrants de l'Azote, le Potassium et le Magnésium, Librairie Maloine S.A., Paris, 1962.
  • Transmutations Naturelles, Non Radioactives, Librairie Maloine S.A., Paris, 1963.
  • Transmutations à Faible Énergie, Librairie Maloine S.A., Paris, 1964.
  • Transmutations Biologiques, métabolismes aberrants de l'azote, le potassium et le magnésium, Librairie Maloine S.A., Paris, 1965 deuxième édition.
  • À la Découverte des Transmutations Biologiques, Librairie Maloine S.A., Paris, 1966.
  • Preuves Relatives à l'Existence de Transmutations Biologiques, Librairie Maloine S.A., Paris, 1968.
  • Transmutations Biologique en Agronomie, Librairie Maloine S.A., Paris, 1970.
  • Preuves en Géologie et Physique de Transmutations à faible Énergie, Librairie Maloine S.A., Paris, 1973.
  • Preuves en Biologie de Transmutations à Faible Énergie, Louis C. Kervran, Librairie Maloine S.A., Paris, 1975, (ISBN 2-224-00178-9)
  • Transmutations Biologiques et Physique Moderne, Maloine S.A., Paris, 1982.

Télévision et radiodiffusion[modifier | modifier le code]

  • Louis Kervran, Télévision Belge en 1960
  • Louis Kervran, Europe 1, 40 min, juin 1961

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Archives de la commune de Quimper, acte de naissance no 87, année 1901 (page 540/776) (avec mention marginale de décès)
  2. a, b et c « Corentin Louis Kervran (1901-1983) », sur data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France, (consulté le 14 mars 2018).
  3. a, b, c, d et e (en) « C. Louis Kervran and Biological Transmutations », sur www.kervran-info.de, (consulté le 14 mars 2018).
  4. Jean-Paul Biberian, « Biological Transmutations: Historical Perspective », Journal of Condensed Matter Nuclear Science,‎ , p. 11-25 (lire en ligne)

    « these facts have been established since the early 19th century, but they have been ignored by established science ever since »

  5. Cuthbertson, D. (2007). A Review of Research on the Biological Transmutation of Chemical Elements.

    « I recommend that the exact details of Holleman’s Chlorella experiment II (sections 6.3, 6.3.1, 7 and 10) be replicated as closely as possible; the “improved” repeat experiments failed to produce any measurable effects. It is also recommended that the insoluble precipitate occasionally observed after ash hydrolysis should be investigated as a possible cause of “trivial” error. »

  6. "L'homme était d'ailleurs si peu remarquable que l'on ne s'intéressait pas beaucoup à lui de son vivant de sorte que pour reconstruire sa carrière nous ne disposons que de quelques phrases dans des sources peu fiables et ce qu'il en dit lui-même dans ses écrits." Le top 14 des découvertes scientifiques qui n'ont servi à rien: [encore que ... Aleksandra Kroh,Madeleine Veyssié
  7. Transmutations biologique, métabolisme aberrants... p. 23 L'oxycarbonisme endogène, 1965.
  8. C Kervran, Preuves en biologie de transmutations à faible énergie, Paris, Maloine, (ISBN 2-224-00178-9).
  9. (en) « The 1993 Ig Nobel Prize Winners », Winners of the Ig® Nobel Prize, sur https://www.improbable.com/, Improbable Research, (consulté le 14 mars 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Kervran Corentin Louis, note finale de Olivier Costa de Beauregard, Preuves en Biologie de Transmutations à Faible Énergie, Maloine, Paris, 1975, 312 p. (ISBN 2-224-00178-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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