Conférence internationale de Washington de 1884

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La conférence internationale de Washington (district de Columbia, États-Unis) réunit 25 pays, du au , afin d’uniformiser le partage du globe terrestre en 24 fuseaux horaires et de choisir le méridien international de référence, ou méridien zéro.

Origine[modifier | modifier le code]

Cette conférence marquait l'aboutissement des efforts de l'ingénieur des chemins de fer canadiens, d'origine écossaise, Sandford Fleming (1827-1915) qui militait depuis les années 1860 pour imposer une heure nationale pour chaque pays. Le 8 février 1879, Sandford Fleming proposa de diviser le monde en 24 fuseaux horaires égaux de 15° chacun, et préconisa l'adoption d'une heure normale universelle. L’intérêt premier de Flemming était d’éviter la cacophonie des horaires des chemins de fer : ceux-ci devaient être imprimés pour chaque gare avec au minimum cinq heures locales de référence : celle de la gare en début de ligne (à l'Est du Canada), celle de la gare en fin de ligne (à l'Ouest du Canada), celle de la gare située immédiatement avant vers l'Est, celle de la gare située immédiatement après vers l'Ouest, et enfin l'heure locale de la gare concernée.

Participants[modifier | modifier le code]

Cette conférence réunissait les représentants des 25 pays suivants : Allemagne, Autriche-Hongrie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Guatemala, Hawaï, Italie, Japon, Liberia, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Russie, République dominicaine, Salvador, Suisse, Suède, Turquie et Venezuela.

Propositions[modifier | modifier le code]

Trois propositions de "méridiens 0" étaient en lice :

  • un méridien « international », situé sur l'île de Fer aux Canaries (terre connue la plus occidentale à l’époque du savant grec Ptolémée, au 2e siècle avant J.C), et qui avait été fixé méridien national français par une ordonnance du roi Louis XIII le lors de la première conférence internationale tenue à l'Arsenal de Paris le . (Longitude actuelle : 17° 39' 46" Ouest)
  • Le méridien de l’Observatoire de Paris, préféré par la France au méridien de l’île de Fer en 1792. (longitude actuelle 2° 20' 14" Est, donc exactement à 20° du méridien de l’Île de fer)
  • Le méridien de l'Observatoire de Greenwich, dans la banlieue de Londres

Décision[modifier | modifier le code]

La conférence internationale de Washington se décida — au grand dam de Jules Janssen, le directeur de l'Observatoire de Paris — à reconnaître le méridien de Greenwich comme origine des longitude, lors de la septième session le 22 octobre, à l'issue d'un vote dont les résultats furent :

  • pour l'adoption du méridien de Greenwich comme méridien international : 22 états ;
  • contre l'adoption du méridien de Greenwich comme méridien international : 1 état seulement (Saint-Domingue) ;
  • abstention : 2 états seulement (le Brésil et la France).

La résolution suivante était donc adoptée : « That the Conference proposes to the Governments here represented the adoption of the meridian passing through the centre of the transit instrument at the Observatory of Greenwich as the initial meridian for longitude. » (« Que la Conférence propose aux gouvernements représentés ici l'adoption du méridien passant par le centre de l'instrument situé à l'Observatoire de Greenwich comme méridien initial pour la longitude. »)

Les Britanniques réussirent à convaincre les autres délégations d'adopter le méridien anglais, en se disant notamment prêts à accepter le système métrique en contrepartie.

Application en France[modifier | modifier le code]

La France avait donc perdu la bataille du méridien, ses « ennemis héréditaires », les Anglais triomphaient : la France ne se pressa pas pour reconnaître le méridien de Greenwich.

L'idée d'avoir une « heure nationale » pour toute la France — déjà réalisée en pratique par les compagnies de chemin de fer qui avaient adopté « l'heure de Paris » pour toutes les gares de France — fut assez facile à réaliser. Elle fut officialisé par la loi du 14 mars 1891, qui unifia l'heure en France et en Algérie avec application au 15 mars 1891. L'heure légale française était désormais le temps moyen de l'observatoire de Paris, et non celui de Greenwich.

À cause de l'anti-britannisme forcené des sénateurs français, le rattachement de la France au « Temps Universel » (TU), inclus dans le projet de loi avait été déposé le , ne fut voté que le , soit quatorze ans plus tard. Et encore n'acceptèrent-ils de le faire que parce que le texte de la loi ne mentionnait point le nom du méridien de Greenwich : l'heure légale en France serait désormais « l'heure du temps moyen de l'observatoire de Paris retardée de 9 minutes 21 secondes ». Ainsi la France se raccordait-elle « sans en avoir l'air » au méridien de Greenwich.

Certains Français firent de la « résistance » et ne parlèrent que du méridien d'Argentan, dans le département de l'Orne, ou du méridien de La Flèche, dans le département de la Sarthe, comme méridien international.

Liens externes[modifier | modifier le code]