Claude Baillargeon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Claude Baillargeon
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Décès
Activité

Claude Baillargeon est un affichiste français autodidacte né en 1949 à Verneuil-sur-Avre et mort en 2016 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant la plus grande partie de son enfance, Claude Baillargeon vit auprès de sa grand mère dans une maison au milieu de la forêt. De cette enfance rurale et sauvage, il puise son imaginaire, un amour indéfectible pour les Arts et Traditions Populaires et pour la beauté de la nature qu'il convoquera à loisir dans toute son œuvre.

Arrivé à Paris en 1968, il développe dans un premier temps une série de recherches et d'œuvres dans le champ de l'Art Cinétique. La découverte du débat d'idées, du Bahaus, des photomontages de John Heartfield, l'influence du Dadaïsme et du Surréalisme polonais jalonne le parcours qui le mènera vers l'affiche. Il rencontre Hector Catolica avec lequel il collabore durant les années 80, puis fait la connaissance des œuvres de Roman Cieslewicz qui deviendra son ami. Ces amitiés artistiques l'amènent à considérer la fonction politique de l'image et, en particulier, de l'affiche, l'un des supports d'expression le plus en adéquation avec la nécessité - voire l'urgence - de dire ce que suppose tout engagement.

Il affine progressivement son style et sa technique pour finalement se spécialiser dans le photomontage la plupart du temps en noir et blanc, rehaussé à l'aérographe et au pinceau. À l'époque où l'ordinateur n'est pas encore apparu dans la pratique de l'image et les matériaux de création exclusivement analogiques, il prend lui-même ses prises de vues qu'il développe dans son laboratoire, découpe et assemble dans des compositions mêlant réalisme et utopisme.

Jouant le plus souvent sur la puissance des associations d'idées et l'effet de surprise il pousse au plus loin la maîtrise des effets visuels et spéciaux réalisés manuellement faisant figure le l'un des derniers grands mohicans de l'ère antérieur à l'arrivée du numérique dans le monde de l'image.

Proche des partis de gauche et du secteur associatif, il signe des affiches sociales et culturelles qui militent pour la paix, la fraternité, l'écologie. Ses sujets de prédilections résident dans la dénonciation des inégalités, du racisme, de l'"ultra-libéralisme", de l’obsolescence, de l'uniformisation, de l'asservissement de l'homme au travail, aux marchés ainsi qu'à la société de consommation, source selon lui et depuis toujours, d'un désastre humain et écologique. Il signe de nombreuses affiches sociales en faveur de l'éducation, l'environnement, la santé, mais aussi des affiches de pièces de théâtre et de spectacles.

"La constance de son engagement et la force de ses compositions sont évidentes. Il signe des chefs-d’œuvres telle que l'affiche "La propagande sous Vichy" où le maréchal Pétain s'invite dans une famille et s'empare littéralement de toutes les têtes. Souvent les images de Claude Baillargeon témoignent d'une époque désenchantée dont les rêves d'un monde meilleur sont écrasés sous le béton, la bagnole et la pollution. "La terre est un paradis qu'on a transformé en enfer" estime t-il à l'issue d'un entretien avec le journaliste Xavier de Jarcy.

Cette intégrité sans faille, finira par avoir raison de sa vie parisienne et de son atelier dont il est est expulsé au début des années 90.

Nostalgique de son enfance, il décide alors d'opérer un "retour à la nature" et d'aller vivre à la campagne dans un corps de ferme emprunt d'histoire qu'il restaurera jusqu'à la fin de sa vie, fabricant ses propres matériaux dans des fours qu'il construit à main nue, cultivant son jardin et entouré de ses nombreux amis qui viennent lui rendre visite régulièrement.

En 1997, il présente à la librairie La Hune le livre "Tout Est Politique" qui regroupe vingt ans d'engagement dans le monde de l'affiche.

Cette période durant laquelle il enseigne aux Beaux-Arts de Rennes, témoigne d'une démarche plus personnelle et poétique inspirée encore davantage par la nature qui l'entoure même s'il continue de répondre à des commandes qui se font plus rares du fait de son isolement.

En 2016, l'espace Niemeyer à Paris accueille une rétrospective à l'initiative des fondateurs du groupe Grapus, Jean-Paul Bachollet et Alex Jordan ainsi que de Guillaume Lanneau et de André Lejarre. Le parcours retrace 35 ans d'un engagement idéologique et artistique sans faille et consacre un graphiste reconnu comme l'un des plus grands auteurs d'affiches sociales, culturelles et politiques de son temps.[1],[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Baillargeon, Tout est Politique, Société Nouvelle Adam Biro/Ministère de a Culture Délégation aux Arts Plastiques (FIACRE), (ISBN 2876602040 et 9782876602045)